C’est un tournant majeur qui pourrait se dessiner dans l’affaire de la plainte pour « viol aggravé » qui vise Oscar Jegou et Hugo Auradou en Argentine : selon leur avocat, les deux joueurs du XV de France pourraient être prochainement libérés et autorisés à rentrer en France. Explications.
Dans l’affaire de la plainte pour « viol aggravé » qui visait Oscar Jegou et Hugo Auradou en Argentine, la journée de ce jeudi 8 août 2024 promettait d’être décisive. A quatre jours seulement d’une nouvelle audience de détention (lundi 12 août) qui devra déterminer s’ils restent en résidence surveillée à Mendoza (avec des bracelets électroniques), s’ils sont à nouveau placés en prison ou si, dans le meilleur des cas, ils sont libérés et autorisés à rentrer en France, les deux joueurs du XV de France étaient entendus toute la journée par le procureur Dario Noria. A en croire leur avocat en Argentine, Maître Cuneo Libarona, ils ont visiblement été convaincants dans leur récit des faits et les réponses apportées aux contradictions opposées par l’accusation. Selon lui, à la sortie du pôle judiciaire de Mendoza ce jeudi, Jegou et Auradou peuvent espérer obtenir la meilleure des issues à court terme : à ce stade, la probabilité est réelle qu’ils soient libérés dans les prochains jours, entre vendredi (9 août) et lundi (12 août) et qu’ils puissent rentrer en France.
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Libarona : « Ils seront bientôt libres, et en France »
Cette perspective qu’il espère, l’avocat Rafael Cuneo Libarona la présentait évidemment avec joie à la sortie du pôle judiciaire : « Nous avons déjà demandé la liberté, nous respirons la liberté. Nous sommes convaincus qu’ils seront bientôt libres. Libres et en France. » Preuve de la possibilité de cette issue, l’avocate de l’accusation Natacha Romano en acceptait l’augure, ce jeudi, toujours à la sortie de cette journée d’auditions. Dans une forme de résignation, elle formulait : « Ils (le parquet) doivent prendre la décision de demander ou non une audience de détention provisoire. S’ils ne la demandent pas, alors les accusés seront libérés. Nous attendrons la décision du procureur avec le plus grand respect. »
Plus tôt dans la semaine, Me Romano avait pourtant fait part de son opposition sur ce sujet. « La chose raisonnable à faire, compte tenu du risque de fuite, est qu’ils restent dans notre pays » confiait-elle mardi.
L’enquête va se poursuivre, quoiqu’il arrive
Ce n’est pas encore la fin du feuilleton judiciaire pour les deux joueurs, puisque la plainte pour « viol aggravé » est maintenue et l’enquête va se poursuivre, en Argentine. A ce sujet, la plaignante, entendue mardi par le même procureur Dario Noria, a d’ailleurs maintenu l’intégralité de ses accusations. Toutefois, c’est un horizon qui pourrait se dégager à court terme pour Jegou et Auradou, avec désormais la possibilité de suivre la suite des événements chez eux, depuis la France. Une perspective face à laquelle Me Rafael Cuneo Libarona s’enthousiasmait, évoquant même une issue rapide à cette affaire : « à moins d’une surprise dont je doute, toute cette affaire pourrait bien être terminée dans deux mois. »
Pour rappel, les deux joueurs sont accusés de « viol aggravé » par une femme argentine de 39 ans. Des faits qui se seraient déroulés dans la nuit du 6 au 7 juillet 2024, au Diplomatic hôtel de Mendoza où logeaient le XV de France, au soir de la victoire des Bleus dans le premier test-match de leur tournée en Argentine. Si l’accusation se fonde sur des relations sexuelles forcées et le recours à de la séquestration et des violences physiques, Oscar Jegou et Hugo Auradou ont toujours nié les faits, reconnaissant seulement des relations sexuelles consenties.
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