Un service de police municipale mutualisé entre Béziers et ses voisines Cers, Corneilhan et Boujan est instauré depuis 2021. Une convention en fixe les contreparties financières dues à la ville centre pour deux missions : des patrouilles régulières et des interventions ponctuelles. Ce mardi 9 juillet, en conseil municipal de Béziers, l’élu d’opposition Thierry Antoine a soulevé un problème : la commune de Cers n’a jamais payé d’intervention ponctuelle. Explications.
« Je suis en colère », lâche Thierry Antoine, élu EELV d’opposition, ce mardi soir, en plein conseil municipal de Béziers. Il pointe du doigt la mutualisation de la police municipale de Béziers, à travers ses agents, ses équipements, mais aussi concernant la gestion de la fourrière automobile. Depuis 2021, en effet, à travers trois conventions passées avec les communes de Boujan-sur-Libron, Corneilhan et Cers, « une mise en commun » est effective dans le but « d’améliorer l’efficacité opérationnelle des services et d’optimiser les coûts », indique la délibération votée pour le renouvellement de ces fameuses conventions.
Le principe, identique pour chacune des trois communes, est de verser à la Ville de Béziers 3,53 € par an et par habitant pour rembourser le coût des patrouilles régulières, plus un forfait de 175 € par « intervention ponctuelle. » Avec un état récapitulatif des interventions élaboré par la Police municipale de Béziers… Or « Didier Bresson, le maire de Cers, a déclaré que les interventions n’étaient pas facturées par faveur », rapporte Thierry Antoine, plusieurs procès-verbaux du conseil municipal de Cers à l’appui (en date 14 novembre 2023 et du 17 juin dernier). « C’est grave. » Et de demander le retrait de la fameuse délibération, dans l’attente d’une clarification. Malgré un certain flou, elle sera maintenue.
« C’est une bêtise »
Finalement, au lendemain du conseil municipal, les services de la mairie de Béziers expliquent qu’il n’y a eu aucune intervention ponctuelle à Cers et que c’est pour cela qu’il n’y a pas de refacturation. « Il n’y a eu aucune demande d’intervention spécifique dans aucune des trois communes en 3 ans », précise Robert Ménard. Une méconnaissance du sujet par Didier Bresson est évoquée. « C’est une bêtise, une connerie que j’ai dite », réagit à son tour le maire de Cers en évoquant les propos qu’il a tenus à plusieurs reprises en présence des élus cersois. À savoir que cette absence de facturation relevait « d’un cadeau » de la part de Robert Ménard. « Nous n’avons qu’un garde champêtre et un policier municipal. Ce rapprochement assure une sécurité du village. »
« Mon devoir d’élu est de le signaler au procureur. Je ne crois pas la défense de monsieur Bresson. Et puis ça n’a aucun sens. On dit que cette mutualisation fonctionne bien et en fait il n’y a aucune intervention, c’est ridicule… », estime pour sa part Thierry Antoine.
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