Béziers : Antonio Fulleda, au nom de la loi et de la culture… surtout espagnole !

Antonio Fulleda, magistrat honoraire biterrois, fils d’immigrés espagnols, a succédé à Luis Iglesias à la présidence de la Colonie espagnole. Il se livre sur son parcours, ses passions.

Si bien des portraits de personnalités commencent par “Rien ne prédestinait…”, pour le Biterrois Antonio Fulleda, 61 ans, c’est tout l’inverse.

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Tout prédestinait le juge honoraire, à la retraite depuis peu, à être élu président de la Colonie espagnole en octobre dernier. L’Espagne, il l’a dans la peau et dans le sang depuis toujours, avec des parents immigrés espagnols arrivés en 1958 en France en quête d’une vie meilleure.

Espagnol jusqu’à ses 13 ans

Installé à Oupia, le couple Fulleda donnera naissance en 1961 à Antonio à la maternité de Lézignan-Corbières. « Comme je suis né en octobre, à la rentrée, après la cinquième je n’avais pas l’âge pour intégrer un CAP-BEP, les études que suivaient la plupart des fils d’immigrés désargentés, très souvent analphabètes comme l’étaient les miens. J’ai donc pu intégrer une Seconde à Jean-Moulin, à Béziers. »

La même année, celui qu’on a toujours appelé Antoine obtient la naturalisation française. « Mais mon père ne sachant ni lire ni écrire n’a pas pu m’enregistrer sous ce nom. J’ai donc découvert à ce moment-là que je ne m’appelais pas Antoine mais Antonio. » Il avait 13 ans. De là, tout s’enchaîne.

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D’Oupia à l’école de la magistrature de Bordeaux

Quelques années de brillantes études plus tard, (DESS de droit à Montpellier, concours de la magistrature réussi, école de la magistrature à Bordeaux en 1987 et 1988), Antonio Fulleda devient juge des enfants à Dunkerque.

En janvier 1991, il revient à Béziers en tant que doyen des juges d’instruction, puis prend le poste de juge d’instance. Entre-temps, il a épousé Laurence, et a deux enfants. La famille vit à Béziers.
Peu à peu, l’appel des racines se fait entendre, devient vital.

Il se réappropie peu à peu sa culture d’origine

Oui, durant toute son adolescence, comme chez la plupart des fils et filles d’immigrés, il aura voulu « être comme tout le monde », ne s’intéressant pas à ses racines espagnoles. Mais avec l’âge, son regard change. Antonio Fulleda se réapproprie peu à peu cette culture et en fait une richesse.
« Je parlais espagnol, même si la langue apprise avec mes parents n’était pas très académique. Quelques années plus tard, dans mon travail de magistrat, cela m’a aidé, surtout dans mes divers voyages en Espagne et Amérique latine, autour de mon travail sur l’accès aux droits et à la médiation. »

Très vite, à partir de 1993, il sera de toutes les associations qui se créent à Béziers autour de la médiation, comme le Point rencontre, le Conseil biterrois pour l’accès aux droits ou Médiation dans la ville, notamment sous l’impulsion d’un grand juge, aujourd’hui décédé, Yves Chevalier. Antonio Fulleda se spécialise dans la « justice et culture de paix », la médiation. La même année, il prendra également sa carte au PS.

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Vice-président de la Colonie à partir de 2017

Il fera ses premiers pas à la Colonie, qui abrite le Groupe audiovisuel du Biterrois qui archivait des images de Béziers, qu’Antonio Fulleda gérait aux côtés du président Hubert Masi. Il aidera l’association dans le cadre de ses compétences en droit. Il restera juge à Béziers jusqu’en 2003, partira un temps travailler chez les voisins (Montpellier, Carcassonne, Narbonne). « Là, j’ai dû lever le pied à la Colonie. »

En 2017, le président Luis Iglesias a des soucis de santé. « Parce que je savais rédiger des dossiers de politique de la ville, je me suis occupé de tout ce volet pour demander des subventions pour la Colonie. » Il est élu vice-président de la Colonie la même année.

« Un président de transition »

Novembre, 2021, l’heure de la retraite sonne. Celle de magistrat. Car Antonio Fulleda continue à promouvoir la médiation au sein de l’Institut régional de la médiation Occitanie, à faire quelques médiations auprès de la cour d’appel. Il a désormais tout le temps nécessaire pour se consacrer à la Colonie espagnole. En octobre dernier, Luis Iglesias ne se représentant pas, Antonio Fulleda est élu président.

« Je suis un président de transition et de transmission. On est entré dans le XXIe siècle. La Colonie doit s’adapter. À commencer par des travaux nécessaires sur le vieil édifice. Et aussi en ce qui concerne la partie culturelle. On est une équipe de 25 personnes. On travaille tous sur cette adaptation, l’un des objectifs étant de faire rentrer du sang neuf. »

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https://www.midilibre.fr/2023/03/11/beziers-antonio-fulleda-au-nom-de-la-loi-et-de-la-culture-surtout-espagnole-11055368.php

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