Transferts – Siya Kolisi : les raisons d’un possible départ du Racing 92

Vendredi, nos confrères de Rugby Pass annonçaient que le capitaine des champions du monde du monde Siya Kolisi souhaitait quitter le Racing 92 avec effet immédiat. Comment en est-on arrivé là ?

En toute logique, l’actualité du Racing 92 n’aurait jamais dû faire irruption dans nos gazettes généralistes, en pleine trêve olympique… Alors que le monde entier avait cette semaine les yeux tournés vers Lutèce, on aurait simplement dû avoir une pensée émue pour le club des Hauts-de-Seine à chaque fois que Léon Marchand marquait l’histoire de son sport dans l’eau bénie de « Paris-La Défense-Arena », l’antre habituellement dévolu à Gaël Fickou et ses coéquipiers… Vendredi midi, c’est une vraie déflagration qui a pourtant secoué ce microcosme rugbystique en pleine présaison, à l’instant où nos confrères de Rugby Pass ont révélé que Siya Kolisi avait émis le souhait de quitter le Racing et qu’en tout état de cause, l’entité du 92 n’était pas opposée au départ du capitaine des champions du monde, auquel il reste pourtant deux années de contrat à honorer…

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Mercredi dernier, soit une poignée de temps avant que n’explose la bombe en question, nous était en effet revenu aux oreilles que l’intégration à Paris du Springbok ne se passait pas aussi bien qu’il l’aurait souhaité et à la veille du choc entre les Boks et l’Irlande, le 8 juillet dernier, l’intéressé disait même en conférence de presse : « Le changement a été difficile. Là-bas, ce n’est pas comme en Afrique du Sud et même si tout marche bien – l’eau, l’électricité, tout ça– les gens sont centrés sur eux-mêmes et n’ont pas besoin des autres. À Paris, chacun est concentré sur ce qu’il a à faire et l’esprit sud-africain n’existe pas, en somme. Je ne suis pas malheureux en France mais mon pays me manque plus souvent que je ne le pensais ».

Kolisi a-t-il le blues ?

Au quotidien, Siya Kolisi semble pourtant bien dans sa peau au Plessis-Robinson, le centre d’entraînement du Racing 92. « Sa sympathie n’est pas un mythe, nous confiait hier une petite main du club Ciel et Blanc. Au club, il connaît les prénoms des enfants de tout le monde et s’intéresse à la vie de tous. C’est un soleil, un vrai. Il ne se force pas. On a rarement vu ça ». Aussi lumineux soit-il, Kolisi sait-il se remettre en questions ? Secoué par son président Jacky Lorenzetti en fin de saison dernière (le propriétaire du club francilien avait alors regretté su Rugbyrama.fr le peu d’impact provoqué dans le 92 par le Sud-Africain, quand l’arrivée de Dan Carter avait en 2016 fait mouche au bout de quelques mois), le capitaine des champions du monde n’a pas apprécié d’être critiqué publiquement et s’en est ému auprès des Racingmen, demandant même une entrevue avec Lorenzetti.

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« Il faut comprendre, nous souffle un proche du joueur. En Afrique du Sud, Siya est une icône, un dieu vivant. Personne n’oserait formuler une seule réserve à son encontre ». Aussi noble le champion Kolisi soit-il, sait-il admettre la critique ? Comment n’a-t-il pas pris conscience que sa première saison sous les couleurs franciliennes avait à ce jour été trop loin des standards auxquels il nous avait habitués sous le maillot sud-africain ? Pourquoi le Kolisi entraperçu cet été face aux Diables Verts ne s’invita quasiment jamais en Top 14 ? Difficile à dire… De notre côté, on ose pourtant croire qu’au pays de la révolution, nul ne devrait être intouchable, que l’on soit puissant ou misérable… Et qu’au lieu d’envisager un départ à la cloche de bois, Siya Kolisi devrait plutôt consacrer ces prochains mois à tenter de donner tort à l’ancien patron de Foncia….

Le marathon du Top 14 l’a surpris

À son arrivée en banlieue parisienne il y a un peu moins d’un an, Siya Kolisi avait été accueilli en héros par le petit monde du rugby français, peu rancunier à l’idée que le grand Siya ait quelques semaines plus tôt tranché la tête au XV de France, en quart-de-finale de Coupe du monde. Invité régulier des plateaux télés (Canal +, France Télévisions…) et familier de nos canards, le leader Supremo des Boks fut rapidement lancé dans le grand bain par son coach Stuart Lancaster et pour tout dire, la cadence propre au Top 14 le surprit quelque peu. Une autre source nous confiait samedi matin : « Siya n’est pas habitué à faire vingt matchs dans l’année, en plus de ceux disputés avec l’Afrique du Sud. Cela ne lui était jamais arrivé avec les Stormers ou les Sharks. La fédé sud-africaine décidait jusqu’ici de son programme : si les Springboks le souhaitaient au repos, il était au repos, voilà tout ».

Dans la mesure où Kolisi avait, comme il en fut question à son arrivée en France, mis sa carrière internationale entre parenthèses, il aurait probablement mieux tenu la cadence infernale du rugby européen qu’il ne le fit ces derniers mois. Mais le troisième ligne étant toujours un cadre indéboulonnable de l’équipe de Rassie Erasmus, il doit aujourd’hui mener de front une double vie : actuellement réquisitionné par les Springboks en Rugby Championship, il reviendra en France une semaine en septembre avant de repartir en Afrique du Sud pour terminer la compétition internationale ; puis, en novembre, Siya Kolisi participera sauf accident à la tournée d’automne avec les champions du monde en titre. Autant dire que s’il reste en île de France ces prochains mois, il ne sera vraiment opérationnel qu’une moitié de la saison, soit de décembre à juin.

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Et s’il part, qui va payer ?

Alors ? Partira ? Partita pas ? Et où en sont les tractations entre les deux parties, au juste ? « Pour l’instant, nous confiait vendredi midi un dirigeant du Racing 92, nous n’avons rien : ni un e-mail ni un message nous disant que Siya souhaite partir. Nous l’avons encore eu au téléphone mercredi soir et il ne nous en a pas parlé ! Je trouve donc très étrange que tout cela sorte alors que nous sommes censés débuter la saison dans quatre semaines à peine… » Malgré tout, il nous était revenu aux oreilles, trois jours avant que la bombe n’éclate, que Siya Kolisi et sa famille n’étaient pas certains de vouloir revenir dans l’Hexagone à la fin de l’été. La rumeur disait aussi que le joueur vivait mal le départ du Racing de son ami Yannick Nyanga, dont la mission (il entraînait les Espoirs) s’était arrêtée au printemps dernier. On avait enfin entendu que le club des Hauts-de-Seine, en sus de se renseigner sur un pilier capable de remplacer provisoirement Demba Bamba (la recrue est blessée au genou pour de longs mois), cherchait également un troisième ligne, sans toutefois comprendre si c’était pour prendre la place dudit Kolisi ou simplement renforcer l’effectif.

Jusqu’ici, Siya Kolisi fait donc toujours partie du squad francilien. Aussi cocasse cela puisse-t-il paraître, le numéro 7 de Lancaster est même encore le visage de la campagne d’abonnements du Racing 92, pour la saison 2024-2025. Mais le club, qui n’a pas officiellement démenti l’information d’une possible rupture (pas plus que Kolisi ne l’ a fait, d’ailleurs…), ne lâchera pas son champion, arraché aux Sharks contre une indemnité de 850 000 euros l’an passé, sans recevoir au préalable une contrepartie financière que la franchise de Durban semble encline à partiellement verser, aidée en cela par la fédération sud-africaine. À ce sujet, une réunion entre les différents protagonistes du dossier serait prévue ce lundi et quelle que soit l’issue des négociations ayant débuté entre Siya Kolisi et le Racing 92, celles-ci seront immanquablement suivies, ces prochains jours, par le verdict entourant l’avenir de Nolann Le Garrec, dont le nom circule avec insistance du côté de La Rochelle. De toute évidence, l’actualité du Racing est plus chargée qu’elle ne l’aurait dû l’être en pareille période, camarades…

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https://www.rugbyrama.fr/2024/08/03/transferts-siya-kolisi-les-raisons-dun-possible-depart-du-racing-92-12122022.php

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