Pro D2 – Shaun Hegarty (Biarritz) se livre en exclusivité : “Biarritz est un navire qu’on doit remettre à flot”

Mercredi matin, Shaun Hegarty était aux côtés des acteurs majeurs du sauvetage du BOPB pour évoquer, face à la presse, le maintien du club rouge et blanc en Pro D2. En milieu d’après-midi, pour Midi Olympique, le nouveau patron de la maison biarrote est revenu, en longueur, sur les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans ce projet fou…

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ?

Quand j’ai entendu que les clés du club étaient dans les mains de la mairie, j’ai appelé mon prédécesseur. Je me disais qu’une cession du club allait être compliquée et de mon côté, j’ai travaillé pour voir si on pouvait monter un projet avec Arnaud Dubois, Marc Baget, Flip van der Merwe et Christophe Cariou-Martin. Nous sommes allés chercher des solutions pour que le club puisse perdurer dans le futur. Depuis quatre mois, nous sommes au travail pour pouvoir avancer et passer l’A2R. Notre ambition était de faire revenir des gens au stade, retrouver un club unique entre l’association et les professionnels et refaire vivre ce BO, tel que je l’ai connu dans mon enfance. On a la chance de suivre un sport où on doit se retrouver et non se cliver. Sur les dernières années, c’était très compliqué de venir dans ce beau stade avec des gens qui étaient toujours en train de batailler sur des sujets extra-sportifs. Ça me rendait malade. Le BO représente beaucoup pour ma famille, mes proches et moi. J’avais envie qu’il continue.

À quand remonte votre envie de devenir le patron de ce club ?

L’année dernière, il y a eu une cession qui a été avortée, sur laquelle on m’avait consulté pour pouvoir apporter quelque chose. Pour moi, ce n’était pas du tout le moment. Je n’avais pas ça comme priorité dans ma tête et dans ma vie. Vu le carnage médiatique autour de cette cession avortée, nous avons travaillé en toute discrétion, au départ.

Il y a deux mois, vous vous êtes présenté aux côtés de Marc Baget et Flip van der Merwe dans ce projet de reprise, mais Arnaud Dubois était donc là depuis le début…

Arnaud, je le connais depuis longtemps. On a joué ensemble sur des compétitions de France Classic. L’an dernier, il m’avait contacté pour prendre la dimension du Pays basque. Je l’ai reçu, il m’a raconté son projet avec Romain Détré. Je l’ai rappelé, j’ai confiance en lui. Il a beaucoup œuvré dans le monde du rugby. On a eu une réflexion en commun. Arnaud était obligé de rester un peu en retrait avec l’histoire de la non-vente de l’an passé, pour éviter tout conflit. Pour que l’on puisse arriver au bout, il fallait qu’il soit plus discret.

Quels sont vos liens avec les autres personnes ?

Marc, c’est quelqu’un en qui j’ai une énorme confiance, un respect. On a partagé la même chambre au sport étude rugby de Cassin, où M. Perez nous a donné son amour du rugby. On a fait les sélections jeunes ensemble, j’ai joué à ses côtés en troisième ligne, avant de passer au centre. On a joué avec la grande équipe du BO, avant de partir à Bayonne. Marc a vraiment la tête sur les épaules, c’est un chef d’entreprise, une personne de confiance et de sérieux pour mener à bien le projet. Marc va m’accompagner dans les relations avec l’association, la formation. Il sera aussi sur le développement d’un club business/partenaires. Flip, on ne peut que saluer le joueur qu’il a été à un poste très difficile. Il a fait de hautes études. Aujourd’hui, il est dans le conseil en stratégie et développement des entreprises. C’est ce qui nous faut dans une entreprise un peu malade comme le BO. Il nous a aidé dans l’audit du club. Une fois que ce sera bien calé, il partira sur l’imagination et l’aide au développement des infrastructures. Je connais Christophe Cariou-Martin depuis des années. Il a une expertise juridique. On fait partie de la Peña des Archiball. Il m’accompagne, aussi, sur mon procès avec l’histoire de Federico Martin Aramburu. J’ai une grande confiance en lui. Enfin, Arnaud Dubois, sera la tête du club. Il va prendre les décisions pour m’aider à garder un budget à la hauteur de ce qu’on peut mettre. C’est le garde-fou, le gardien du temple. Il sait comment marche un club, c’est la pièce principale pour le BOPB.

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Y a-t-il eu une part de bluff, lorsque vous vous êtes lancé dans ce projet, par rapport aux soutiens financiers derrière vous ?

Les engagements et les garanties financières ont évolué les deux derniers mois. Au départ, on avait bien conscience des garanties demandées. On a été chercher des gens qui pouvaient nous accompagner et nous aider avec ces garanties-là. Ça a été plus difficile que ce que l’on pensait. On a dû aussi, de notre côté, évoluer sur notre projet avec des partenaires en capacité de mettre exactement ce que l’A2R demandait, afin de pouvoir continuer en Pro D2 l’année prochaine.

Les partenaires d’il y a deux mois, sont différents de ceux évoqués aujourd’hui ?

Ce ne sont pas les mêmes. Horizon 7 reste un partenaire sur la régie commerciale. Avec la réalité des garanties demandées par l’A2R, on a dû évoluer de notre côté. Une garantie à première demande (GAPD), ce n’est pas une chose simple à mettre en place pour tout le monde. Ça nécessite d’avoir de l’argent bloqué. On a dû évoluer sur le projet. En regardant celui amené par Otium, il y a eu une cohérence, car il faudra que le plateau d’Aguiléra évolue.

Comment avez-vous vécu les deux derniers mois, forcément agités ?

C’était un exercice nouveau pour moi. J’avais laissé un peu de distance, ces dernières années, par rapport au tapage médiatique sur le BO. Ça m’attristait qu’on parle d’autres choses que du sportif. Ça a continué sur les deux derniers mois. C’est difficile. On donne beaucoup de nous-mêmes, de notre temps, travail, énergie. On voudrait que ça marche. De temps en temps, des articles n’ont pas forcément fait avancer les choses. Ils ont mis du doute dans la tête des gens, mais je le comprends, je l’accepte. Aujourd’hui, à force de travail et d’échanges avec des gens intelligents, nous avons trouvé des solutions qui permettent au Biarritz olympique de continuer.

Pourquoi ce dossier a-t-il autant traîné face à l’A2R ?

On a eu plusieurs échanges avec l’A2R. Déjà, il fallait comprendre ce qu’ils demandaient. Il fallait aussi montrer un atterrissage par rapport à la fin de saison, qu’on monte un budget pour les saisons à venir. On doit d’ailleurs le valider prochainement, mais sur le principe, on est en accord avec les personnes en charge du BO.

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Il y a beaucoup de monde autour de la table au Biarritz olympique. Comment se sont passées les discussions ?

Avant d’avoir le club, on ne pouvait pas communiquer. On a écouté les personnes bienveillantes, qui voudraient le bien du BO, à partir du moment où on a été propriétaire. Sur le projet initial, la régie commerciale était la garantie, mais ce n’était pas suffisant par rapport à ce que demandait l’A2R. On a dû écouter d’autres partenaires potentiels. Parmi les différents groupes, le plus sérieux, pour le futur du BO avec un développement de ses infrastructures, c’était celui apporté par la mairie, à savoir, Otium.

Aviez-vous d’autres solutions qu’Otium ?

On avait d’autres possibilités, mais pour pouvoir passer sereinement l’A2R, on a dû faire des choix, lesquels nous permettent de travailler sereinement pour le futur.

Avez-vous échangé avec M. Stérin sur la raison de son intérêt ?

Non, j’ai échangé avec des personnes de son groupe, qui ont réfléchi sur le projet. Comme l’a dit Pierre Fraidenraich, M. Stérin veut accompagner un club et développer les infrastructures.

Que faudra-t-il faire pour que tout le monde s’entende et qu’une guerre d’ego n’éclate pas ?

On essaye de repartir sur les bases de ce que fait un club de rugby : se retrouver autour d’une passion. Ensuite, on veut renforcer les bases saines du club, administrativement, commercialement, sportivement… Si jamais on arrive à tenir le budget que l’on s’est fixé, on pourra partir en laissant le club mieux qu’il ne l’a été lorsqu’on l’a pris.

L’arrivée de Pierre Edouard Stérin a fait beaucoup parler. Avez-vous compris tout ce bruit ?

J’ai pris le temps de regarder qui était M. Sterin. Il a un vrai côté entrepreneurial et une réussite qui fait qu’il pourra nous amener son expérience, son expertise sur pas mal de domaines. Pour le bien du BO, il y avait des compromis à faire. Un compromis avec une personne qui peut nous apporter une vision pour le long terme me semble logique. Le club n’appartient à personne. Nous sommes juste là pour l’aider. Quand on a pensé à ce projet, avec mes collègues, on s’est dit que le club était plus grand que qui que ce soit et si jamais il faut qu’à un moment donné, le club parte sur d’autres mains plus solides que ce que nous avons apporté, ce sera avec plaisir, tant que le Biarritz olympique peut perdurer.

Le BO est-il, aujourd’hui, un produit bankable ?

Le BO et la ville de Biarritz font beaucoup parler. C’est une force, pour nous, les supporters, la ville et les commerçants. C’est une image qui reste très positive, avec une manière de vivre et un état d’esprit que nombreux nous envient. S’associer avec la ville de Biarritz est une vraie opportunité pour des sponsors nationaux et internationaux. Je tiens à préciser que les partenaires locaux restent, pour nous, primordiaux. Sans eux, le BO n’aurait plus été là depuis longtemps. C’est à nous de chercher de nouveaux partenaires, garder les actuels, et peut-être, récupérer ceux qui sont partis.

Que pouvez-vous nous dire sur votre projet à 8 ans ?

On se donne trois ans pour rendre le club le plus sain possible avec une économie durable en Pro D2. À partir du moment où les infrastructures seront terminées, entre trois et cinq ans, on pourra se projeter sur une montée. Ce serait trop présomptueux d’y aller avant d’avoir des infrastructures nous permettant d’aller chercher une économie nouvelle.

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Vous avez renoué le contact avec l’Aviron bayonnais. Dans quel but ?

Je félicite Bayonne pour la manière avec laquelle ils ont pris le virage au travers des infrastructures et animations. Les dirigeants, que je connais depuis des années, ont vraiment réussi à l’amener en Top 14. Ils peuvent le faire perdurer pour des années. Bravo pour ce qu’ils font. Les relations sont saines, il n’y a aucune animosité, au contraire. On s’apprécie et on se respecte.

Pourquoi avez-vous choisi James Coughlan et Boris Bouhraoua, comme patrons du secteur sportif ?

On a rencontré assez rapidement James. Son expérience, au niveau des responsabilités qu’il a eues dans les différents clubs, nous a plu. Il va nous amener une expertise anglo-saxonne, avec ce qu’il a connu au Munster. Boris, ça a été un choix approuvé par tous. Il a accompagné le Stade français pendant des années. Il se sent de prendre les rênes d’un club, on est très heureux de l’accueillir.

Où en êtes-vous du recrutement ?

Faasalele a signé. Le BO reste attractif et séduit, malgré des résultats compliqués l’an dernier, même pour des grands noms du rugby.

À quoi ressemblent vos journées, aujourd’hui ?

Elles sont pleines, complètes. Je donne beaucoup de temps pour le BO. C’est un navire qu’on doit remettre à flot. On a envie de bien le faire. Esprit Basque, ma société, continue. Mon équipe est en place, elle travaille fort et m’accompagne sur ce choix qui n’est pas forcément facile pour tout le monde. C’est un choix personnel et les gens qui sont autour de moi peuvent, de temps en temps, le subir.

Êtes-vous aussi parti dans cette aventure pour rendre hommage à votre ami, Federico Martin Aramburu ?

Federico fait partie de moi. On a eu une histoire magnifique pendant dix ans d’un point de vue amical et professionnel. Je ne peux pas parler pour lui, puisqu’il n’est plus là, mais dans mon for intérieur, je suis persuadé qu’il aurait été à mes côtés pour pouvoir aider le Biarritz olympique.

Y a-t-il un moment où vous avez regretté de vous lancer là-dedans ?

Non, je suis persuadé que ce sera une belle histoire. C’est très formateur. Si jamais vous voulez un apprentissage accéléré, achetez un club. Il ne faut jamais regretter ces choix. Tout seul, je n’aurais pas pu y arriver. Grâce à mes compères, on a réussi à créer une histoire. À nous de la rendre belle, en espérant que les Biarrots nous suivent, nous accompagnent et encouragent le club.

On imagine qu’il y a beaucoup de soulagement, depuis hier. Quel est le message vous ayant fait le plus plaisir ?

99 % des messages reçus ont été plus que positifs. Ça montre à quel point les gens sont amoureux du BO. Ils veulent le bien du BO. J’ai reçu mille fois du rouge et blanc avec Aupa BO. Rien que ça, c’est beau. Comme une célèbre chanson le dit, mais non, mais non, le BO n’est pas mort, car il chante encore.

https://www.rugbyrama.fr/2024/06/13/pro-d2-shaun-hegarty-biarritz-se-livre-en-exclusivite-biarritz-est-un-navire-quon-doit-remettre-a-flot-12012574.php

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