C’est un geste qui peut coûter très cher, jusqu’à 150.000 euros d’amende et trois années d’emprisonnement (article L415-3 du code de l’environnement). Et pourtant malgré cela, des promeneurs continuent à ramasser des œufs ou des poussins en pensant bien faire, notamment sur la plage des Orpellières à Sérignan, au sud de Béziers.
C’est pour cette raison que l’association Sauvegarde Hérault Littoral lance un appel à la vigilance suite à de multiples incidents récents mettant en péril la survie d’espèces protégées, comme les sternes naines et les gravelots à collier interrompu. Ces espèces pondent un maximum de trois œufs. Toute perturbation, même minime, peut compromettre leur reproduction.
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Restez à distance des nids
« Il y a du ramassage abusif de poussins sur les plages » déplore l’association. « Il est urgent de prendre des mesures radicales. » Dans un communiqué, l’association précise qu’il ne faut jamais toucher ou déplacer les œufs, ne pas récupérer les poussins, mais surtout rester à distance des nids. « La meilleure façon d’aider ces oiseaux est de les laisser tranquilles dans leur habitat naturel » confie Yann Geshors, son coordinateur.
L’association se dit par ailleurs favorable à une interdiction des plages une partie de l’été pour protéger la faune, comme c’est le cas sur les côtes bretonnes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou encore en Espagne
« C’est une nécessité urgente »
« En Bretagne et maintenant en PACA, des plages sont fermées parce qu’on n’arrive pas à respecter leur milieu. Est-ce que c’est la solution ? Je ne sais pas. Mais cela en est une. On peut fermer par exemple 800 mètres sur les six kilomètres de plages à Valras. C’est franchement réalisable pendant la période de ponte. Les Espagnols le font très très bien d’ailleurs dans les Terres de l’Ebre. Les autorités ferment de mi-avril à mi-juillet. Et ensuite, les vacanciers peuvent revenir sur les plages. Il y a des taux de réussite très importants chez les oiseaux et ça marche très très bien. »
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« C’est regrettable, les maires ne sont pas prêts à passer à l’acte »
« Au final c’est valorisant aussi pour un territoire de dire qu’on a mis en place plein d’actions d’éducation à l’environnement et de protection de ces oiseaux et ça pour nous ,c’est la promotion de l’écotourisme« , insiste Yann Geshors.
« Les maires à l’heure actuelle sur le littoral Biterrois ne sont pas prêts à le faire appliquer, se désole-t-il. On leur en a déjà parlé. C’est impensable pour eux. On a le même problème avec les feux d’artifice sur les espaces naturels. »
« La perte de biodiversité est tellement intense qu’il va falloir réellement prendre des mesures »
« Les gens, ils pensent sauver ces poussins sur les plages. C’est le cas des sternes (parfois appelées hirondelles de mer, NDLR) et ils récupèrent les œufs. La plage est leur terrain de jeu. Les vacanciers les ramassent. Par exemple samedi dernier, j’ai dû aller à Béziers récupérer deux poussins avant de les ramener sur la plage. Cela part vraiment d’une bonne intention. Ce n’est pas du braconnage. Ils veulent vraiment protéger ces oiseaux ou même ses œufs en les rassemblant avec d’autres. Les chances de survie sont alors réduites à néant. J’ai une phrase que j’aime bien dire aux gens : lorsqu’on voit les œufs sur la plage c’est qu’on est déjà trop près des nids. Il faut alors reculer. »
Les gardes du littoral et les agents de l’Office français de la biodiversité (police de la nature) patrouillent régulièrement sur le littoral de l’Hérault afin de faire respecter la réglementation. Malgré la présence de nombreux panneaux d’information sur les sites et les actions d’éducation à l’environnement menées ces dernières années, les incivilités persistent.
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