Le vice-président de Sète Agglo préside la commission du dialogue territorial mise en place par la société Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). Il en explique le rôle et les enjeux.
Quelle est la raison d’être de cette commission du dialogue territorial ?
Son but est d’étudier tous les projets qui pourraient accompagner la réalisation de cette ligne. Il sera notamment question de la desserte de Sète, des impacts économiques sur le territoire, de la donnée environnementale… La commission fera remonter les sujets. L’objectif, c’est de tout faire pour que cette ligne soit le mieux possible acceptée par la population. Pour accompagner ces projets, il y a un budget qui correspond à 0,4 % du coût total des travaux. Pour nous, c’est encore insuffisant.
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« Notre enjeu est de conserver l’attractivité du territoire. Il en va de notre avenir »
Pourquoi n’est-elle créée que maintenant ?
Il faut partir de la société LNMP présidée par Carole Delga, qui est une société de financement du projet créée en 2022 et destinée à collecter des fonds (sur ce projet, 40 % de la part de l’état, 40 % collectivités et 20 % Europe, NDLR). Je suis au conseil d’administration, désigné par les élus de Sète Agglo. Au sein du comité de pilotage, coprésidé par le préfet de Région et Carole Delga, ont été créées quatre commissions, dont celle du dialogue territorial, où j’ai donc été désigné pour présider. J’ai par ailleurs tenu à ce que la maire de Poussan, commune particulièrement concernée par le projet, soit présente.
Lors de son installation début septembre, la commission s’est inquiétée de la future desserte de la gare de Sète. Avec cette LNMP, comment allez-vous conserver son attractivité ?
On sait que les secteurs qui ne sont pas desservis par des lignes à grande vitesse perdent leur attractivité. C’est notre principal enjeu : conserver l’attractivité du territoire. Aujourd’hui, nous sommes à quatre heures de Paris, et on connaît l’importance pour les Sétois, les touristes ou encore les curistes (25 à 30 % viennent en train) d’être bien desservis jusqu’ici. Dès l’enquête publique de 2021, on était sur un tracé plus proche de l’autoroute, pour éviter notamment le passage proche de la source d’Issanka, qui alimente Sète en eau à 50 %.
Mais la déclaration d’utilité publique (DUP) de février 2023 a définitivement figé le projet. C’est celui proposé par la SNCF, engendrant ce viaduc d’1,4 km pour plus de 20 m de haut à Poussan. C’est une réalité, et l’état d’esprit de l’Agglo, c’est de jouer la solidarité nationale et européenne. Mais ce projet n’est pas positif pour le territoire, il n’apporte rien. D’ailleurs, les collectivités du bassin de Thau ne sont concernées qu’à hauteur d’1,26 % pour le financement, soir 12,4 M€ sur la phase 1 du projet, lissés sur quarante ans. 600 000 € ont déjà été investis.
Sur quels engagements de la SNCF travaillez-vous ?
On nous dit : « Le marché continuera la desserte de Sète ». Mais on veut des garanties ! Il en va de notre avenir. On est ferme sur un point : si la ligne ne passe pas par Sète, alors il faut un lien fort avec la gare Sud de France à Montpellier, pour qu’elle devienne une “gare relais” pour Sète. C’est un principe de base que l’on souhaite graver dans le marbre par l’intermédiaire du Serm (Service express régional métropolitain), qui vise, à terme, à cadencer les TER sur l’axe littoral Sète-Montpellier. On veut un relais direct. Cette continuité entre les lignes TGV à Sud de France et la ligne TER jusqu’à Sète est une idée forte. C’est, du reste, en cohérence avec l’émergence d’un quartier d’affaires à Sud de France et le développement du quartier Est de Sète.
« Faire de ce viaduc un objet patrimonial, presque de fierté »
Le collectif ALT alerte depuis longtemps sur un nécessaire dialogue avec la population. Comment allez-vous associer les citoyens à cette commission du dialogue ?
On a un dialogue constructif avec ALT. On a les mêmes problématiques qu’eux, on converge complètement et on partage leurs inquiétudes. On fera jouer toutes les instances publiques pour aller dans leur sens, à savoir préserver l’environnement et assurer la desserte de la gare de Sète. Un comité dédié au viaduc de Poussan a été créé. Une concertation va porter sur le futur ouvrage. Les citoyens seront interrogés dès la première réunion publique, le 7 novembre, à Poussan.
On a aussi mis en place une consultation numérique qui répond aux attentes d’ALT. On désignera une quarantaine de citoyens pour participer aux ateliers jusqu’à fin 2025, afin de travailler sur le profil du viaduc. Les conclusions ne seront pas décisionnaires, mais serviront à l’intégration du viaduc dans le paysage. On a obtenu d’avoir un concours international d’architecte pour cet ouvrage. C’est une très bonne chose. C’est un projet ambitieux et on espère faire de ce viaduc un objet patrimonial, presque de fierté.
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