Top 14 – Lucas Martin (Bayonne) : « Peato Mauvaka m’inspire, j’aime le regarder jouer »

Après sept ans passés à Provence, Lucas Martin a décidé de rejoindre l’Aviron bayonnais cet été. Arrivé avec l’étiquette de grand espoir au poste de talonneur, le garçon de 21 ans s’est confié, fin juillet, sur les raisons de sa venue au Pays basque, est revenu sur son début de carrière prometteur et a parlé de ses inspirations au talon.

Vous êtes arrivé à Bayonne début juillet. Quelles sont vos premières impressions ?
Je suis arrivé le 3 juillet pour m’installer tranquillement et emménager avec ma copine dans une petite maison à Lahonce. Franchement, je suis super content. Ce n’est que le début, mais tout se passe bien. Il y a un très bon groupe avec de super mecs. C’est cool. Je découvre les attentes du Top 14, une manière de travailler, c’est top. J’ai hâte qu’on rentre un peu plus dans le vif du sujet.

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Connaissiez-vous du monde au club, avant de signer ici ?
J’ai joué avec Luke Tagi à Provence. Dans le staff, j’avais travaillé avec le directeur de la performance, Loïc Louit, et j’ai connu le préparateur physique, Benjamin Arquier, chez les espoirs de Provence, puis chez les professionnels. Le team manager, Louis Carlod, était également à Provence. L’intégration s’est faite rapidement, c’est cool. Les joueurs ont bien accueilli les nouveaux.

Quelles différences avez-vous notées au niveau du travail ?
Il y a des attentes physiques, sur le fait d’enchaîner plus d’actions, avec plus de vitesse. Il faut être plus prêt là-dessus.

Comment vous acclimatez-vous au Pays basque ?
Super ! Plus jeune, j’avais l’habitude de venir ici pendant les vacances. Je connaissais un petit peu le coin. Le fait d’y vivre, c’est différent. C’est un endroit que j’adore, les gens sont en bonne “vibe” (ambiance, NDLR). Le Pays basque est connu pour être un lieu sympa. Il y a l’océan, les terres sont vachement jolies. C’est super cool.

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— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) July 22, 2024

Vous avez donné votre accord à l’Aviron dès décembre 2023. Pouvez-vous nous raconter les coulisses de ce transfert ?
Ça s’est fait assez simplement et, en même temps, ça a mis du temps. J’ai eu l’appel de Nicolas Viguera, la personne chargée du recrutement à l’Aviron. J’ai visité les installations assez tôt, en septembre ou octobre. Derrière, j’ai rencontré Grégory Patat avec qui on a pas mal discuté, il m’a convaincu du beau projet qu’il y avait ici. Il y a énormément de choses qui se mettent en place tous les ans. Il y a trois ans, le club était en Pro D2. Là, il grandit. Le but, c’est de s’installer dans ce Top 14 et, petit à petit, élever les standards, le niveau. Ça m’a vachement plu. Malgré tout, j’avais un choix difficile à faire. D’un côté, Aix est dans le même cas que l’Aviron, c’est un club qui grandit énormément, avec des ambitions. Je me voyais mal refuser l’appel de Bayonne, car c’était un des clubs où je voulais vraiment jouer.

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Pour autant, le Racing vous faisait aussi les yeux doux…
Le Racing est arrivé un peu plus tard. Une fois que l’opportunité de Bayonne est arrivée, c’était vraiment celle-là qui me plaisait. L’Aviron a une histoire, un public, une ambition. J’avais plus de préférences pour ça. Soit je continuais avec Provence, pour grandir avec le club, soit je signais à Bayonne. Il n’y avait pas d’autres clubs en lice dans ma tête.

Vous dites avoir toujours voulu jouer à Bayonne. Pourquoi ?
Pour le Pays basque, un endroit que j’adore et, surtout, pour le club, cette ferveur, l’atmosphère particulière. Je voulais découvrir cet endroit rugby. Ça me plaisait de pouvoir grandir avec ce club.

Votre père a-t-il prévu de déménager le food-truck qu’il avait au stade Maurice David de Provence du côté de Jean Dauger ?
Pour l’instant, non, même si j’ai essayé de lui mettre deux ou trois pièces. Il viendra souvent me voir, c’est sûr.

Que vous inspire le fait de s’entraîner, aujourd’hui, avec des gros noms du rugby français, comme Camille Lopez, Maxime Machenaud, ou des internationaux tels Tuilagi ou Hodge ?
Forcément, c’est super. Apprendre de joueurs comme ça, c’est incroyable. Ça nous permet, aux plus jeunes, de grandir beaucoup plus vite, de s’inspirer d’eux et de découvrir un niveau différent, supérieur. Quand on joue avec eux, on essaye d’élever notre niveau. De plus, ce sont des mecs super, qui sont là pour nous faire progresser. C’est plutôt plaisant.

Que gardez-vous de vos années à Provence ?
Il y a énormément de fierté et de reconnaisssance d’avoir pu jouer pour ce club, où j’ai commencé en Alamercery. J’ai gravi les échelons, j’ai joué jeune chez les professionnels. J’ai pu évoluer avec mes meilleurs amis. Provence m’a énormément fait grandir, apprendre. C’était le début de mon chemin.

Lucas Martin sous le maillot de Provence Rugby en Pro D2 Icon Sport – Alexandre Dimou

Quel fut votre parcours, avant Provence ?
J’ai commencé le rugby à sept ans, à Gignac-la-Nerthe. Le stade était à cinq minutes de chez moi. Tout de suite, j’ai accroché. Je suis ensuite allé au club du Pennes-Mirabeau. Petit, je jouais au centre. Mes potes étaient partis assez rapidement à Provence rugby après les sélections, moi, je n’avais pas été retenu. En cours d’année, j’étais passé du poste de centre à celui de troisième ligne, puis talonneur. Derrière ça, j’avais fait des détections pour aller à Provence et j’ai été pris. J’ai intégré le pôle espoirs, puis mes premiers matchs avec les professionnels et l’équipe de France U20 sont arrivés.

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Qui avait décidé de ce changement de poste ?
Plus jeune, je rêvais de jouer au centre. J’ai commencé à l’ouverture, à l’âge de dix ans, puis je suis passé au centre. Quand j’étais petit, le poste de talonneur me donnait forcément moins envie. Je voulais toucher du ballon, mais j’ai vite vu que c’était un poste plus fait pour moi, car je pouvais jouer mon jeu à moi, me démarquer. En conquête, il y a énormément de choses à apprendre, beaucoup de responsabilités, et dans le jeu, je peux exprimer la manière dont j’aime jouer.

Vous êtes un talonneur plutôt mobile. Est-ce lié à vos débuts au poste de centre ?
Je ne sais pas, quand j’étais talonneur à Provence, j’étais assez léger. Je pesais 90 kilos, j’essayais de jouer sur mes appuis, sur du dynamisme, plutôt que de mettre en place un jeu frontal. Ensuite, je me suis développé physiquement. Aujourd’hui, je fais 107 kilos, mais j’essaye de garder mon jeu, en ayant la partie conquête et combat qui sont hyper importants.

Avec l’OM, l’OGC Nice ou l’AS Monaco, le sud-est de la France est une terre très orientée sur le football. Pourquoi un jeune, là-bas, décide de se lancer plutôt dans le rugby ?
C’est vrai que depuis que je suis petit, mes copains sont pour l’OM, ils suivent le football à fond. Mais il y a de plus en plus de passion pour le rugby dans le sud-est. Les années où Toulon a été champion, avec Wilkinson, m’ont fait rêver. Je regardais ça et ça m’a plus attiré que le football.

De quoi rêviez-vous, lorsque vous étiez enfant ?
À l’âge de sept ans, je savais que je voulais être rugbyman professionnel. Dès mon premier entraînement, c’était mon rêve. J’ai été très vite passionné par ce sport, je voulais en faire ma vie.

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Avez-vous fait d’autres sports ?
Oui, j’ai fait pas mal de handball. Pendant cinq ans, j’en faisais à côté du rugby. J’ai vite vu que j’allais être rattrapé par la taille, car je jouais à l’arrière et les mecs grandissaient plus vite que moi. Malgré tout, le handball m’a vachement aidé dans le rugby pour l’habilité, les appuis, l’explosivité… J’ai aussi fait du judo, du tennis, j’ai goûté à tous les sports.

Quelles sont vos autres passions ?
J’aime la mer, faire de la chasse sous-marine avec mon frère l’été.

Faites-vous partie des joueurs qui ont besoin de couper avec le rugby une fois l’entraînement terminé ?
Non, pas forcément. Je suis un mordu de rugby, j’adore regarder tous les matchs.

Quels sont vos modèles au poste ?
Quand j’étais petit, le talonneur sud-africain Schalk Brits était mon joueur préféré. Je regardais ses “highlights” sur YouTube. C’est un talonneur hyper atypique, très explosif, avec de gros appuis. Aujourd’hui, celui vers qui je tends, qui m’inspire et que j’aime beaucoup regarder jouer, c’est Peato Mauvaka ou Dan Sheehan.

Y a-t-il eu un entraîneur qui a particulièrement compté dans votre progression ?
Chez les jeunes, Laye Ndiaye, le père de Willy et Hugo, a été mon premier entraîneur. C’est lui qui m’a transmis cette passion, ce plaisir de jouer. Il m’a permis de ramener le rugby à un jeu. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, j’arrive à m’exprimer, à jouer comme ça et c’est grâce à lui que j’en suis là. Chez les professionnels, Fabien Cibray m’a lancé, puis Mauricio Reggiardo m’a fait beaucoup confiance. Je travaillais aussi beaucoup avec Jacques Delmas sur la touche. Il m’a fait progresser au niveau de la mêlée, de la conquête.

On dit de vous que vous êtes un grand espoir du rugby français au poste de talonneur. Ressentez-vous une certaine pression par rapport à ça ?
Non, je n’ai pas de pression particulière. J’essaye de faire ce que j’aime, de poursuivre mon bout de chemin et de donner tout ce que je peux. J’adore être sur un terrain et je ne me pose pas de questions. La suite, je ne peux pas la choisir. Je fais tout pour et on verra…

En ayant goûté à l’équipe de France U20, on suppose que vous rêvez, un jour ou l’autre, de découvrir le XV de France…
Ma réponse va être bateau, mais chaque joueur français qui évolue en Top 14 rêve de jouer pour l’équipe de France. Il faut, pour cela, performer en Top 14 tous les week-ends, s’imposer et être le meilleur sur le terrain.

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