C’était une soirée entre amis. Une dizaine de personnes, réunies dans un appartement du quartier de la Lironde, à Montpellier. Aux alentours de 23 heures, Mickaël Castanier est assis sur la rambarde du balcon, le corps tourné vers l’intérieur de l’appartement. Il est train de discuter discute quand « une masse d’eau » s’abat soudainement sur lui, jetée des étages du dessus et le déséquilibre : il chute alors du deuxième étage. « C’est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche et je me réveille le lundi, attaché à un lit, intubé, et les infirmiers qui me disent que je suis paraplégique ».
« Choc » et « incompréhension » sont les deux qui lui viennent à l’esprit quand il se remémore ce moment-là. Sa vie bascule littéralement. « Ce n’est pas juste être en fauteuil roulant et ne plus marcher. Il y a d’autres complications : urinaires, intestinales et sociales ». Mickaël était mécanicien en compétition automobile, son « travail passion » mais aujourd’hui, il est derrière un bureau.
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Une première plainte classée sans suite
Après des mois et des mois de rééducation, Mickaël, 29 ans, est en capacité de porter plainte, en février 2020. Une classée sans suite fin 2021 par le parquet de Montpellier, car « si les investigations ont permis de constater la présence d’eau et d’un seau situé sur le balcon d’un étage supérieur, le couple occupant cet appartement a contesté toute projection d’eau aux étages inférieurs » rapporte le procureur de la République, Fabrice Bélargent.
Le magistrat fait valoir que même s’il était « formellement établi que l’eau proviendrait de cet appartement, il serait particulièrement complexe, voir impossible, d’identifier l’auteur des faits puisque deux personnes, contestant toutes deux les faits, étaient présentes dans l’appartement. Il est, en effet, impossible d’imputer les faits de manière non individualisée ».
Un homme en colère
Mickaël a déposé une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, en avril 2022. L’enquête est toujours en cours et il n’a pas encore été entendu. Il a le sentiment que son dossier n’est pas en haut de la pile. « J’ai l’impression d’être oublié. Ça avance sûrement, mais moi, j’attends le résultat. La ou les personnes qui ont fait ça, actuellement, elles ont leur petite vie alors que moi, je galère au quotidien. Plus le temps avance, plus je suis en colère parce que je ne trouve pas ça normal ».
L’avocate qui l’accompagne commence, elle aussi, à s’impatienter. D’une part, selon Me Amélie André-Vialla, au regard des conséquences « extrêmement lourdes pour Mickaël, les choses n’ont pas été prises à la mesure des séquelles qu’il a subies ». D’autre part, Me André-Vialla fait observer que « plus on attend, plus ça parait complexe de réunir des éléments qui sont pourtant fondamentaux dans cette affaire. Et des éléments, il y en a ».
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Quelle idée de s’asseoir en équilibre sur la rambarde d’un balcon déjà.Ça aurait pu être un oiseau, un bruit fort ou n’importe quoi d’autre qui l’aurait déséquilibré comme il dit.C’est de sa responsabilité de prendre un risque pareil.Il peut au moins se réjouir que la sécurité paye pour son délire de s’asseoir