Grève du 19 janvier : manque de considération, pénibilité, égalité hommes-femmes… ce qui réunit ces Biterrois face à la réforme des retraites

Dans un front uni, les organisations syndicales ont appelé à une journée de grève nationale et de manifestations jeudi 19 janvier pour protester contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, qui prévoit notamment le report de l’âge légal de départ de 62 ans à 64 ans en 2030. Parmi les 5 000 manifestants biterrois, certains pointent les zones d’ombre de la réforme.

Le rendez-vous était donné à la Bourse du travail, ce jeudi 19 janvier, dès 10 h 30 par de nombreux syndicats présents. Les quelque 5 000 manifestants présents, venus de tout le Biterrois, ont défilé en centre-ville, au départ de la place David-d’Angers. Certains ont confié les raisons de leur mobilisation.

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1. Christian, coiffeur : « Plein d’artisans ne pourront pas aller au bout de leur carrière »

Christian, coiffeur, défend les petits artisans. midi libre – paul-roch bruneton

« Nous, les petits artisans, nous sommes une corporation qui travaille déjà beaucoup. Nous faisons facilement 50 heures par semaine. Et on nous demande de travailler plus longtemps alors que notre temps de travail est déjà rallongé au vu des heures que nous faisons. C’est un manque de considération ! D’autant que les pensions sont ridicules : nous cotisons près de 45 ans pour des montants qui, parfois, peinent à dépasser les 1 000 €.

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Puis, avec ce rythme de travail, il y a une fatigue qui s’installe au fil des années. Travailler jusqu’à 64 ans avec ce rythme-là c’est très compliqué. Il y aura plein d’artisans qui ne pourront pas aller au bout de leur carrière… »

2. Florent, maçon : « Il y a facilement des interruptions de carrière qui coûtent des trimestres »

Florent, maçon, estime que certaines personnes travailleront trop longtemps en raison d’interruptions de carrière. midi libre – paul-roch bruneton

« Le vrai problème c’est la prise en compte de la pénibilité. Nous avons des métiers dans lesquels au-delà de 55 ans nous pouvons connaître plein de problèmes de santé. Donc, comment pouvons-nous travailler 10 dix ans de plus ? La proposition du gouvernement prenant en compte les carrières longues peut être un élément de réponse mais ce n’est pas assez car cela voudrait dire qu’il ne faut aucune interruption au cours de notre carrière. C’est très rare.

On se rend vite compte que, pour un tas de raisons, il y a facilement des interruptions qui coûtent des trimestres. Dans mon cas personnel, lorsque j’ai créé mon entreprise, j’ai bénéficié d’une aide visant à m’exonérer de charges. Mais, comme je n’avais pas de charge, je ne cotisais pas. Donc j’ai perdu six trimestres ! Ce sont des subtilités qui font que nous sommes perdants. »

3. Carole, hôtesse de caisse : « Encore une fois, ce sont nous, les femmes, qui allons trinquer »

L’hôtesse de caisse dénonce l’inégalité hommes-femmes. midi libre – marie bouisseren

« Cette réforme est une honte, surtout pour les femmes. Encore une fois, ce sont nous qui allons trinquer, car une femme est quasiment forcément amenée à s’arrêter un moment au cours de sa carrière, lors des congés maternité par exemple. Je pense également aux ouvriers, qui ont été en première et deuxième lignes durant le Covid et qui n’ont désormais plus aucune reconnaissance. Je me base surtout sur la pénibilité, au-delà de la question des femmes.

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Vous imaginez, un maçon travailler jusqu’à 64 ans avec ce qu’il fait au quotidien ? Ce n’est pas envisageable. Énormément de métiers sont compliqués psychologiquement, et physiquement. Ne pas pouvoir se reposer avant presque 65 ans, c’est du délire. »

4. Monique et Catherine, auxiliaires de vie : « En tant qu’auxiliaires de vie, nos conditions de travail se dégradent »

Monique (à.d) et Catherine (à.g) déplore les conditions dégradées de leur métier. midi libre – marie bouisseren

« La moitié de nos collègues souffrent d’ores et déjà de douleurs très handicapantes pour exercer correctement la profession. Sans compter les histoires de harcèlement au travail et l’état psychologique que cela engendre. En tant qu’auxiliaires de vie, nos conditions de travail se dégradent.

On nous demande de faire un boulot d’infirmière, sans être qualifiés et payés comme tel. Par exemple, lorsque l’on doit lever ou retourner une personne âgée qui pèse 80 kg, et que l’on n’a pas d’aide mais seulement nos deux bras et notre petit corps… Comment est-ce que l’on fait pour travailler dans ces conditions jusqu’à 64 ans ? Et pour couronner le tout, les entreprises ne font aucun recrutement. Pire, les gens ne restent pas. Mais pendant ce temps, nous sommes toujours bien trop sollicitées. »

https://www.midilibre.fr/2023/01/19/greve-du-19-janvier-manque-de-consideration-penibilite-egalite-hommes-femmes-ce-qui-reunit-ces-biterrois-face-a-la-reforme-des-retraites-10937297.php

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