Prix de l’énergie : artisans bouchers et boulangers redoutent de mettre la clé sous la porte

Mis à mal par les crises qui sévissent à tous les niveaux : hausse des prix de l’énergie, des matières premières, baisse du pouvoir d’achat, les artisans bouchers voient leur activité menacée. Les bouchers ont manifesté ce mardi à Paris. Les boulangers, plus discrets, n’en sont pas moins inquiets.

A l’appel de leur Confédération nationale, les artisans bouchers-charcutiers ont manifesté en tenue de travail ce mardi 29 novembre devant l’Assemblée. Un rassemblement inédit depuis la crise de la vache folle des années 90 pour alerter les pouvoirs publics sur les répercussions des augmentations fulgurantes des prix de l’énergie.

Grippe aviaire, envolée des prix du gaz et de l’électricité, augmentation du prix des matières premières, sont autant de facteurs qui mettent à mal ces petites entreprises.  

Ainsi, les artisans qui ne se sont pas rendus à Paris ont éteint l’éclairage de leurs boutiques et de leurs enseignes aujourd’hui en signe de solidarité avec leurs confrères.

C’est le cas cet artisan boucher-charcutier dans la vallée de la Dordogne. Installé dans le village de Biars-sur-Cère (46), Eric Glemet a éteint ses lumières à 11 heures. Même s’il bénéficie du tarif réglementé de l’électricité jusqu’en mars 2023, il s’inquiète de l’évolution des futures factures. Celles-ci ont déjà doublé pour cet artisan, à la tête d’une boucherie d’une dizaine de salariés.

Le prix de la viande bovine a augmenté de 15% malgré l’approvisionnement de ce commerçant en circuit court.

“Le consommateur n’a pas à subir les conséquences sur les étiquettes, conçoit-il. On va réduire nos marges, mais avec les charges et les emprunts, il faut faire attention.”

En 15 ans, ce secteur limitrophe de la Corrèze a perdu 2/3 de ses bouchers. 

Aujourd’hui il ne reste plus que 4 boucheries artisanales, alors c’est important de sauver la profession.

Eric Glemet Boucher-charcutier-traiteur à Biars-sur-Cère (46)

Même constat pour le président des Bouchers-Charcutiers du Gers (32). Jean-Pierre Biffi a ouvert normalement sa boutique de Condom ce mardi matin, il a juste éteint son enseigne. “Je n’ai qu’un salarié, je ne peux pas me permettre de fermer.”

“On est là pour faire vivre la France”, plaide t-il. La France rurale est durement impactée par les crises qui s’enchainent. Le prix de la viande, en augmentation de 80 centimes au kilo, est répercuté 10 centimes de plus à sa clientèle. Pour l’instant, l’artisan rogne sur ses marges et attend le prochain bilan pour faire le point. 

Quant à l’effet de la manifestation à Paris, Jean-Pierre Biffi est plutôt pessimiste. “C’est bien de se faire entendre mais je ne vois pas d’issue car c’est un cercle vicieux. On augmente les prix de la viande, et toute la chaine en sera impactée, de l’éleveur aux consommateurs en passant par les salariés qu’on devra licencier.”

Dans le fournil de Sylvie et Manu à Cuq-Toulza (81), la situation est plus que critique.

Les artisans boulangers ont reçu une lettre d’EDF leur indiquant qu’au 1er janvier 2023, les tarifs allaient être multipliés par 6. L’entreprise de 10 salariés ne bénéficie pas du bouclier tarifaire mis en place par l’État, elle ne remplit pas les 3 critères d’éligibilité :

  1. Moins de 10 salariés
  2. Moins de 2 millions de chiffre d’affaires
  3. Avoir un compteur en-dessous de 36 KWh (kilowattheures)

Les fours ventilés, les appareils du laboratoire, tout est électrique. On a un compteur de 54 KWh.

On est trop gros pour être petits et trop petits pour être gros

Sylvie Vieira – Boulangère à Cuq-Toulza (81)

Sylvie Vieira constate avec angoisse les futures projections d’EDF : de 9 centimes le KWh en heures pleines d’hiver, on va passer à 57 centimes, soit 6 fois plus qu’aujourd’hui. Même chose pour le tarif heures creuses qui lui sera multiplié par 5.

Impossible, on ne peut pas payer une facture pareille, même avec une aide gouvernementale de 50%, comment répercuter l’augmentation sur le prix de la baguette, se désole Sylvie, des sanglots dans la voix. On paie déjà 1.300 euros d’électricité et on passera à 6.000 euros par mois.”

Emmanuel son mari est aussi très inquiet. “Ça va devenir compliqué de cuire le pain. Il y a un processus à respecter, on ne peut pas aller plus vite”.

“Pour moi tout est en train de s’effondrer. La boulangerie, c’est toute notre vie. Si l’État ne nous aide pas, on sera obligé de fermer.”

Sur la porte du magasin, une affiche indique le décès imminent de la profession. La boulangerie-pâtisserie artisanale est à l’agonie. Sauvons l’artisanat français, sauvons le petit commerce. Aidez-nous. 

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