Ils ont squatté l’ancienne auberge de jeunesse municipale de Montpellier. Des membres du collectif « Robin des Toits », qui vient en aide aux sans-abris, ont pénétré ce samedi 2 mars 2024 dans l’enceinte de ce vieux bâtiment situé rue des écoles laïques, près de l’arrêt de tram Louis Blanc. L’auberge est à l’abandon depuis plus de six ans.
Ce samedi midi, une cantine populaire était organisée par le collectif et par Aésaé (Association pour l’Égalité Sociale, l’Autogestion et l’Entraide), juste devant l’auberge. De la soupe, de la quiche et des lentilles étaient disposées sur une table devant cette immense bâtisse du centre-ville de Montpellier. De quoi beaucoup aider Vermine (c’est un surnom), qui dort dans cette rue depuis quatre ans et découvre l’existence de ce lieu : « je fais la manche tous les jours ici, et je n’étais même pas au courant qu’il y avait ce grand bâtiment municipal vide, qui pourrait servir de logement d’urgence. »
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À l’abandon depuis plus de six ans
Cette auberge de jeunesse est à l’abandon depuis au moins six ans, alors que les centres d’accueil d’urgence sont, eux, surchargés. C’est ce que regrette Cécile Casagrande, du collectif « Robin des Toits » de Montpellier : « on sait que c’est complètement catastrophique. Malheureusement, je pense que la situation qu’on vit à Montpellier est assez banale. C*’est une question de vie ou de mort quand on est dans la rue. Les sans-abris ont en moyenne 40 ans d’espérance de vie en moins. »*
La ville de Montpellier compte transformer cette auberge soit en lieu d’accueil pour les sans-abris, soit en logements HLM. Mais il faudra du temps, explique Michel Calvo, élu en charge du logement : « elle rouvrira après d’importants travaux, explique-t-il. Elle est dans un état très dégradé. Il y a des parties du bâtiment qui sont extrêmement dangereuses. C’est une opération qui mobilisera plusieurs millions d’euros, peut-être cinq ou six. » Un coût qui sera réparti entre la Ville et l’État.
Quarante à cinquante logements potentiels
Aucun délai n’a été donné pour le moment concernant la réouverture. Quarante à cinquante logements pourraient voir le jour si l’auberge est remise en état, d’après Michel Calvo. Une réunion est prévue ce lundi à 16h45 entre la mairie et les membres du collectif, mais « Robin des Toits » appelle à un rassemblement dès 16h30 devant l’hôtel de ville. D’ici là, les membres du collectif comptent rester toute la journée de dimanche devant l’auberge.
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