L’étendue des précipitations, la saturation des cours d’eau, « l’effet de surprise » à cette période de l’année… Pour toutes ces raisons, la dépression Monica a entraîné un nombre de drames sans précédent dans le Gard depuis 2014, samedi 9 et dimanche 10 mars.
« Il faut remonter dix ans en arrière pour retrouver un événement de cette ampleur dans le département », commente le secrétaire général de la Préfecture du Gard Frédéric Loiseau en conférence de presse, ce dimanche 10 mars, en référence à la dépression Monica qui a frappé les Cévennes ces deux derniers jours.
Six personnes, dont deux enfants âgés de 4 et 13 ans, sont encore portées disparues ce matin, après avoir été emportées dans leur véhicule par les crues du Gardon, de la Ganière et de l’Aiguillon.
Au-delà de ces drames, de nombreux incidents de moindre gravité sont survenus : 250 pompiers ont été mobilisés pour un total de 176 interventions dans le département. Avec des sauveteurs aquatiques, des drones, des équipes cynophiles (canines, ndlr), quatre hélicoptères de la sécurité civile et de la gendarmerie, précise la préfecture.
L’ampleur des dégâts constatés ce matin s’explique de différentes manières. Presque 200 mm d’eau sont tombés en 24h sur les Cévennes. « C’était ce qui était prévu », commente Guillaume Ferry de Predict Météo France. Importantes, ces précipitations ne justifiaient néanmoins pas plus qu’un passage en vigilance jaune.
Sauf que les cours d’eau étaient déjà saturés en raison des pluies du week-end dernier. Ce qui explique en partie l’importance des crues, poursuit le météorologue, qui prévient : « L’eau continue de monter, même une fois le ciel dégagé ».
L’aval des cours d’eau cévenols est effectivement en train de gonfler. La Cèze connaît actuellement une crue de presque 7 mètres, avec un pic prévu dans l’après-midi. Ce qui devrait, à terme, se répercuter sur les eaux du Rhône.
« Il suffit de 20 cm d’eau pour perdre le contrôle de son véhicule », alerte ce matin le secrétaire général de la préfecture, qui enjoint la population à la prudence sur les routes ce dimanche.
« Il y a pu aussi avoir un effet surprise », poursuit Guillaume Ferry de Predict Météo France. Habituellement plus concentrées sur certaines zones des Cévennes, les précipitations ont cette fois-ci touché l’ensemble du département du Gard.
Et ce, à une période de l’année assez inhabituelle : les épisodes Cévenols surviennent généralement plutôt à l’automne, période où les cours d’eau sont asséchés par l’été. Et les habitants parfois plus conscients des risques.
