Coupe du monde de rugby 2023 / XV de France – “Il est l’homme providentiel” : Fabien Galthié et le Mondial 2023, la mission d’une vie

Le sélectionneur national a eu mille vies et connu autant d’échecs, avant de prendre en mains, avec le succès que l’on sait, la sélection tricolore à l’hiver 2020. Depuis ? Fabien Galthié est en mission…

Dépannage à domicile, tous travaux

Il y a de l’épaisseur au personnage. Et d’évidence, on pourrait aborder la vie de Fabien Galthié par mille bords : le joueur racé, d’abord ; le technicien sourcilleux, aussi ; le bougre au rapport à l’autre parfois si douloureux, enfin… Finalement, tout a été dit, écrit et conté au sujet du sélectionneur national. Il continue, pourtant, de surgir là où on ne l’attend pas, fondant ici en larmes après une victoire historique à Twickenham, exhortant aujourd’hui, et comme le ferait n’importe quel chef de guerre, son pays à rallier la cause d’une équipe qu’il a souhaitée gauloise et diverse, tout à la fois issue de la ruralité (Dupont, Alldritt, Marchand…), des territoires d’Outre-mer (Mauvaka, Moefana, Taofeifenua…), de l’immigration (Atonio, Willemse…) ou des banlieues (Macalou, Fickou, Woki…). C’est que Fabien Galthié est en mission, mon bon peuple. Et que celle-ci a pour lui démarré il y a vingt ans, sous la drache de Sydney et au soir où il comprit que tout meilleur joueur du monde qu’il était, il ne remporterait jamais le trophée Webb Ellis vêtu d’un short et chaussé de crampons…

Le poste de sélectionneur ? “Galette” en a rêvé des années, avant de finalement en hériter à l’hiver 2020. La première fois, il s’était d’abord vu succéder à Bernie et se fit pourtant doubler par Marc Lièvremont, le président Lapasset lui ayant cette année-là fait payer un vieil antagonisme. Quatre ans plus tard, il s’imaginait prendre le relais de “Marco” et fut coiffé sur la ligne par Philippe Saint-André.

Considérant en 2015 que son tour était enfin venu, il coucha sur papier les mille idées qu’il avait pour réveiller un “géant endormi” et fut pour le moins surpris, lorsqu’il comprit que le jury le recevant ce jour-là à Marcoussis avait déjà élu Guy Novès et que cette audition, longue de plusieurs heures et au fil de laquelle un dirigeant fédéral piqua même du nez, était en fait une tartufferie. Au vrai, Galthié accueillit cet ultime affront comme une baigne et enverrait, plus tard, ce message à Serge Blanco, alors vice-président de la FFR : “Errare humanum est”.* (l’erreur est humaine)

Aussi attachant qu’insupportable…

Il est ainsi, Fabien Galhié : sensible à l’excès, aussi attachant qu’insupportable. Il peut passer plusieurs heures à pleurer “Domi” au funérarium de Boulogne-Billancourt, être encore aujourd’hui l’une des rares personnes du “milieu” à prendre régulièrement des nouvelles de Jeannot Dominici, entretenir un rapport quasi filial avec certains de ses joueurs comme, un soir de mauvaise lune, devenir soudainement distant, désagréable.

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“Fabien n’a tout simplement pas les mêmes codes que tout le monde, explique Fabrice Landreau, qui fut son coéquipier au Stade français puis son adjoint à Toulon. Pour le connaître et l’apprécier, il faut passer du temps avec lui, briser sa carapace.” Sylvain Marconnet, son ancien coéquipier au Stade français et en équipe de France, développe : “Fabien est quelqu’un de complexe. Avec ses travers, il était compliqué pour lui de gérer un club onze mois sur douze. En revanche, il est, à mes yeux, l’homme providentiel de la sélection nationale. Il est né pour ce job.” Bernard Laporte, sur une thématique similaire, enchaîne ainsi : “Fabien est un homme bien ; il n’est pas un tordu.”

À l’automne 2023 et alors qu’il entame sa vingtième année d’entraîneur professionnel, le débat entourant le management de Fabien Galthié est semble-t-il obsolète. Qu’on le veuille ou non, “dark Galthié” ** a ces dernières années fait son autocritique et fait évoluer son rapport aux autres : “Quand j’ai été nommé entraîneur du Stade français, nous confiait-il l’an passé, j’avais 35 ans, je dirigeais le plus grand club de France et j’ai fait des erreurs. J’étais cassant, pas assez rond… Mais ma personnalité a changé, je pense. J’essaie en tout cas d’aborder l’aspect humain avec le plus de tact possible : au départ, je n’avais par exemple pas la clé avec Melvyn Jaminet. Je ne savais pas comment l’approcher. J’ai alors décidé d’appeler ses parents, dans le Var. Je les ai écoutés me parler de leur fils. Et j’ai compris, je crois, comment fonctionnait Melvyn.”

Les contours d’une méthode

Au-delà de ça, Galthié est surtout arrivé au chevet du XV de France avec des idées. La première, sur laquelle il fonde l’essentiel de sa méthode, il la résumait ainsi à l’époque où il était au Japon “un adjoint comme les autres” de Jacques Brunel : “Toutes les grandes équipes s’entraînent à très haute intensité. La vitesse, c’est la clé. Mais nos joueurs ne sont pas encore prêts pour ça. Ils ont peur de la blessure et veulent rester sur la vieille routine : une mise en place hebdomadaire et une opposition très raisonnée… Les mentalités doivent changer.”

De vingt-huit joueurs traditionnellement regroupés à Marcoussis pour les rassemblements du XV de France, on passa sous ses ordres à 42 rugbymen, porte-étendards d’une génération ou simples partenaires d’entraînement. Aux yeux de Galthié, le chiffre “42” avait même une signification supplémentaire et on découvrirait, après qu’il y eut fait plusieurs allusions, que le “42” était selon certains essayistes “la réponse à la grande question sur l’univers.” Quand on vous parle d’”épaisseur” du personnage…

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En poste, il ne s’arrêta pourtant pas à la stricte méthode d’entraînement. Au CNR, le nouveau sélectionneur s’entoura d’un staff de trente personnes et des plus grands spécialistes de la data, tout en assurant au passage que ce n’était pas “les chiffres qui [le] dirigent” mais lui qui dirigeait les chiffres. Le coût faramineux de ce staff pléthorique fut pour l’anecdote amorti par les deniers de Mohed Altrad, grand mécène de la FFR et à couteaux tirés avec ledit Galthié, depuis que leur histoire d’amour s’était brutalement achevée devant le tribunal des Prud’hommes de Montpellier.

Pour sortir ses joueurs de leur rengaine d’entraînement, le sélectionneur invita enfin des personnalités extérieures à Marcoussis afin que celles-ci partagent leurs parcours de vie avec les Tricolores : tour à tour, le chanteur Francis Cabrel, le champion olympique Nikola Karabatic, le navigateur François Coville ou le patron du RAID, Jean-Baptiste Dulion, échangèrent avec Antoine Dupont et ses coéquipiers. “Ça ne me surprend pas, poursuit Marconnet. Il a toujours eu ça en lui : à l’époque où Nick Mallett dirigeait le Stade français, Fabien était déjà joueur-entraîneur. Un jour où il partait en vacances, son ex-épouse, faussement excédée, m’avait d’ailleurs montré sa valise : il n’y avait là ni serviettes, ni maillots de bain ; juste les vidéos des matchs qu’il avait prévu de disséquer dans la semaine…”

Laporte : “Je suis monté au créneau pour le défendre”

Au fil de ces trois années de mandat, “Galette” a par ailleurs tenté de responsabiliser au maximum des joueurs auxquels il demande, semaine après semaine, d’analyser ici la mêlée adverse, là de décrypter des annonces en touche. Ses relais en équipe de France sont connus : ils se nomment François Cros, Charles Ollivon, Gaël Fickou et bien évidemment, Antoine Dupont, avec lequel la relation est sinon fusionnelle, au moins puissante.

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“La première fois que j’ai rencontré Antoine, expliquait-il l’an passé, c’était en 2017, pour le faire venir à Toulon. On s’était retrouvé sur une aire d’autoroute à Narbonne avec son agent, Thierry Cazedevals. Ce jour-là, je lui ai dit : “Moi, je pense que tu es le demi de mêlée du XV de France”. Il ne l’était pas, à l’époque. Il était remplaçant, rentrait en fin de match. […] Un bon sélectionneur, c’est quelqu’un qui a l’œil.” Pas vrai, Bernie ? “Avant de nommer Fabien, se souvient l’ancien patron fédéral, j’avais d’abord organisé un référendum pour savoir si les clubs étaient prêts à ce que le XV de France soit entraîné par un étranger. Ils avaient répondu par la négative. Pour autant, je m’étais aperçu en discutant avec les cinq plus gros entraîneurs de la planète (Steve Hansen, Graham Henry, Eddie Jones…) qu’ils voulaient tous bosser avec Fabien. Quand je l’ai finalement pris, en lui disant que Shaun Edwards avait déjà signé, il m’a pourtant dit qu’il pensait que le rugby était alors fini, pour lui.”

Laporte ? Il a évidemment beaucoup soutenu Galthié, au cœur de cet hiver 2021 où le sélectionneur fut soupçonné d’avoir crevé la bulle Covid, propageant sans le vouloir le virus dans le groupe France : “Je suis alors monté au créneau pour le défendre, dit Bernie aujourd’hui. C’était évident qu’il avait quitté le groupe mais Fabien restait à mes yeux le meilleur et un mec sérieux, qui n’oubliait jamais de porter le masque en public. On avait néanmoins vécu quelques semaines agitées, cet hiver-là…” Tout sauf un truc de “mauviettes”, en clair…

https://www.rugbyrama.fr/2023/09/06/coupe-du-monde-de-rugby-2023-xv-de-france-il-est-lhomme-providentiel-fabien-galthie-et-le-mondial-2023-la-mission-dune-vie-11435847.php

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