« C’est une victoire douloureuse. Les pierres qui nous sont tombées sur la tête nous ont fait mal, mais le mépris, c’est pire que tout. Il va falloir maintenant du temps pour nous reconstruire. » Sophie Tarbouriech ne cache pas sa joie de voir enfin débuter la déconstruction de travaux lancés illégalement à côté de chez elle, à Prémian, au nord de Béziers, dans son hameau de Coumeilho.
Depuis neuf ans, cette habitante se bat avec des voisins soutenus par un collectif de riverains contre la surévaluation à 11 mètres de hauteur d’une bâtisse à proximité. Une construction jugée illégale en 2017 par le tribunal administratif. Il aura fallu aller jusqu’à l’occupation de la mairie de Prémian au début de l’année pour que la démolition soit réalisée. Sept ans se seront écoulés depuis ce jugement.
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« Difficile d’enterrer la hache de guerre après neuf ans de conflit de voisinage »
“Rien n’avait encore bougé le 10 mars dernier » explique Sophie Tarbouriech. « Nous avons envisagé une nouvelle mobilisation, nous avons alerté la préfecture la gendarmerie que nous avions l’intention de bloquer les routes. Comme par hasard, les travaux ont commencé le 22 mars. Dans ce dossier, ce n’est pas la justice qui a traîné. En 2015 nous avons attaqué au tribunal administratif. En 2017 le jugement était favorable avec une annulation du permis de construire. C’était plié. Il y a eu ensuite le pénal avec là aussi un jugement en notre faveur. Il y a de grandes zones d’ombre dans ce dossier que nous mettrons au grand jour quand ce sera le moment. »
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« Non, l’affaire de Coumeilho n’est pas une affaire de conflit de voisinage »
« On espère que notre situation servira de jurisprudence et je souhaite à personne de passer par là où nous sommes passés. Nous nous n’avons pas été entendus par la mairie dès 2015 et il aura fallu l’intervention des deux députés de la circonscription (la 5e). D’abord Philippe Huppé (La République en marche) et ensuite Stéphanie Galzy (Rassemblement national). Ils nous ont entendus et on agit. Leur intervention a permis d’avancer. »
« C’est grave d’avoir laissé construire illégalement »
« Vous savez, les gens sont surpris de voir que les travaux de démolition ont lieu aujourd’hui. Ils pensaient que notre combat n’aboutirait jamais. On vit où ? En république bananière ? On a un chantier illégal sous nos avec des risques d’éboulement connus. Et rien ne bouge. On a pris des coups, on s’est défendu. On nous a tiré dessus à boulet rouge. »
« Vous avons occupé la Maison du Peuple car elle avait une part de responsabilité »
« Nous avons suivi le protocole légal en prenant un avocat, en déposant des référés. La mairie, les services de l’État ne nous ont pas aidés au départ. Avec un peu de recul, j’aurais dû aller me coucher directement à la mairie dès le premier jour. Enfin, je tiens à préciser que nous avons eu aussi le soutien de certains maires de la communauté de communes et des élus du conseil municipal de Prémian. Ca fait chaud au cœur. *Le coût de la démolition a été négocié à 140.000 euros. Nous restons perplexes sachant que devant le tribunal, le propriétaire s’est déclaré impécunieux avec une retraite de 700 euros par mois. Y aurait-il des garanties bancaires venant de l’au-delà !? »
Aujourd’hui une partie des rues du hameau de Coumeilho est bloquée. Les travaux de démolition sont partis pour durer plusieurs semaines.
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