Coupe du monde 2023 – Facundo Bosch (Argentine) : “Les Pumas savent comment faire pour battre la Nouvelle-Zélande”

Avant de s’envoler à Paris pour assister à la demi-finale Argentine – Nouvelle-Zélande (ce vendredi, 21h), Facundo Bosch est revenu sur la première victoire des Pumas contre les All Blacks en novembre 2020, en pleine crise de Covid-19. Le talonneur, qui a fait la préparation pour le Mondial avec l’Argentine, croit aux chances de victoire de ses compatriotes

Dépannage à domicile, tous travaux

Quand vous gagniez les All Blacks, vous passez plusieurs semaines à vous préparer dans un hôtel. Comment était-ce ?

On avait fait deux groupes différents. Le premier, c’était celui des joueurs venant d’Argentine. Ils étaient complètement enfermés, en plein confinement. Ils bossaient chez eux, en visio avec les préparateurs physiques. Après, ils ont pu s’entraîner ensemble par groupes de quatre ou cinq. Ensuite, ils sont partis en Australie, où ils sont restés quatorze jours enfermés dans leur chambre d’hôtel. Tu pouvais sortir que pour l’entraînement, après tu ne bougeais pas. On t’amenait les trois repas du jour.

J’imagine que vous étiez dans le deuxième groupe…

Je venais du groupe Europe, mais plus tard, car au début nous étions dans nos clubs. Nous sommes arrivés quinze jours après. Donc, la veille de leur sortie, nous sommes arrivés. C’était pareil, quinze jours enfermés dans la chambre d’hôtel… On s’est tous retrouvés seulement une semaine avant ce match contre les All Blacks. Rien que d’être libres, nous étions heureux. Quand les deux groupes se sont réunis, il y avait une telle énergie… Se retrouver c’était énorme, donc on a bien bossé et ça a payé !

Vous faisiez quoi la journée, à l’hôtel, quand vous ne vous entraîniez pas ?

C’était hyper long ! On était dans un hôtel pas génial en plus… Il n’y avait pas de balcon, juste des vitres, avec vue sur nulle part, on ne pouvait pas les ouvrir. On faisait beaucoup de visio entre nous. On jouait à la PlayStation. Il y avait aussi un jeu sur portable, Among us où des petits personnages s’entretuent. On jouait avec des casques, on faisait des choses comme ça.

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Avec qui étiez-vous dans votre chambre ? Car il faut une bonne entente avec son partenaire…

Nous, le groupe Europe, on était seul par chambre. Les autres étaient plus de 30, donc ils étaient deux par chambre. Heureusement, j’étais seul. Heureusement, ou pas d’ailleurs, car quand tu es seul, tu as envie de discuter avec quelqu’un.

Ce match contre les All Blacks était votre premier depuis des mois, vous deviez être très, très motivés !

C’est un peu ça ! On a vraiment mal vécu ces quinze jours enfermés… On s’est dit : au moins, on peut faire cette semaine d’entraînement ensemble ! C’était aussi une chance de jouer au rugby alors que l’Europe et l’Argentine étaient confinées. Ça nous a poussés, car on a fait un bon tournoi !

Une semaine avant ce match, l’Australie avait battu la Nouvelle-Zélande 22-24. Êtes-vous rentrés sur le terrain en vous disant que c’était enfin la bonne pour vous ? 

Oui, franchement, on était confiants. Je ne sais pas bien pourquoi car on ne les avait jamais battus. On était sûr de nos capacités, de ce que pouvait faire l’équipe. La veille du match, mon frère était venu me voir en Australie pour me dire : “Tu penses vraiment qu’on peut gagner ?” Je lui réponds que oui, ce qui est fou parce que ce sont les All Blacks et qu’on ne les a jamais gagnés. Au final il m’a dit : “Tu es fou complet.” (rires)

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Sur ce match, vous avez posé beaucoup de problèmes dans le jeu au sol à vos adversaires, qui ont concédé neuf turnovers. Aviez-vous ciblé ce secteur-là ?

On savait que si on voulait gagner ce match, le plus important était de les ralentir, de monter fort en défense pour éviter qu’ils mettent de la vitesse dans leur jeu. Quand ils jouent vite, ils sont très durs à arrêter. Alors, on n’avait pas ciblé les grattages, qui restent un exploit individuel, entre guillemets. Plutôt sur le ralentissement des rucks adverses et de chaque ballon, dès que c’était possible. On savait que même s’ils avaient fait un gros match contre l’Australie deux semaines auparavant, ils n’avaient pas un gros rythme de jeu. Donc, on voulait les mettre sous pression pour les faire douter et les faire craquer. On a fait un gros début de match. Je me rappelle avoir dit aux gars à côté : “On peut le faire.” On avait notre destin entre les mains. Ce n’était pas à eux de gagner mais à nous, on était plus puissant qu’eux.

Nicolas Sanchez a manqué les 25 points de votre équipe ce jour-là. L’aviez-vous fêté comme un héros ?

Nico c’est un fou (rires). À chaque fois, il revient, il revient, il revient… Il est exceptionnel ! Il est le joueur qui a marqué le plus de points dans l’histoire des Pumas (NDLR 846), et sur ce match, il a marqué tous les points. Pour nous, c’est un mec fantastique, il ne s’arrête jamais de bosser, c’est un super mec et on était très heureux pour lui car il avait connu une période difficile avec le Stade français.

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Avec le contexte sanitaire de l’époque, avez-vous quand même pu fêter ce succès historique ?

C’était génial car il y avait beaucoup d’Argentins, même si on n’était pas chez nous. Tous les Argentins d’Australie sont venus. On a fêté le succès avec eux dans une boîte pas loin de l’hôtel, c’était énorme. Les supporters argentins sont vraiment géniaux ! Mettre l’ambiance, ils savent faire !

Depuis ce match, l’Argentine a gagné une nouvelle fois la Nouvelle-Zélande, en août 2022 (25-18), à Christchurch. Cela enlève-t-il un complexe d’infériorité aux Pumas, face aux joueurs tout de noir vêtu ?

Je pense qu’on le sent, mais il faut rester humble. Les Blacks ont fait un très gros match contre l’Irlande. C’est une équipe qui a une force et une capacité à revenir d’une situation compliquée, comme celle où elle était avant le Mondial. Il faut les respecter. Je ne suis pas dans le groupe, mais j’ai parlé avec les gars. Ils m’ont dit qu’ils allaient tout donner, qu’ils savent comment faire pour les battre. Mais il faut rester humble et savoir qu’il va falloir pousser comme jamais pour les empêcher d’arriver en finale. Les Pumas seront prêts, au rendez-vous ! J’espère que cela se jouera à pas grand-chose !

Après une entame de compétition difficile, notamment face aux Anglais et aux Samoans, les Argentins se sont rattrapés au point d’être dans le dernier carré. Êtes-vous surpris ?

Surpris ? Non. Ils pouvaient faire beaucoup mieux que sur les premiers matchs. Je sais tout ce qu’ils ont bossé, pour être en forme, pour avoir les capacités d’être performant. Ce premier match contre l’Angleterre, ce n’était pas eux. Petit à petit, les joueurs ont montré l’équipe qu’ils forment !

https://www.rugbyrama.fr/2023/10/20/coupe-du-monde-2023-facundo-bosch-argentine-les-pumas-savent-comment-faire-pour-battre-la-nouvelle-zelande-11532116.php

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