La rentrée scolaire approche, et au moins 700 enfants porteurs d’un handicap mental ne sont pas scolarisés dans l’Hérault, ou ne sont pas dans un établissement adapté à leurs besoins. L’Unapei, l’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés, alerte à ce sujet en lançant sa campagne #Jaipasecole. Objectif : permettre aux parents de s’exprimer sur le manque d’accès à la scolarisation de leurs enfants en situation de handicap.
Certains en viennent même à quitter leur travail pour prendre en charge leur progéniture à temps plein. C’est le cas de cette Montpelliéraine que France Bleu Hérault a rencontrée.
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« Pas les moyens » pour un éducateur spécialisé dans l’autisme
Quand elle ouvre sa porte, Samia Daye a le sourire jusqu’aux oreilles, mais dès qu’elle raconte son histoire, son visage s’assombrit. « Tant qu’on ne le vit pas, on ne peut pas savoir ce qu’est l’autisme, commence-t-elle. Ma fille Aya a 12 ans, elle est déscolarisée depuis deux ans maintenant. Elle devait rentrer en CP, mais c’était compliqué parce qu’elle ne parlait pas. Heureusement qu’entre temps, on a réussi à l’inscrire dans une école privée pour autistes. Il n’y en a qu’une dans le département, ça coûtait entre 60 et 70 euros la journée, c’était très cher. »
Sauf que même dans une école spécialisée, la situation a dégénéré. « Elle commençait à avoir beaucoup de troubles du comportement, elle devenait violente, poursuit Samia. Au bout de quelques mois, ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas la garder. Je me suis retrouvée avec une gamine qui s’arrachait les cheveux, qui faisait des crises, c’était très compliqué. On n’a pas les moyens de recruter des éducateurs spécialisés dans l’autisme à domicile. Je ne suis pas enseignante spécialisée, je ne suis que la maman et c’est compliqué de tout gérer à la maison. »
Samia a arrêté de travailler
Samia a dû sacrifier sa carrière pour s’occuper de sa fille. « J’ai arrêté de travailler il y a une dizaine d’années, j’ai pourtant un bac +8 et une thèse en micro-biologie. J’ai dû tout arrêter quand je me suis rendu compte que ma fille ne dormait plus la nuit. Côté vie de famille, c’est difficile aussi. On vit en fonction de l’autisme d’Aya, de son humeur. Si elle dort, on peut dormir. Si elle fait des crises, on ne peut plus vivre. Quand elle casse une télévision, on n’a plus de télévision. C’est déjà la 4ᵉ qu’elle casse. On vit avec l’autisme, quoi. »
Mais pas question pour elle de baisser les bras. « Je ne lâche pas. J’ai rendez-vous début septembre pour donner des dossiers dans des IME (instituts médico-éducatifs). Je vais essayer de leur rappeler qu’on est là, qu’on habite juste à côté. On a déménagé exprès, il y a deux IME à cinq minutes d’ici. »
Samia garde toujours espoir de trouver une place pour sa fille dans un établissement spécialisé. Parmi les enfants souffrant de handicap mental recensés par l’Unapei de l’Hérault, près de 40% ont moins de six heures de scolarisation par semaine.
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D’après l’association, il manque un millier d’éducateurs spécialisés dans l’Hérault pour que les différentes structures d’accueil (IME ou Esat) puissent fonctionner correctement.
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