XV de France – Sipili Falatea : « William Servat m’a dit : arrête d’être gentil »

Il fut l’un des héros inattendus de la journée. Après l’expulsion de Mohamed Haouas, Sipili Falatea a en effet été appelé à monter au front, à droite de la mêlée, où il a tenu la baraque pendant 70 minutes. De quoi faire figure de postulant naturel pour terminer le Tournoi comme titulaire, même s’il sait devoir encore se faire violence…

Vous avez été appelé à entrer en jeu beaucoup plus tôt que prévu après l’expulsion de Mohamed Haouas, dans un contexte forcément chaotique. Avez-vous eu le temps de vous y préparer ?

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Pas vraiment (rires). On doit être préparé à tout lorsqu’on endosse le rôle de finisseur mais, honnêtement, sur le coup, je ne pensais pas que j’allais devoir entrer en jeu si tôt et pour aussi longtemps. Pendant l’arrêt de jeu de l’arbitrage vidéo, on m’a dit d’aller m’échauffer. J’ai à peine eu le temps de faire un aller-retour et il fallait y aller… Je n’étais pas ce qu’il y a de plus chaud mais, par contre, dans la tête, j’étais prêt.

Quels ont été les mots de William Servat, lors de votre entrée sur le terrain ?

Il m’a dit ce qu’il m’a répété toute la semaine : « Fais ce que tu as à faire. Et arrête d’être gentil ! Dès que tu rentres, je veux que ce soit pour faire mal aux adversaires ». C’est quelque chose qu’on me reproche souvent, parce qu’à mon poste, c’est effectivement plutôt un gros défaut que d’être trop gentil. C’est dur d’aller contre sa nature mais j’essaie de travailler sur moi pour être plus dur, plus agressif. Je sais que ma marge de progression passe par là.

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Après avoir débuté les deux premières journées comme doublure d’Atonio, comment avez-vous vécu le fait de ne pas démarrer après sa suspension ? Car malgré toute l’importance qu’on veut bien accorder aux « finisseurs », on sait que n’importe quel compétiteur a toujours envie de faire partie du XV de départ…

C’est un sentiment humain que d’être déçu. Mais je ne le suis pas resté très longtemps. J’avais un peu espéré démarrer en début de semaine, tout en gardant à l’esprit que les deux scénarios étaient possibles. C’est pour ça que lorsque les coachs ont annoncé l’équipe, ma déception était finalement relative. Depuis le début, les entraîneurs ne se sont pas souvent trompés. Alors, en tant que joueurs, il s’agit juste d’avoir confiance en eux et de travailler le mieux possible.

Espérez-vous maintenant que votre première titularisation dans le Tournoi arrivera à Twickenham, après avoir démontré que vous pouvez tenir plus de vingt minutes à ce niveau ?

Forcément. Mais comme je vous l’ai dit, il faut juste faire confiance aux entraîneurs. J’en suis convaincu, ils prendront la bonne décision pour l’équipe et c’est tout ce qui compte.

Quel regard avez-vous porté sur votre prestation personnelle face à l’Écosse ?

Comme vous le souligniez, je suis déjà plutôt satisfait d’avoir tenu aussi longtemps. Jouer pendant plus de 70 minutes, je l’avais déjà fait en Top 14 mais encore jamais au niveau international. Il y a quand même eu pas mal d’intensité (37 minutes de temps de jeu effectif, N.D.L.R.), donc c’est déjà une petite satisfaction en soi. Après, j’ai forcément fait quelques erreurs, mais globalement je suis plutôt content.

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Vous avez obtenu une pénalité dès votre première mêlée, après laquelle on a vu tous vos partenaires venir vous féliciter. On imagine que cela a été un moment fort pour vous…

Oui, franchement. Entrer en jeu sur une mêlée, pour un pilier, ce n’est jamais facile et c’était très important pour moi que d’attaquer mon match correctement, en envoyant de bons signaux à l’arbitre et aux adversaires. Je sais très bien que si cette mêlée ne s’était pas bien passée, je me serais posé des questions et je serais passé à côté de mon match…

À ce point ?

La première mêlée, à mes yeux, est vraiment la plus importante. C’est celle où tu fais passer un message à ton adversaire, celle où tu lui démontres que tu es là pour lui faire passer une sale après-midi. Si elle se passe bien, même si on a un coup de moins bien à un moment, on sait qu’on peut reprendre le dessus. C’est ce qui s’est passé contre l’Écosse. Je me suis fait prendre sur une mêlée parce que j’avais reçu un gros coup sur le pied quelques secondes auparavant et que je n’avais pas de bonnes sensations, alors que depuis le début je sentais que le rapport de force m’était plus favorable. L’arbitre m’a logiquement sanctionné mais je ne me suis pas inquiété. Au contraire, cela m’a motivé à revenir encore plus fort.

Vous faites référence à ce gros effort près de la ligne écossaise juste avant la fin du match, sur laquelle l’arbitre ne vous a d’ailleurs pas récompensé…

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Oui. Sur cette mêlée-là, il s’agissait de tout donner, pour récupérer le ballon que nous venions de perdre et, ainsi, aller chercher le bonus offensif.

À ce sujet, on aurait pu penser que votre équipe allait transformer sa dernière pénalité en mêlée pour aller chercher le bonus, au vu de votre domination. Mais votre coéquipier François Cros a vendu la mèche en disant qu’après votre effort préalable, vous ne vous sentiez pas de remettre le couvert tout de suite…

Il y a des leaders de jeu sur le terrain qui sont là pour prendre des décisions, et tout le monde les suit. S’ils avaient choisi la mêlée, j’y serais allé ! Il y avait surtout beaucoup d’excitation à ce moment-là car l’enjeu était fort, certains voulaient leur casser la gueule et passer en force, d’autres la jouer de manière un peu plus stratégique… Mais je pense que le bon choix a été effectué, puisque nous avons marqué. Ce point de bonus nous donne encore l’espoir de pouvoir remporter le Tournoi à deux journées de la fin et, au final, il n’y a que ça qui compte.

https://www.midi-olympique.fr/2023/02/26/xv-de-france-sipili-falatea-william-servat-ma-dit-arrete-detre-gentil-11025330.php

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