Au moment de retrouver son bourreau, l’Union Bordeaux-Bègles a montré que le fiasco marseillais n’avait pas viré au traumatisme avec un début de saison réussi et des victoires convaincantes face à Paris et au Racing 92, ce qui permet d’aborder ces retrouvailles sans pression.
Dix-sept essais marqués, 124 points inscrits et dix points au classement. L’Union Bordeaux-Bègles ne s’est pas enlisée dans les doutes de sa finale perdue face au Stade toulousain. Elle a pris une leçon mais ce n’est pas un traumatisme. La dynamique enclenchée par Yannick Bru depuis son arrivée n’est pas rompue. Bien au contraire. L’UBB ne s’était jamais autant approchée du Bouclier du Brennus, et tout le monde au club et dans son environnement en a conscience. La finale de Marseille n’a pas été vécue comme un coup d’arrêt mais comme une montée en puissance, et l’écart au score résonne comme une mise en lumière des axes de progression à entreprendre pour espérer toucher le centre de la cible dans les prochaines années. Les supporters sont les premiers à adhérer à cette philosophie puisque l’engouement derrière l’UBB n’a jamais été fort. Le club a dépassé la barre des 17 000 abonnements (17 328) en quelques semaines après la finale perdue, explosant ainsi le record déjà établi la saison précédente (12 096). Cela s’est traduit par deux guichets fermés à Chaban-Delmas pour les deux premiers matchs de la saison. Portés par cet élan populaire, les joueurs, loin de se morfondre, furent convaincus que le meilleur était à venir, qu’il était préférable de retenir les progrès effectués plutôt que les manques certains d’un dernier match joué à bout de souffle.
En recherche d’équilibre
Ce n’était finalement qu’un bizutage pour un club qui disputait sa première finale au terme d’une saison où il n’avait jamais été autant sollicité sur les périodes internationales. L’UBB est maintenant prévenue et le président Laurent Marti et son staff ont travaillé pour mieux appréhender les allers-retours incessants de joueurs cadres qui sont toujours déstabilisants. C’est d’ailleurs pendant le dernier Tournoi des 6 Nations que les Girondins avaient dit adieu à une qualification directe pour les demi-finales, perdant deux fois à domicile et ne parvenant à grappiller que neuf points. Le passage par le match de barrage avait alors contraint les Bordelais à jouer trois matchs en douze jours, ce qui avait forcément pesé lors du rendez-vous final. C’est donc avec l’ambition de terminer aux deux premières places que les joueurs ont repris le championnat, en sachant qu’ils pouvaient envoyer un message fort dès ce mois de septembre en rejouant quasiment à l’identique leur dernière phase finale de Top 14. Comme au mois de juin, les hommes de Yannick Bru ont battu le Stade français et le Racing 92 à Bordeaux, avec plus de confort, portés par leur fraîcheur du début de saison. Ils doivent maintenant voyager pour retrouver Toulouse, qui n’a plus été battu à Ernest-Wallon depuis le mois de janvier 2022. Ils ne veulent pas parler de revanche mais d’un test dans leur progression notamment pour trouver un équilibre entre leur jeu offensif flamboyant et le secteur défensif qui n’a pas affiché la même efficacité pour l’instant. Ce sera nécessaire pour poser des problèmes aux imbattables Toulousains qui caracolent déjà en tête du classement avec trois points d’avance sur leurs poursuivants.
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