Cinq jeunes garçons de 8 à 11 ans convoqués en mairie de Béziers pour une procédure de rappel à l’ordre

Auteurs de plusieurs incivilités, ils ont fait face, avec leurs parents, au maire et aux agents de la police municipale dans le cadre d’une procédure qui veut prévenir plutôt que sévir.

« Tu caillasses et tu jettes du coca sur les portes du voisinage, tu casses le rétroviseur d’une voiture, tu ramasses des marrons et tu les fourres dans tes poches pour bombarder tes camarades d’école… Explique-moi pourquoi tu fais ça ? » Ce vendredi 13 septembre, à 14 h, dans la grande salle du conseil de l’hôtel de ville de Béziers, cinq enfants de 8 à 11 ans, accompagnés de leurs parents, ont « comparu » pour répondre de leurs actes, dans le cadre du dispositif du rappel à l’ordre.

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Cette procédure, formalisée par la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance, repose sur les pouvoirs de police du maire et concerne des infractions et des troubles à l’ordre public, certes constatés, mais qui restent mineurs (hors crimes et délits) et ne font pas l’objet d’une procédure pénale ou d’un dépôt de plainte. À Béziers, elle a été mise en place il y a une bonne dizaine d’années, en bonne intelligence avec le procureur de la République et le parquet.

Une somme d’incivilités

Elian (*), son jeune frère et leur maman sont les premiers à pénétrer dans la grande salle. Face à eux, le premier magistrat Robert Ménard, qui a revêtu son écharpe tricolore, un agent et Fabrice Cantele, le chef de la police municipale. Ces derniers énumèrent « les bêtises » perpétrées de septembre 2023 à avril 2024 par le jeune garçon, qualifié de « meneur ». Sommé de s’expliquer, celui-ci est bien en peine d’avancer une quelconque motivation.

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Simple désœuvrement, colère et frustration ou mal-être qui s’expriment, envie de toucher du doigt les limites de l’interdit, esprit bravache du groupe façon guerre des boutons ? L’heure n’est pas à la recherche des ressorts psychologiques mais vise à prévenir et avertir. « Tu te rends bien compte que ce n’est pas une mais toute une série de bêtises qui vaut que tu viennes t’expliquer devant moi, assène Robert Ménard. Je le dis devant ta maman pour que tu comprennes que ni elle, ni la police, ni moi, on a envie que demain tu finisses devant un juge. Tu as 10 ans, pourquoi tu ne t’arrêtes pas ? ».

Une question de confiance

Quand les trois autres gamins, qui font partie de la même bande, entrent à leur tour dans la salle, ils sont soumis aux mêmes questions et au même sermon. « Le 30 novembre, il y a eu une médiation (de fait, il y a eu trois rapports de médiation en moins d’un an pour la même bande, NDLR) qui s’est très bien passée. Vous avez pris l’engagement de ne pas recommencer. Or, en mars, vous avez tagué à la craie la porte d’un monsieur, rue Saint-Jacques, et jeté du coca dessus. En avril, vous avez cassé la sonnette d’une dame à l’aide d’un gros caillou. On ne peut pas vous faire confiance ? »

Jordan (*), saisi par l’émotion, essuie furtivement quelques larmes. S’il reconnaît avoir été présent la première fois, il proteste de son innocence pour les faits ultérieurs. Killian (*), lui, admet : « J’ai été bête, je n’avais pas les idées en place. Maintenant je regrette et je ne le referai plus. Et je ne vais plus dehors désormais ». Sa maman et celle d’Elian, combatives et impliquées, confirment. Plus question de traîner dehors à la sortie de l’école et que les deux enfants se fréquentent car « les deux font la paire et ensemble, c’est la compagnie créole. Ensemble, ils vont finir par se retrouver devant le juge. »

Une leçon de morale

Après leur avoir répété « d’écouter leurs parents », Robert Ménard conclut la séance avec un « Je ne veux plus jamais vous revoir dans cette salle. La prochaine fois, ça se passera mal. Merci à vous ! ». En aparté, il confie qu’il s’agit « d’une leçon de morale. On y met les formes, dans une salle impressionnante, avec l’écharpe tricolore et la police, pour les impressionner. Le rappel à l’ordre, c’est un avertissement sans risque pour éviter que demain, ces gamins ne glissent sur la mauvaise pente. Ça permet aussi d’aider et de soutenir l’autorité des parents ».

(*) Les prénoms des enfants ont été modifiés.

https://www.midilibre.fr/2024/09/14/cinq-jeunes-garcons-de-8-a-11-ans-convoques-en-mairie-de-beziers-pour-une-procedure-de-rappel-a-lordre-12195444.php

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