La 6e édition du salon des communes et intercommunalités de l’Hérault se tenait ce vendredi 27 septembre au Parc-Expo de Béziers. Ce rendez-vous était l’occasion de présenter des solutions innovantes, notamment en matière de lutte contre les constructions illégales et de veille et prévention des risques météorologiques sur les cultures. On fait le point.
Maisons, cabanes, yourtes, tentes, piscines ou encore abris de jardin, les services de la préfecture de l’Hérault estiment à 30 000 le nombre de constructions illégales repérées au fil du temps sur des zones agricoles, forestières ou à risque, inconstructibles en somme. « Dans l’Hérault, il y a plus de constructions illicites que de logements sociaux. Le département connaît un afflux de population important, 15 000 nouveaux habitants par an, et le taux de pauvreté pousse certains à contourner les règles pour se loger », rapporte le préfet de l’Hérault, François Xavier Lauch.
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Les chiffres clefs de la DDTM en matière de lutte contre la cabanisation en 2023
62 communes sont signataires de la charte départementale de lutte contre la cabanisation. 3 412 ha ont été consommés entre 2010 et 2020, soit 0,6 % de la surface du département. 65 % de constructions sont pour de l’habitat et 22 % pour de l’activité. 80 % des surfaces consommées proviennent des espaces agricoles. Le département de l’Hérault a accueilli 141 863 habitants supplémentaires entre 2011 et 2021.
Si l’urbanisme relève de la compétence des maires, les communes ne sont pas toujours dimensionnées pour répondre à ce défi. Face au phénomène, qui touche non plus seulement le littoral mais aussi l’arrière-pays, la préfecture veut des actions efficaces, avant qu’il n’y ait prescription et que les constructions soient inattaquables.
« Plus on agit vite, plus le maire pose une réponse administrative tôt, plus on évite le développement des constructions sauvages. Une fois construit, c’est très compliqué de démolir et ça coûte aux services de l’État. Dans le département, on arrive à détruire que deux biens par an », argumente le Préfet de l’Hérault, venu notamment assister à la présentation de deux outils innovants.
Deux logiciels innovants, Lucca et Aigle, au service des communes
« On est là pour épauler les maires à repérer les constructions illégales, ils sont en première ligne, mais ils ne sont pas seuls ». Sur son stand à l’entrée du Hall 1 du parc des Expositions, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) a présenté justement plusieurs outils au service de la lutte contre la cabanisation.
Le premier, Aigle, est un logiciel qui s’appuie sur des cartes annuelles, vues du ciel, afin d’estimer la situation du territoire. « Au lieu d’aller repérer par soi-même, suite à un signalement, on reste au bureau, on priorise, ensuite on contrôle, explique Benjamin Labail de la DDTM 34, l’autre logiciel innovant, Lucca, est un outil juridique très apprécié. Après une visite, on injecte le procès-verbal dans ce logiciel, il va être suivi et partagé par les collectivités, jusqu’à être transmis à l’autorité judiciaire ». En complément, et pour plus de précisions, les services de l’État dans le département utilisent également un drone.
Agri Predict, un outil pour anticiper les évènements climatiques
Une autre innovation, Agri Predict, était présentée sur le salon des maires de l’Hérault, dans le domaine de la prévention des risques climatiques, à destination des agriculteurs et des élus.
« Un dispositif unique en France et précurseur », décrit Alix Roumagnac, président de Predict, société montpelliéraine, spécialisée dans l’évaluation et la surveillance des événements météorologiques. Ce dispositif, opérationnel depuis avril 2021, repose sur la collecte massive de données agronomiques et environnementales que l’algorithme traite pour fournir des prévisions fiables et des recommandations précises aux agriculteurs. « Le travail de Predict est de donner une alerte précoce pour la sécurité et les biens des personnes afin d’anticiper au plus vite », argumente-t-il.
Des SMS et e-mail d’alerte aux agriculteurs et communes
Grâce à cette solution, les exploitants agricoles peuvent non seulement anticiper les variations climatiques mais aussi prendre des décisions éclairées sur la gestion des cultures, l’utilisation des intrants agricoles (engrais, pesticides), et l’optimisation des ressources telles que l’eau.
Pour cela, Predict travaille en collaboration avec les collectivités et la Chambre d’agriculture pour suivre les modèles de prévisions météo. Lorsque ces modèles identifient un événement climatique imminent, un briefing est organisé pour évaluer la situation.
Si nécessaire, une campagne d’information ciblée est lancée vers les agriculteurs via SMS et e-mail pour leur fournir des conseils. « L’important est d’être bien en accord avec le développement de la plante en fonction de la saison et l’évènement, pour ne pas faire des alertes de façon intempestive sinon ça peut être contre-productif », souligne Renaud Lachenal, chargé de mission de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.
Prendre des décisions « plus justes »
Un travail de dentelle à quatre mains entre Predict et la Chambre de l’agriculture. « Beaucoup d’agriculteurs m’ont dit que ce dispositif leur permet de prendre des décisions plus justes par rapport à différentes informations météo qu’ils pouvaient collecter sur Internet« , explique-t-il.
Cet outil convainc également les maires du département qui y trouvent une grande utilité. « Ça me permet d’alerter tous mes élus, de leur dire d’être vigilants et d’être prêts à se déplacer en sachant ce que chacun doit faire », affirme Claude Valero, maire de Paulhan qui utilise Agri Predict pour les possibilités d’inondations.
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