L’Office Français de la Biodiversité de l’Hérault vient de faire une importante découverte dans les garrigues de Villeneuve les Maguelone : une cinquantaine de pieds de Romulée de Colonna. C’est une toute petite fleur jaune et violette qui mesure seulement un centimètre de diamètre qui se trouve au ras du sol mais c’est une espèce protégée et rare. Elle contribue à la richesses du patrimoine des garrigues de l’Hérault. C’est aussi une richesse pour tout l’écosystème car elle fleurit en février à une période où il y a peu de fleurs, elle donne donc de quoi se nourrir à de nombreux insectes.
Laurent Retière, inspecteur de l’environnement à l’OFB
FBH : À quoi ressemble ressemble cette fleur ?
LR : La Romulée de Colonna est une petite fleur bulbeuse et qui vit pour l’essentiel sous terre. Elle ressemble vaguement, à un crocus, de un centimètre de diamètre, de couleur blanche légèrement violacé avec le cœur qui est jaune. Donc c’est une plante relativement rare puisqu’il y a à peu près entre six et dix communes sur lesquelles elle est présente sur le Languedoc-Roussillon. Elle est particulièrement difficile à observer parce qu’on ne la voit que en période de floraison et qui s’étale de fin février à peu près à fin mars environ.
FBH : C’est une découverte importante pour vous, parce que justement, elle est difficile à observer ?
LR : C’est une plante qui est effectivement difficile à observer. De fait, on la connaît relativement mal et c’est surtout la taille de la population qui a été trouvée qui est assez importante. D’habitude, on ne trouve en général que quelques pieds. Là, on a vraiment plusieurs dizaines de pieds. Donc c’est une population intéressante parce que derrière ça, on se retrouve avec un noyau important et qui potentiellement peut disséminer plus largement autour.
FBH : Ça veut dire qu’aujourd’hui vous allez la protéger à cet endroit là ?
LR : Cette plante a été déjà immédiatement signalée au Conservatoire national botanique, qui s’occupe de gérer l’inventaire de la flore au niveau national. La présence de cette plante là va être enregistrée dans les banques de données sur le suivi des espèces menacées et donc à ce titre là, l’endroit où elle se situe va être préservé de potentielles destruction parce qu’on est vraiment sur des zones périurbaines qui sont potentiellement menacées par l’urbanisation.
FBH : Et pourtant c’est une parcelle privée, Vous allez pouvoir interdire une construction dessus ?
LR : Oui. La personne qui qui est propriétaire de ce terrain, a été immédiatement informée de la présence de ces plantes et elle est tout à fait conscience du patrimoine qu’elle a, qu’elle possède sur son terrain. Elle n’a pas prévu de faire de travaux dessus pour s’en débarrasser.
FBH : Pourquoi cette fleur est-elle si importante pour l’écosystème, pour la biodiversité ?
LR : Cette petite plante si discrète joue le rôle de plante nourricière, notamment pour les insectes pollinisateurs qui vivent aussi bien au sol que dans les airs pendant une période où peu de plantes sont en floraison en cette fin d’hiver. Cette plante va contribuer à maintenir et à alimenter des insectes qui sont essentiels pour d’autres animaux plus gros qui vont eux même se nourrir de ces animaux là. C’est une petite plante qui , parce qu’elle est toute petite, nous paraît entre « inutiles ». Et pourtant elle contribue à nourrir et elle est un petit élément important dans les chaînes trophiques qui existent dans ces garrigues montpelliéraine. C’est aussi ce qui en fait la richesse de cette garrigue parce qu’on a vraiment beaucoup de plantes rares, beaucoup de reptiles rares, et l’ensemble de cet écosystème plantes, insectes, reptiles, oiseaux, tout ça contribue à la richesse des garrigues montpelliéraine.
FBH : A l’heure où on parle beaucoup d’extinction d’espèces, c’est une bonne nouvelle quand même, ça donne un peu d’espoir ?
LR : Oui, bien sûr. On se rend compte qu’on a encore beaucoup de choses à découvrir, notamment dans notre département. On a une richesse botanique en particulier extrêmement élevée dans ce département. Et c’est aussi encourageant parce que finalement, en connaissant davantage les espèces qui sont présentes sur notre territoire, on est en capacité de mieux préserver et protéger nos écosystèmes, donc aussi riches sur notre département.
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