Arrivée deuxième avec 27,23 % des suffrages et plus de 8 600 voix de retard sur le RN, la députée sortante sur la 6e circonscription de l’Hérault, Emmanuelle Ménard, se retrouve en difficulté. Elle a de grande chance de devoir céder son siège au soir du second tour dans le cadre d’une triangulaire où elle se retrouvera face à Julien Gabarron (RN, 41,11 %) et Magali Crozier (NFP, 21,03 %).
Au lendemain du premier tour, quel est votre sentiment ?
C’est une déception, je ne vais pas le cacher. Mais il s’agit encore une fois d’un vote d’étiquette qui a laissé de côté le rôle du député impliqué localement. Je travaille beaucoup depuis 7 ans donc ça ne fait jamais plaisir que les gens s’en fichent. Mais ce vote est un non à Emmanuel Macron et un oui à Bardella Premier ministre, ce qui me rassure un peu. Certains électeurs ont d’ailleurs cherché les bulletins Bardella. Et ça a réussi, ça a marché. Certains ne connaissent pas le moindre candidat RN. Au-delà de la déception, il y a aussi tout le travail en cours dans la circonscription. Je n’ai pas envie de laisser tout ça.
Quels dossiers par exemple ?
Des dossiers qui ont trait à la viticulture par exemple, au caveau de Cers… Des dossiers concrets sur lesquels j’ai obtenu des résultats.
C’est violent finalement, cette interruption ?
Oui, c’est violent, mais ce n’est pas fini, je vais me bagarrer, j’étais à 6 h à la gare ce matin, puis à Sérignan, Valras… Je ne baisse pas les bras. Et je mets au point une stratégie un peu différente pour convaincre mieux les électeurs qui sont partis sur d’autres choix que moi. Je vais mettre en avant mes actions au niveau local.
Au regard des scores et des reports possibles, cela semble compliqué de récupérer votre siège…
Sur le papier, je ne pars pas gagnante en effet. Mais en 2017 non plus et j’ai gagné. Ce n’est pas une science exacte. J’y crois, sinon je n’aurai pas maintenu ma candidature.
Vous payez cette forme de liberté ou bien de ligne pas assez claire ?
Ça dépend. Clairement, j’ai payé le prix de ma liberté car les gens ont voté pour une étiquette politique. Mais d’autres me disent que c’est bien d’être libre car ça devenait un cirque ! Je n’obéis à aucune consigne, je corresponds bien ainsi au trait de caractère des Biterrois. Je paye aussi mon honnêteté intellectuelle car je n’ai jamais fait de démagogie. Et quand je vois Bardella qui recule sur autant de mesures, que va-t-il rester ? Les électeurs du RN seront déçus à un moment ou à un autre. C’est grave de tromper les gens. Moi, je n’ai jamais fait de promesses en l’air. Le RN, par exemple, se dit contre l’assistanat mais ils n’ont pas voté l’obligation de travailler 15 heures par semaine pour toucher le RSA… Sur la sécurité, l’immigration, je n’ai aucun souci avec le RN mais sur les propositions économiques et sociales, il y a tromperie sur la marchandise car ils reviennent sur tout ce qui a été proposé.
Une réconciliation serait envisageable avec le RN ?
Comment voulez-vous que ce soit possible ? Aujourd’hui, ça me paraît compliqué. Il faudrait que les chefs acceptent que l’on peut ne pas être 100 % d’accord sans pour autant être des ennemis. Mais ils ont un comportement clanique.
Vous avez affirmé au début de la campagne que vous iriez au bout du mandat si vous étiez réélue et que vous renonciez pour cela à la mairie de Béziers. Qu’en est-il de cette stratégie aujourd’hui ?
On va attendre les résultats du second tour. J’espère toujours pouvoir créer la surprise.
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