Cette finale entre les deux meilleurs arsenaux offensifs d’Europe ne sera pas une guerre des clones mais une opposition de styles entre l’attaque-éclair girondine et le redoutable système toulousain.
C’est la première évidence : cette finale opposera non seulement les deux meilleures attaques de France (103 essais pour Toulouse, 80 pour l’UBB), mais aussi d’Europe, Toulouse carburant toutes compétitions confondues à la moyenne de 4,4 essais par match et l’UBB à 3,7… La promesse d’un grand spectacle ? Si les conditions météorologiques le veulent, on en accepte l’augure. Car, ainsi que le confiait Damian Penaud samedi soir, « les ADN des deux équipes sont finalement très proches », avec quelques nuances toutefois. Ainsi, alors que l’UBB apporte essentiellement du danger de par les dézonages de ses ailiers au milieu du terrain, Toulouse brille de manière beaucoup plus « classique », laissant à ses meneurs de jeu (sa charnière et son arrière, pour ne pas les nommer) le soin de décanter les situations, servis par un système maîtrisé à la perfection par tout son effectif.
S’il a beaucoup marqué durant cet exercice 2023-2024, Dupont s’est surtout mué en passeur décisif avec 31 réalisations. Sans compter ses passages avec France 7… Du jamais vu ou presque.https://t.co/fH0QqL6gMa
— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) June 25, 2024
En outre, la nature des munitions privilégiées n’est pas non plus la même… Car si Toulouse demeure une référence dans l’art de conclure les ballons de contre-attaque ou d’imposer des séquences longues, l’UBB se veut quant à elle plus « prudente ». La marque de fabrique des Unionistes consistant en effet à inscrire une grande partie de leurs essais sur des séquences très courtes (46 % de leurs réalisations ayant même été inscrites sur un seul temps de jeu), en raison d’une volonté patente de ne pas conserver longtemps le ballon sans avancée manifeste…
À Bordeaux l’occupation, à Toulouse la possession
À ce titre ? Sur le papier, l’opposition de styles sera réelle, puisque s’affronteront l’équipe qui joue le moins au pied du Top 14 (Toulouse) et celle qui gagne le plus de mètres par cette forme de jeu (Bordeaux) ; les Girondins ayant porté leur record à une moyenne de 969 mètres gagnés par match, soit un tiers de plus que Toulouse.
Quand bien même le Stade sait parfaitement briller par son jeu d’occupation lorsque l’enjeu le réclame, ainsi qu’on l’a encore vu vendredi… On peut également citer, au rayon des différences, une propension supérieure à s’investir dans le jeu au sol côté toulousain (en attaque mais surtout en défense). Un secteur où les hommes d’Ugo Mola ont sous-performé contre La Rochelle, ce qui impliquera sans doute une volonté de revanche.
Enfin, le tableau ne serait pas complet si l’on ne s’arrêtait pas sur le domaine de la conquête, où les deux équipes ont récemment perdu leur principal point d’ancrage : Emmanuel Meafou et Ben Tameifuna… Ce qui aurait pu leur coûter cher en demie et ne pardonnera pas en cas de nouvelle contre-performance en finale si leur retour envisagé en coulisses pour la finale, devait être reporté.
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