« Je revis, je ne fais plus de cauchemars et je ne suis pas mécontente d’avoir fui mon mari violent » explique Ahlane. Cette Marocaine de 25 ans a perdu son bébé alors qu’elle était enceinte de cinq mois après avoir été battue quasiment quotidiennement. Cette étudiante en pharmacie vivait dans l’Agathois après avoir quitté l’Ukraine. Mais depuis quasiment un an, elle est hébergée dans un appartement d’un foyé dédié à l’accueil de femmes victimes de violences géré par l’Amicale Du Nid (ADN 34).
« Ici, j’ai ma chambre, ma cuisine. Je me sens bien. Je suis bien entourée. Les équipes sont formidables. Le directeur aussi. Je me sens vraiment beaucoup mieux. Je me reconstruis. Cela n’a pas été simple de fuir mon mari avec qui je suis en instance de divorce. C’est quelqu’un de narcissique. Il était violent. J’ai eu du mal à partir mais je ne regrette pas et j’incite vraiment toutes les femmes battues comme moi, à ne pas hésiter à partir. Il ne faut pas avoir peur. Des solutions existent pour être aidées.
loading
Dans l’Hérault en moyenne 2.000 femmes sont violentées chaque année. Et seulement 20% d’entre elles portent plainte. La peur de se trouver à la rue pour les autres, la honte. « Il y a encore beaucoup trop de culpabilité. Il existe pourtant des moyens pour les aider et accompagner les victimes » confie Aline Faucherre, la présidente du Centre d’Information sur les Droits des femmes et des familles (CIDFF).
3919 : le numéro d’appel pour les femmes victimes de violence
L’Amicale du Nid dispose 12 appartements du T2 au T4 en mesure d’accueillir une trentaine de femmes et enfants. La durée moyenne du séjour, l’an passé, était de six mois. Mais les victimes peuvent y rester jusqu’à un an. Pendant leur séjour, elles sont suivies et accompagnées par des professionnels (psychologues, assistances sociales…) pour les aider à se reconstruire, tenter d’oublier et d’avancer avant de retrouver une vie normale, loin de leur bourreau.
Comme partout en France, les demandes d’accueil de femmes victimes de violences ont explosé dans le Biterrois depuis le Covid et le confinement. 50 dossiers ont été refusés en 2022 confie Ilham Igueld, la coordinatrice et assistante sociale à l’Amicale Du Nid. « Il y a toujours des solutions. C’est le message que je veux dire à toutes les victimes. Il ne faut pas avoir peur de partir« .
loading
Le foyer dispose d’un appartement accessible 24h/24 et 7 jours/7 exclusivement aux forces de sécurité intérieure ou au centre hospitalier de Béziers dans le cadre de mise à l’abri en urgence sur les plages horaires non couvertes par les services de droit commun.
L’Amicale Du Nid, qui emploie une vingtaine de salariés dans l’Hérault (dont deux assistances sociales à Béziers, un psychologue et une maîtresse de maison) dispose aussi d’une antenne à Montpellier.
.
