Coupe du monde de rugby 2023 – Antoine Dupont : « Si je joue, c’est que je suis prêt »

Vingt-quatre jours après sa fracture maxillo-zygomatique face à la Namibie, le demi de mêlée du XV de France Antoine Dupont sera bien titulaire et capitaine dimanche soir, pour le quart de finale de cette Coupe du monde contre l’Afrique du Sud. Pour la première fois depuis son opération, il s’est présenté ce jeudi devant la presse, et a assuré qu’il n’avait aucune douleur. 

C’est la première fois qu’on vous entend depuis votre blessure il y a trois semaines. Comment vous sentez-vous, sur les plans émotionnel ou physique ?

Aujourd’hui, je me sens très bien, sur les deux plans. Sur le coup, je ne connaissais pas la gravité de ma blessure. J’ai pu penser que la compétition était finie pour moi. J’ai attendu les examens, le rendez-vous avec le chirurgien, l’opération… Puis j’ai retrouvé l’espoir mais il fallait passer par des étapes nécessaires avant de reprendre le jeu. J’ai pu être en pleine capacité de mon jeu et de mes moyens, physiques ou techniques. Je suis prêt pour ce match de dimanche.

Au soir du 21 septembre, aviez-vous vraiment peur de ne plus jouer dans cette compétition ?

Oui, comme je l’ai dit, je ne savais pas la nature de ma blessure. Je sentais que quelque chose n’allait pas, notamment au vu des premières radios. Ce fut un moment compliqué, la Coupe du monde est longue et j’ai eu la chance que cela m’arrive tôt dans la compétition. J’ai aussi eu un week-end pour me régénérer. J’ai retrouvé mes sensations, j’ai pu faire une semaine complète avec ce groupe, même si on se connaît bien depuis quatre ans. Il était important de valider toutes les étapes avant d’être là pour ce match.

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Comment vous êtes-vous senti sur les premiers contacts ?

Cela a été très progressif. J’ai repris la course à basse intensité, puis je suis monté de plus en plus. Pour les contacts, c’était pareil. En milieu de semaine dernière, j’ai retrouvé quelques attitudes. Puis en début de semaine, j’ai repris pleinement, au niveau des entraînements collectifs, avec des situations de jeu. Cela m’a permis de lever l’appréhension et de retrouver pleinement mes sensations. Je n’ai au aucune douleur, cela m’a rassuré.

Allez-vous porter un casque pour ce quart de finale ?

C’est un souhait du chirurgien, qui m’a proposé ça. Il a fait plus que me le proposer d’ailleurs (sourire). Je l’ai testé cette semaine, et je n’ai pas de gêne, notamment sur la vision. Je suis donc parti pour le mettre.

Vous avez fait évoluer votre jeu ces dernières années, en étant plus distributeur. Cela peut-il être un avantage dans ce contexte ?

Certainement. Cela montre que j’ai pris en expérience, que je suis capable de m’adapter à l’advdersaire, à ce qu’on me propose. Ce n’était pas forcément ma volonté de changer, c’était plus de l’adaptation. Si, en face de moi, il n’y a pas d’espace, c’est qu’il y en a plus loin. Le rôle du demi de mêlée est d’abord de bien faire jouer l’équipe et mes coéquipiers. Je me retrouve dans ce rôle, autant que de porter le ballon. Contre une équipe comme l’Afrique du Sud, qui vient chercher très haut en défense, c’est un confort de mettre vite les ballons dans les mains des receveurs. Il faudra aller chercher les espaces où ils seront.

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Comment vous préparez-vous mentalement à affronter un adversaire qui met une telle intensité, et donc à gérer la douleur ?

Sur ces matchs-là, avec un tel niveau d’intensité, il y a toujours des douleurs, physiques ou mentales. C’est toujours éprouvant, et c’est le cas contre chaque grosse nation, encore plus quand il y a de l’enjeu.

Fabien Galthié s’était fracturé le nez lors d’une tournée en 2001 et avait rejoué le week-end suivant, même s’il avait été gêné par l’appréhension. Vous en a-t-il parlé ?

Il m’en a parlé, c’est vrai. Mais je peux dire que je n’ai pas ressenti de pression de la part du staff. Si je joue aujourd’hui, c’est que tous les voyants sont au vert. j’ai eu l’aval du chirurgien, rien n’a été forcé. On a respecté les délais, les étapes ont été progressives. Le plus important, c’était mon ressenti. Il est essentiel de penser à l’équipe avant de penser à soi. Si je n’avais pas pu jouer, jaurais été remplacé de la meilleure des manières par Maxime (Lucu) ou Baptiste (Couilloud), qui connaissent aussi bien l’équipe ou le groupe que moi. Je n’ai pas senti de pression particulière. Si je joue, c’est que je me sens bien et que le staff médical a validé ma présence. (Fabien Galthié, à ses côtés, intervient : « Je tiens à dire que, sur le plan esthétique, c’est mieux réussi pour Antoine que pour moi. »). C’est que la médecine a progressé.

https://www.rugbyrama.fr/2023/10/13/coupe-du-monde-de-rugby-2023-antoine-dupont-si-je-joue-cest-que-je-suis-pret-11516092.php

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