L’an passé, on disait déjà que jamais, avant Antoine Dupont, un joueur n’avait reçu deux fois le prix du meilleur rugbyman de l’année., à la Nuit du Rugby Et maintenant que ledit Toto en a gagné trois, on dit quoi ?
Meilleur international, meilleur joueur du Top 14… Rebelote, quoi !
On peut dire que c’est redondant mais il faut qu’on arrive à mesurer la chance qu’on a de remporter des trophées, individuels ou collectifs.
Comment expliquez-vous cette réussite ?
On s’entraîne au quotidien pour y arriver mais d’autres le font et n’ont pas l’occasion de soulever un trophée à la fin de la saison. Il faut donc mesurer ça tout en étant conscient du travail qu’il faudra effectuer pour continuer à gagner. On sait que c’est la chose la plus dure, on l’a d’ailleurs expérimentée ces dernières saisons avec Toulouse. Mais c’est toujours plaisant de passer des soirées comme ça, oui.
Les avez-vous comptés, ces trophées ?
Je n’ai pas compté dans l’ordre, mais oui, je sais que ça commence à faire beaucoup. Mais je pense qu’il vaut mieux continuer de regarder devant. On a une génération encore jeune et ambitieuse. On aura donc tout intérêt à regarder plus devant que derrière.
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Quand rejouerez-vous avec Toulouse ?
Je commence à repointer le bout de mon nez pour ne pas trop perdre, non plus. Et ça me donne envie de revenir avec les copains. J’étais d’ailleurs hypercontent de retrouver le groupe, l’ambiance, la vie de l’équipe au quotidien. C’est pour ça aussi qu’on fait ce sport.
Quel est votre prochain défi ? Ugo Mola en évoquait un, récemment…
Ugo aime bien discuter avec les médias et répondre aux questions. Il y a à prendre et à laisser dans ce qu’il dit. (rires) Mais déjà, avec les objectifs qu’on aura cette année avec le club et l’équipe de France, j’aurai bien assez de choses à gérer.
Mais allez-vous jouer au centre ou pas ?
C’est une discussion qu’on a eue avec Ugo Mola il y a quelque temps déjà. Je suis curieux dans la vie de tous les jours, mais aussi sur le terrain. À chaque fois, aux entraînements, j’essaie donc de bouger de ma place de numéro 9 et d’essayer de trouver d’autres libertés sur le terrain, même si j’en ai déjà beaucoup à mon poste. Mais de là à ce que ça se concrétise en match, je ne pense qu’on n’y est pas encore.
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Êtes-vous à l’aise en costume et en chaussures pointues ?
Je suis bien plus à l’aise en crampons. En plus, il n’y a pas de clim. Ici, il fait beaucoup trop chaud. (rires)
Vous tarde-t-il de revenir en équipe de France ?
Cette équipe, je l’ai quittée il y a un peu plus d’un an maintenant. Évidemment que ça me tarde, mais il va falloir déjà que je revienne en forme.
Il y a des joueurs extraordinaires autour de moi
Comment vivez-vous cette nouvelle popularité ?
Avec les JO, on dépasse le cadre du rugby et on dépasse le cadre du sport. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ne s’intéressaient pas au sport avant Paris 2024 et qui se sont mis à soutenir des athlètes aux Jeux Olympiques dans des sports qu’ils ne connaissaient même pas. C’est ça qui est beau, c’est ça qui est fédérateur. Il n’y a qu’avec le sport qu’on arrive à retrouver ça. […] Bien évidemment, s’ensuit une notoriété plus grande, mais c’est quelque chose qui est arrivé progressivement pour moi. Ça ne m’est pas tombé dessus du jour au lendemain.
En clair ?
C’est quelque chose avec lequel je vis au quotidien mais de façon plutôt positive, puisque les retours sont hyperpositifs… même si des fois on a envie d’être un peu tranquille. C’est dur de dire aux gens de ne pas nous applaudir.
Êtes-vous un extraterrestre, comme le disent vos coachs et vos coéquipiers ?
Non. Mais je pense que c’est plutôt bon signe quand ils le disent. Je prends ça comme un compliment, évidemment. Je vais me répéter mais il y a des joueurs extraordinaires autour de moi, que ce soit à Toulouse, à 7 ou en équipe de France. Avec France 7, on a par exemple vu des joueurs que personne ne connaissait, des mecs qui se sont révélés être des athlètes et des rugbymen incroyables. Ils ont eu sur eux un coup de projecteur qu’ils méritaient mais qu’ils n’avaient pas depuis plusieurs saisons. Si j’ai pu un peu permettre ça, tant mieux.
Est-il parfois difficile de garder les pieds sur terre ?
Non. Je vais continuer comme j’ai toujours fonctionné. Je pense que mon éducation et mon ancrage familial m’aident beaucoup. J’ai la chance d’avoir un entourage hypersain autour de moi et je pense que j’ai aussi trouvé un fonctionnement qui me convient.
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