Des écoles privées aux pratiques douteuses, il y en a de plus en plus. À Mauguio, des étudiants de l’école de cinéma Travelling pointent du doigt des promesses non-tenues par la direction. L’établissement privé, ouvert depuis 2017, est habilité à délivrer un titre RNCP (niveau bac +2) pour la section montage. Mais certains élèves dénoncent la gestion de l’école. Des cours inexistants ou encore des grands noms du cinéma, nommés comme parrains et marraines qui ne viennent jamais à la rencontre des étudiants.
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Le manque de cours
Parmi les problèmes que dénoncent les étudiants, le manque de cours durant leur cursus. Marie* est en 3ᵉ année en spécialisation script : « j’ai payé 7.500 euros la promesse d’une année de script pour finalement n’avoir que huit jours de cours », regrette-t-elle. « En troisième année, nous avons deux mois de cours, puis la préparation de projets et enfin, trois mois de tournage. Mais quand certains sont en tournage, d’autres ne font rien. J’ai payé mon mois de février plus de 700 euros, et je n’ai pas mis les pieds à l’école ».
Le directeur de l’école Laurent Mesguish se défend. Pour lui, il n’y a pas de cours lors des sessions de tournage pour laisser les élèves faire plusieurs projets : « On part du principe que cela fait partie de l’enseignement. Les élèves doivent faire au moins trois films, s’ils n’en font qu’un, c’est insuffisant. Mais on ne peut pas forcer les élèves, s’ils ne le font pas, ce sera dommage pour eux, parce qu’ils manqueront d’expérience. »
D’anciennes élèves comme Lucie*, en section maquillage en 2019, déplore aussi un manque de matériel. « On devait se débrouiller avec peu de chose, une palette de fard pour toute la classe, quelques pinceaux. Ma prof a même payé de sa poche pour nous aider dans nos projets ». Cette ancienne professeure, aujourd’hui à la retraite, assure avoir été remboursée. « j’ai tout de même avancé près de 3 000 euros avant d’avoir un remboursement. J’ai adoré travailler avec mes élèves, mais il y avait un manque criant de matériel ». Parfois, il est même défectueux, explique une autre étudiante. « Nous avons à notre disposition des camions pour transporter nos caméras, etc. Tout n’est pas aux normes. Il manque des ceintures de sécurité, il y a même des portières qui ferment mal. Sur l’autoroute, on a eu peur plusieurs fois ».
Le diplôme
L’établissement est habilité à délivrer un titre RNCP (niveau bac +2) du ministère du Travail pour la section Monteur audiovisuel. Cette année, ils ont lancé un dossier pour pouvoir avoir leur propre certificat équivalent à un bac+3, mais selon des élèves, ils n’ont pas été mis au courant. Ils se retrouvent pour le moment sans diplôme à la fin de leurs études. « Si on ne veut pas passer la section montage, car ce n’est pas notre branche, on n’a pas de reconnaissance par l’État de nos années d’étude » explique une étudiante.
Isabelle Raynaud, en charge du dossier RNCP à l’école Travelling, explique. L’école est en pleine procédure pour obtenir le certificat. « Ce dossier va être déposé auprès de France Compétence au printemps. On espère avoir la réponse début 2025. Il y a une rétroactivité sur les promotions antérieures. On peut remonter jusqu’à quatre ou cinq ans ». La direction assure aussi que plus de 80 % des étudiants trouvent un travail dans le cinéma après leurs études.
*Les noms des étudiants ont été changés
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