Douze communes sont proches d’une pénurie d’eau potable, essentiellement dans l’ouest de l’Hérault en raison d’un assèchement des nappes. La situation ne va pas s’arranger d’ici cet été, loin de là. La situation est inquiétante. Des spécialistes assurent qu’une centaine de communes pourraient avoir des problèmes d’approvisionnement en eau d’ici l’été dans l’Hérault.
“La situation héraultaise est proche de celle des Pyrénées-Orientales” a rappelé le préfet de l’Hérault, venu présenter mercredi un plan d’urgence au domaine de Bayssan, près de Béziers. « En 2050, le climat de Montpellier sera de celui de Séville en Espagne. »
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Des niveaux d’eau historiquement bas
À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, 300 personnes dont de nombreux élus et acteurs de l’eau ont participé à des tables rondes sur la gestion et la préservation des ressources. Des échanges organisés notamment par l’État, le Conseil départemental ou l’Association des maires de France, en présence de professionnels. « Autant de participants, démontre l’intérêt et l’inquiétude par rapport à l’eau dans le département » selon Claudine Vassas-Mejri, vice-présidente au Département de l’Hérault.
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Les précipitations de ces derniers mois sont loin d’être suffisantes. La recharge hivernale des nappes phréatiques atteint péniblement les 40%, ce qui laisse présager le pire dans des espaces déjà très impactés comme l’ouest héraultais et la saison estivale s’annonce compliquée, à martelé le préfet de l’Hérault : « C’est la première fois que le département a maintenu en hiver un arrêté de restriction d’eau »
François-Xavier Lauch, a rappelé combien il était important dans les prochaines semaines d’avoir une gestion de l’eau rigoureuse et attentive**. Il attend des efforts de l’ensemble des consommateurs. « La situation dans l’Hérault n’est pas très loin de celle des Pyrénées-Orientales. On est tous sur l’arc méditerranéen. »
Dans son plan d’urgence, le représentant de l’État veut d’abord sensibiliser la population « en consommant de manière différente, en mettant en place des limiteurs d’eau, couper les robinets, installer des récupérateurs de pluie, prendre une douche plutôt qu’un bain, ne pas laver les voitures lorsque des arrêtés préfectoraux sont pris, limiter le remplissage des piscines. Des gestes de bon sens » à rappelé le préfet de l’Hérault, qui compte sur son plan d’Alerte Cons’Eau34, un outil en ligne délivrant les conseils.
Le mauvais entretien des réseaux pointé du doigt
Pas question par ailleurs d’accorder de bons et de mauvais points, mais le préfet a pointé du doigt des réseaux d’eau vieillissants dans le département, avec 30 à 40 ans de retard par endroits. “Il existe des finances, des millions d’euros qui ne sont pas dépensés et ils ne sont pas utilisés ni demandés par les collectivités ». Ce qui permettrait de limiter les fuites d’eau des réseaux, rechercher de nouvelles sources.
Pas assez d’investissement
Le transfert obligatoire des compétences « eau » et « assainissement » aux communautés de communes est prévu au 1er janvier 2026. Trop de communes gèrent seules la gestion de l’eau. « Il faut aimer vivre dangereusement pour ne pas investir » déplore le préfet qui incite les collectivités à mutualiser leurs compétences et leurs moyens.
Un plan d’urgence a été mis en place afin de réagir au plus vite en cas d’absence d’eau potable au robinet. Des situations vécues l’an passé et qui pourraient se reproduire : mise à disposition de camions citernes, d’eau en bouteilles, recherche de nouvelles sources avec le soutien d’ingénierie, comme à Cruzy, Cessenon-sur-Orb, Riols ou Courniou.
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“C’est maintenant qu’il faut économiser de l’eau. 95 % de l’eau potable vient des nappes phréatiques”
Enfin le préfet a rappelé qu’il n’était pas contre les retenues d’eau. Il soutient d’ailleurs Kléber Mesquida dans cette démarche. « Je salue l’initiative du président du Conseil départemental. Nous avons recensé six projets de retenues d’eau dans le département à des fins agricoles. Il ne faut rien s’interdire« .
Quant aux élus qui ont manifesté une inquiétude ces derniers temps par rapport aux difficultés à faire émerger des dossiers auprès de l’Agence de l’Eau, François-Xavier Lauch a rappelé la nécessité d’étudier et d’accélérer les démarches administratives. Un message rassurant qui n’a pas laissé insensible de nombreux élus
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