Autoroute A69 Castres-Toulouse : des militants du groupe Extinction Rébellion Toulouse occupent une maison rachetée par le concessionaire Atosca

Dès 7 heures du matin, les militants écologistes du collectif Extinction Rébellion Toulouse se sont introduits dans une maison où la société Atosca a installé ses bureaux. Présente sur le tracé de l’autoroute, elle fait partie des habitations que la société prévoit de raser.

« Tant qu’on sera là, l’A69 ne passera pas ! ». Tel est le slogan scandé par une soixantaine de militants écologistes du groupe Extinction Rébellion Toulouse qui ont mené ce matin une nouvelle action coup de poing contre le projet de l’autoroute A69. Plusieurs membres du collectif écologiste La Voie est Libre étaient présents sur les lieux pour se joindre à l’action et apporter leur soutien.

À 7 heures, ils étaient déjà nombreux à occuper une maison de Saint-Germain-des-Prés (Tarn), près de Castres. Si le collectif écologiste a jeté son dévolu sur cette habitation, ce n’est pas par hasard. Le bâtiment vient d’être rachetée par la société Atosca, concessionnaire de l’autoroute A69, qui vient d’y installer temporairement ses bureaux.

Cette maison et les autres construites aux alentours ne feront bientôt plus partie du paysage puisqu’elles figurent sur le tracé du projet l’autoroute reliant Toulouse à Castres.

« Initialement, il ne devait y en avoir que 60, ensuite, ils ont revu leur trajectoire et ont abaissé le nombre à 40. Ce qui veut dire que les 20 autres épargnées auront l’autoroute au ras du jardin. À mon avis, c’est même pire ! », juge Denis Barea, présent sur les lieux et opposés au projet. « Et ce n’est pas que pour les maisons qu’on se bat, c‘est pour la totalité du projet qui est complètement stupide et inutile étant donné qu’il y a déjà une route existante. Mais c’est également un projet écocide puisqu’il va détruire 400 hectares de terres agricoles et des prairies ainsi que des zones humides », tient à rappeler l’homme qui habite l’un des villages censés border cette nouvelle autoroute.

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Des conséquences environnementales qui inquiètent fortement le camp de l’opposition. En début de semaine, le collectif La Voie est Libre dénonçait sur ses réseaux sociaux des cavités d’arbres bouchées par la société NGE-Atosca afin d’éviter toutes les installations de nids qui viendraient retarder le chantier. Alertée par le collectif, l’association France nature environnement Midi-Pyrénées a saisi le procureur de Castres qui a ouvert une enquête pour « altération ou dégradation non autorisée de l’habitat d’une espèce animale protégée non-domestique » à l’encontre du concessionnaire.

Pour les militants, cette action symbolique permet de passer à la vitesse supérieure et d’affirmer leur détermination à faire barrage. « On veut montrer qu’on est nombreux dans cette lutte, qu’on est capable de passer à l’action puisque là, les travaux vont vite arriver », revendique Louison, une étudiante toulousaine appartenant au collectif Extinction Rébellion.

À 11 heures, les militants ont été évacués de l’habitation par des gendarmes. Plusieurs interpellations ont eu lieu. Contacté par notre équipe, le concessionnaire Atosca déclare avoir l’intention de déposer plainte.

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