Les viticulteurs et la confédération paysanne se sont donnés rendez-vous le 23 décembre pour une opération « caddies gratuits » dans deux hypermarchés de la ville. En pleine période des préparatifs de fête, l’occasion a été bonne de toucher et de se faire entendre en distribuant des tracts auprès des clients. Une cinquantaine de manifestants sont rentrés à l’insu des services de sécurité pour forcer les passages des clients dans les files d’attente en caisse. À Auchan, des employés et le service de sécurité du magasin ont fait face à des agriculteurs et viticulteurs en colère. “La stigmatisation du vin entraîne une baisse du volume vendu de 20%. La concurrence étrangère déloyale dans les grandes surfaces prête à confusion. Nos charges d’exploitation ont augmenté de plus de 30% et nos revenus baissent de 20%. Les normes environnementales sont de plus en plus exigeantes et, nous n’avons pas de contrepartie financière. Notre région perdra bientôt son identité viticole et agricole. C’est la principale ressource économique de l’Hérault“. La police est rapidement intervenue, à Auchan quelques réactions vindicatives ont imposé l’utilisation du gaz lacrymogène. Une plainte a été déposée. Le préfet François-Xavier Lauch a communiqué le jour même “si je comprends la détresse vécue par les viticulteurs héraultais, agriculteurs avec lesquels j’ai pu échanger à plusieurs reprises, je condamne les modalités de cette action que je qualifie d’inacceptable. Je rappelle le soutien marqué de l’Etat dans l’Hérault où tous les filets de sécurité sont activés : assurance récolte, le dégrèvement de TFNB pour 6,3 millions d’€, la distillation pour 11 millions d’€. Le ministre Marc Fesneau s’est engagé à faire progresser le dossier de l’année blanche et l’arrachage différé des vignes“. Une visite du ministre de l’Agriculture est prévue en janvier dans l’Hérault.
KC
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