6 nations 2024 – En chiffres : pourquoi la défense du XV de France ne fait plus peur, comment la touche a sombré…

Point fort des premières années « Galthié », la défense du XV de France fut en souffrance face à l’Irlande, manquant clairement d’intensité et encaissant cinq essais. Le résultat est sans appel et fait tomber plusieurs records. (statistiques officielles Tournoi des 6 nations)

5 essais français encaissés – La défense française aux abois

Le XV de France avait construit les succès des premières années « Galthié » sur sa capacité à harceler l’adversaire en le pressant très fort défensivement, pour le pousser à la faute et le contrer avec ses fortes individualités. C’est l’ADN de son entraîneur de la défense Shaun Edwards, sa méthode qui l’avait couronné meilleur spécialiste du secteur et quatre fois vainqueur du Tournoi des 6 nations (trois grands chelems) avec le pays de Galles.

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Depuis plusieurs mois, les Bleus ne retrouvent plus cette « vitesse de ligne » souvent assimilée à de l’agressivité. Ce fut flagrant face à l’Irlande qui a pu jouer à sa main, sans jamais se sentir prise à la gorge. Résultat : cinq essais encaissés, qui s’ajoutent aux quatre déjà subis lors de du dernier match du XV de France, le quart de finale de Coupe du monde perdu face à l’Afrique du Sud. Neuf essais encaissés en deux matchs, c’est évidemment (beaucoup) trop. Toujours concernant Shaun Edwards et pour ce seul match face à l’Irlande, c’est seulement la quatrième fois en 82 matchs de Tournoi des 6 nations qu’il voit « sa » défense concéder plus de trois essais. Voilà un défi de taille pour le technicien anglais.

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88,1 % de plaquages réussis, mais en reculant…

Les Bleus ont semblé apathiques, sans vitesse et défendant constamment sur les talons. Statistiquement, leur taux de réussite au plaquage est pourtant correct : 88,1 % (148 sur 168) de réussite dans l’exercice. Une donnée chiffrée à mettre en perspective avec d’autres : 5 essais encaissés, 388,8 mètres gagnés, 6 franchissements et 20 défenseurs battus par l’Irlande. De quoi pondérer nettement l’enthousiasme. En clair: si plaquer n’est pas toujours gagner, plaquer en reculant est souvent perdant…

7 ballons contestés ou perdus – La touche chahutée, le jeu impacté

On dit souvent que les lancements après touche sont les meilleurs à jouer, pour ce qu’ils laissent d’espace à exploiter par la ligne d’attaque (toute la largeur du terrain) avec la moitié des joueurs fixés d’un côté du terrain. A ce jeu, la France a perdu gros en voyant son alignement consédirablement perturbé par les sauteurs irlandais. Au total, quatre ballons abandonnés à l’adversaire (sur dix-huit lancers) mais aussi trois autres contestés et considérablement « pourris » par les joueurs du trèfle, rendant leur exploitation immédiate impossible. Le ration final est très faible (61%, 11 sur 18), ce qui a considérablement plombé les possibilités offensives tricolores.

Comment en est-on arrivé là? La clé se trouve sûrement dans la composition d’équipe. En choisissant d’alourdir leur paquet d’avants au nom de « l’intensité combattue », Fabien Galthié et son staff ont privilégié Paul Gabrillagues à Cameron Woki, en deuxième ligne, laissant Charles Ollivon en seul « pur sauteur ». Isolé, le Toulonnais a clairement été visé par les Irlandais qui avaient ciblé cette faille et choisi de sauter au contre défensif sur la quasi-totalité des lancers français. Grand bien leur en a pris. Grand mal ils nous ont fait, d’autant que le coaching français a tardé à réparer la fuite : préférant encore renforcer encore les zones de combat suite à l’exclusion de Paul Willemse, Galthié a lancé Posolo Tuilagi tôt dans le match (54e) et Cameron Woki seulement dans un second temps (64e). Le mal était fait.

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35 minutes et 17 secondes – Un temps de jeu effectif assez faible

Cette lourde défaite face à l’Irlande (38-17) est la deuxième de rang. L’an dernier, les Bleus s’étaient inclinés à Dublin 32-19. Un score qui ne disait déjà pas tout de l’impression de domination du XV du trèfle. Une statistique avait alors marqué les esprits : 46 minutes et 15 secondes de temps de jeu en 2023 et majoritairement à l’avantage des Irlandais, ce qui leur avait permis d’entrer huit fois dans l’en-but français (mais seulement quatre essais accordés).

Cette fois, l’intensité fut nettement moindre: cette année, 35 minutes et 17 secondes « seulement » de temps de jeu effectif. Un chiffre assez médian au niveau international mais qui n’a pas empêché une issue similaire. La sensation d’écart entre les deux équipes est également similaire.

21 points d’écart – Plusieurs tristes records sont tombés

Depuis sa prise de fonctions de sélectionneur en 2020, jamais Fabien Galthié n’avait concédé autant de points (38) et un tel écart (21). Jamais, depuis 1914, la France n’avait subi 21 points d’écart au moins à domicile, dans le Tournoi*. Jamais l’Irlande n’avait inscrit 38 points contre la France. Tous ces tristes records sont tombés ce vendredi, à Marseille.

2e défaite consécutive, une rareté dans l’ère Galthié

C’est seulement la deuxième fois depuis quatre ans que la France concède deux défaites consécutives. La première fois, c’était en 2021, lorsque la France avait chuté en clôture du Tournoi face à l’Ecosse (23-27, match décalé en raison de la crise Covid) avant de débuter sa tournée estivale en Australie par une autre défaite (23-21). Des matchs perdus sur des scores serrés, toutefois. Trois défaites consécutives? Galthié ne l’a jamais connu, en Bleu. De quoi faire encore monter la pression avant le match à venir, en Ecosse.

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https://www.rugbyrama.fr/2024/02/04/6-nations-2024-en-chiffres-pourquoi-la-defense-du-xv-de-france-ne-fait-plus-peur-11741807.php

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