6 Nations 2023 – Romain Ntamack : “Ceux qui connaissent le rugby savent que je fais de bons matchs”

Élu “homme du match” face aux Gallois samedi, Romain Ntamack revient sur le bilan du Tournoi, sur ses prestations personnelles et sur les nouvelles ambitions des Bleus dans le jeu. Comme sur le terrain, l’intéressé n’est pas du style à se défiler.

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Quel goût vous laisse cette dernière journée du Tournoi, entre votre large victoire et la défaite de l’Angleterre en Irlande ?

Ce fut beaucoup de joie et de bonheur pour la fin de ce Tournoi. On savait que nos chances de remporter la compétition étaient très minces, qu’il était quasiment impossible que l’Irlande fasse un faux pas chez elle sur cette ultime journée. Personne n’a été surpris du scénario et du résultat. On ne perd pas le Tournoi sur cette dernière journée mais en Irlande sur la deuxième, là où on a laissé trop de points en route. L’équipe voulait juste bien finir et faire de bons matchs après cette défaite.

Donc l’ambiance était détendue pour cette ultime soirée en commun samedi…

Oui, c’était positif puisque nous étions très contents de terminer de cette manière. Il faut être satisfait de ce Tournoi malgré tout, parce qu’il fut riche d’enseignements. La soirée fut belle, pas comme si on fêtait un grand chelem évidemment, mais c’était sympa de célébrer la jolie victoire contre le pays de Galles.

Avec quatre succès bonifiés en cinq rendez-vous, le bilan est-il donc encourageant selon vous ?

Bien sûr, il y a en tout cas beaucoup de choses encourageantes à retenir. Le groupe a encore appris dans ce Tournoi. Nous avons effectué des petits réglages dans nos systèmes offensifs. En fait, chaque match a eu son lot d’enseignements et cela nous a permis de faire toujours évoluer les choses. Les trois dernières prestations, contre l’écosse, l’Angleterre et le pays de Galles, ont d’ailleurs été bonnes.

Revenons sur ce revers à Dublin. Après quatorze victoires d’affilée, n’aviez-vous pas besoin d’en passer par là pour procéder à une remise en question ?

Certainement. En tout cas, c’est possible… Ce n’était peut-être pas inévitable mais est-ce que cela nous a fait du bien de perdre contre l’Irlande à ce moment-là ? C’est la meilleure nation mondiale depuis un an et demi, elle est numéro un au classement World Rugby et elle fait le grand chelem. Il n’y a aucune honte à s’incliner sur son terrain. Je suis convaincu que ce match nous a beaucoup appris pour la suite de notre Tournoi et même de notre histoire en Bleu.

En quel sens ?

Cela a sûrement été bénéfique de nous rappeler ce goût de la défaite qu’on avait un peu oublié, ce sentiment de frustration qui t’oblige à te remettre en question. Si on avait gagné en Irlande, on n’aurait peut-être pas gagné en Angleterre ou on aurait peut-être perdu contre l’écosse à la maison. Ce revers nous a quelque part permis de nous remettre au travail.

Et n’êtes-vous pas libérés du poids que représente l’étiquette de grand favori à la Coupe du monde, désormais sur les épaules irlandaises ?

Libérés, je ne sais pas… Je ne crois pas que c’était un poids ou quelque chose qui nous pesait. Nous ne nous sommes jamais considérés comme les favoris de cette Coupe du monde. C’était davantage ce qui se disait autour de nous. Le poids dont on s’est déchargé en Irlande, c’est plutôt celui de la défaite qui devait arriver un jour ou l’autre. Surtout que, pour beaucoup de monde, perdre face à l’Irlande en ce moment est logique. Je trouve surtout qu’on a réussi à nous en servir pour rebondir.

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Vous avez évoqué l’évolution de vos systèmes offensifs entre l’automne et le Tournoi. Sur ce plan, alors que Fabien Galthié avait adressé certains reproches aux meneurs de jeu dont vous faites partie après l’Irlande, sur le fait d’avoir surjoué dans votre camp, ce match a-t-il servi de point de bascule ?

Oui. On a pris le temps de beaucoup discuter entre nous après, que ce soit entre joueurs ou avec le staff. On voulait voir ce qu’on pouvait améliorer, ce qu’il fallait changer et ce qu’il fallait conserver. Ce match a été une vraie base de travail pour sortir les meilleures copies possibles ensuite. Pour les leaders, pour tous même, dont le staff, il a été très important. C’est aussi pour ça que nous sommes montés en puissance sur les trois dernières rencontres.

à la base, le discours du sélectionneur sur la volonté de se montrer plus ambitieux offensivement ne devait pas vous déplaire…

C’est vrai. Mais les joueurs y ont aussi contribué. On a un peu poussé pour faire évoluer le système offensif, sans grande révolution non plus. Le but était d’aérer encore notre jeu, de toucher davantage de ballons derrière pour utiliser un peu plus les qualités de nos joueurs. Cela permettait également de soulager nos avants pour ne pas qu’ils aillent toujours taper contre des murs. Dans le même esprit, cela a aussi amené à soulager Antoine (Dupont) dans le jeu au pied, ce qui a été plutôt bien fait sur la fin du Tournoi. À l’arrivée, chaque joueur a pris plus de responsabilités pour décharger ceux qui en avaient beaucoup sur les épaules. Je pense qu’on a trouvé la bonne balance sur les derniers matchs.

Vous avez d’ailleurs eu un entretien individuel avec le staff après la défaite en Irlande. Y avait-il besoin de clarifier les intentions sur le plan de jeu ?

Oui, c’est ça. C’était juste pour clarifier certaines choses. Il y a eu des échanges très constructifs entre les joueurs et le staff qui ont permis d’arriver à une conclusion claire : garder notre éthique de jeu depuis le début, à savoir la dépossession mais et la volonté de ne pas trop jouer chez nous comme on a pu le faire en Irlande, tout en étant offensifs et ambitieux quand nous sommes dans le camp adverse. Comme je le disais, on a trouvé les ajustements qu’il fallait pour basculer d’un visage à l’autre suivant le contexte.

À quel point les joueurs ont-ils leur mot à dire sur ce genre d’évolution ?

Le staff nous propose des choses et nous n’avons même pas forcément besoin d’aller voir les entraîneurs pour livrer nos propositions. Ce sont vraiment eux, que ce soit Laurent, Fabien ou un autre, qui nous donnent les clés. Derrière, nous adhérons ou il peut nous arriver de dire qu’il faudrait peut-être faire autrement. Beaucoup de choses ont émergé grâce à cela. Les joueurs sont demandeurs et le staff le sait. Surtout que nous sommes là pour respecter au mieux ce qui nous est réclamé.

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À titre personnel aussi, vous n’avez cessé de monter en puissance dans ce Tournoi…

Je pense que c’est à l’image de l’équipe. Tout le monde a su remettre la marche avant après l’Irlande, j’en fais partie. J’estime que mon Tournoi est plutôt réussi à titre personnel. Je pense que mon match en Italie a été bon. En Irlande, tout n’a pas été parfait mais il y avait une véritable ambition de jouer de ma part. Et les trois derniers matchs ont été très bons pour moi. Je suis plutôt content de ce qu’il s’est passé.

Avez-vous eu le sentiment de peser davantage sur le jeu avec cette meilleure répartition des sorties de camp entre Antoine Dupont, Thomas Ramos et vous ?

Ce fut bénéfique pour l’ensemble de l’équipe et notamment pour nos avants, qui n’avaient pas besoin d’être toujours au même endroit à faire les mêmes choses. Antoine était très ciblé sur son jeu au pied par les défenseurs adverses qui s’attendaient à ce qu’il tape à chaque fois. Il a été contré à plusieurs reprises parce qu’il est pisté à la vidéo. C’était aussi à Thomas et moi et de trouver des solutions, ce qu’on a bien fait. On a vu que cela avait déstabilisé les défenses qui ne s’y attendaient pas forcément. Cela fait partie des réflexions que nous sommes parvenus à avoir durant les semaines pour les mettre en application sur les matchs.

Cette connexion toulousaine entre vous trois, sur le plan offensif, fut évidente en Angleterre et plus encore face au pays de Galles, avec notamment Thomas Ramos qui se plaçait parfois en numéro 10 et vous permettait de trouver des espaces sur la largeur…

Ce sont des choses qu’on fait tous les jours aux entraînements en club. On en a l’habitude et on se substitue à l’autre presque automatiquement, quel que soit le poste. Thomas vient en 10, moi je glisse au centre, etc. On arrive toujours à bien se trouver, à alterner. Et c’est très naturel chez nous. On n’a pas forcément besoin de se parler, on a juste à voir le placement de l’autre pour savoir où on doit aller. Contre les Gallois, ce fut plutôt efficace et c’était sympa de voir que, ce que l’on fait tous les jours en club, on peut aussi le retranscrire au niveau international.

Avant le Tournoi, vous aviez eu une prise de parole très forte dans ces colonnes pour regretter certaines critiques que vous jugiez excessives après votre tournée de novembre. était-ce essentiel à vos yeux de répondre aussi sur le terrain ?

Je n’avais aucun esprit de revanche, ni envie de prouver à quiconque ce que je vaux. La seule chose qui me satisfait, c’est quand je suis heureux de ce que je fais sur le terrain. J’ai juste essayé de réaliser les meilleures performances possibles à chaque rendez-vous. Encore une fois, tout n’a pas été parfait mais je suis content de ce que j’ai fait sur ce Tournoi. Et je crois que le dernier match montre ma volonté de beaucoup apporter à cette équipe de France. Je le répète, je n’ai rien à prouver à personne. Je suis simplement à 200 % pour aider l’équipe. Le principal est là.

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Vous avez brillé offensivement samedi. N’était-ce pas lassant d’entendre parfois que vous faisaiez preuve de sobriété, comme si c’était un reproche ?

La sobriété, je ne sais pas trop ce que ça veut dire. C’est quelque chose qu’on a inventé me concernant… Chacun le voit comme il l’entend. Moi, ça m’est un peu égal. Tant qu’on fait de bons matchs, qu’on marque des essais et qu’on gagne à la fin, ça me va parfaitement. Certains m’ont peut-être moins vu en Angleterre. Mais, si on analyse mon match, j’ai été très présent en défense et en attaque. Il faut connaître le rugby pour savoir qu’il n’y a pas besoin de faire cinquante percées dans un match pour être bon. Ceux qui le connaissent savent que je fais de bons matchs. Quand ça s’ouvre, je sais prendre les intervalles. Quand c’est fermé autour de moi, je sais faire jouer mes partenaires comme à Twickenham. Sur ce Tournoi, je suis satisfait de mes prestations.

En inscrivant ses vingt-cinquième et vingt-sixième essais en sélection samedi, savez-vous que votre ami Damian Penaud a égalé le total de votre papa émile ?

Oui, j’ai lu ça. Mon père est d’ailleurs venu le féliciter à la fin du match. C’était sympa. Je suis heureux pour Damian, il le mérite, même s’il a juste à aplatir les essais à chaque fois (rires). Plus sérieusement, il est à plus d’un essai tous les deux matchs en équipe de France, ça en dit long sur ce qu’il réalise. Cela montre aussi qu’on a des ailiers qui marquent. Si le ballon arrive jusqu’à eux, c’est qu’on joue plutôt bien au rugby.

Samedi, c’était le dernier match officiel avant la Coupe du monde. Pouvez-vous dès lors basculer sur cet événement que vous attendez depuis plus de trois ans ?

Maintenant, le Tournoi est fini et c’était la dernière échéance avant la Coupe du monde. On y pense de plus en plus… On se dit que, la prochaine fois qu’on se rassemblera, ce sera pour préparer cette compétition. Cela fait un peu bizarre car on l’a dans un coin de la tête depuis tellement longtemps. On travaille pour et ça se rapproche. Mais il faut modérer cette obsession. Il y a une saison à bien finir en club pour arriver dans les meilleures conditions à la préparation. Il y a de fortes chances que j’ai une petite pensée tous les jours pour cette Coupe du monde mais il faut que je me concentre d’abord sur ce qui se présente avant avec le Stade toulousain.

Surtout qu’avant de viser le titre de champion du monde, il y en a d’autres à aller chercher en club…

Si je peux partir à la Coupe du monde avec un ou deux trophées de plus en poche, ce sera encore mieux (sourire).

https://www.midi-olympique.fr/2023/03/19/6-nations-2023-romain-ntamack-on-a-un-peu-pousse-pour-faire-evoluer-le-systeme-offensif-11073801.php

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