Béziers : passionnée d’art, Déborah Boissellier fait de sa vie un musée éphémère

Depuis dix ans, Déborah Boissellier dédie sa vie aux objets. Commissaire-priseur sur Béziers depuis cinq ans, la Parisienne d’origine exerce un métier aussi passionnant qu’intriguant. Immersion.

Le rendez-vous était donné à 14 h 30, jeudi 24 novembre. Dans le local de l’hôtel des ventes de Béziers, rue Max-Jacob, une vingtaine de personnes confortablement installée, feuilles et stylo en main. La myriade de tableaux du XIXe siècle au mur, la quinzaine de meubles en bois massif, et les vitrines composées d’argenteries posent le décor : une vente aux enchères va débuter. 

Aujourd’hui, c’est la grande vente de Noël pour les Enchères du Midi. « Nous organisons une vente par mois environ. Mais les plus grosses sont celles de Noël et du printemps », explique Déborah Boissellier, commissaire-priseur depuis dix ans. Pour préparer convenablement cette vente et dénicher les plus belles pépites, cette dernière et son associé, Romain Clertan, s’y sont pris dès le mois de septembre. Cet après-midi-là, 340 lots sont mis en vente, dont 104 bijoux. « Les bijoux, et l’or en général, sont les objets qui se vendent le mieux », appuie la commissaire-priseur. 

Preuve en est, le premier bijou, une bague en or rose, part à 170 €. Et la liste s’allonge. Tout le monde dans la salle ainsi que les centaines de téléspectateurs qui suivent assidûment la vente via le site interencheres.com, connectés de partout dans le monde (Emirats, Etats-Unis, Inde, Bulgarie et Grande-Bretagne) s’excite. Des boutons de manchettes 18 carats pour 530 €. Des boucles d’oreilles Hermès, prix de départ 50 €, s’envolent pour 130 €.Une montre Rolex Oyster perpetual pour femme se vend à 1 460 €, contre 800 € proposés initialement. Une bague en forme de scorpion, faite sur-mesure pour son premier propriétaire, 12 g d’or : 410 €. 

PLUS INFO  "Il n'y a pas de raison particulière pour que ça s'arrête" : plusieurs universités toujours bloquées à Montpellier, étudiants et lycéens poursuivent la mobilisation

Mais il n’y a pas que dans la salle et sur le live que les ventes se disputent. Certains appellent directement, par téléphone. Lucie, placée à droite de maître Romain Clertan au marteau, se charge des appels. « 60 pour monsieur… 80 contre vous… 90 !… 100 contre vous… », rapporte la jeune femme.

« J’aime bien comparer notre métier à un médecin généraliste »

La vente a débuté quelques minutes avant 14 h 30, mais Romain Clertan sera au marteau jusqu’à 20 h. Durant plus de cinq heures, le commissaire-priseur n’a cessé de débiter, de rigoler, de stimuler et d’animer la vente. « C’est vraiment un métier particulier, appuie Déborah Boissellier. Nous avons plusieurs casquettes, nous ne sommes pas que des vendeurs aux enchères. Léa, la stagiaire, est venue me voir ce matin et m’a dit : « Votre métier est vraiment palpitant » (rires). C’est réellement un investissement permanent. Cet après-midi, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg finalement. »

Parce qu’avant toutes ces ventes, Déborah et Romain sont sur le terrain tous les jours, pour divers dossiers. Des vide-maisons, des estimations de biens, des calculs d’héritage. « J’aime bien comparer notre métier à un médecin généraliste. Comme lui, nous nous occupons de tout. Nous sommes les intermédiaires entre le vendeur, et l’acheteur. Nous aidons simplement les particuliers à se débarrasser de leurs objets. Précieux, ou non. » 

Les ventes continuent et s’enchaînent. À la fin de la journée, les commissaires-priseurs se félicitent de leurs belles ventes. « La plus belle surprise fut sûrement les splendides vitraux de la fin du XIXe siècle de Dagrand, provenant d’un appartement bourgeois des allées Paul-Riquet. » Après une âpre bataille d’enchères sur internet et au téléphone, les vitraux ont été remportés pour la somme 6 820 €. Mais pas de répit pour les deux professionnels : dès le lendemain, six dossiers de ventes judiciaires les attendaient, avant de préparer la prochaine grosse vente aux enchères qui aura lieu le 12 janvier prochain, avec pour thème la Saint-Valentin. 

PLUS INFO  Free Little Birds school : avec 80 élèves à la rentrée, les Agathois Marie-Élodie et Ramsès ont réussi leur pari

Huit ans d’études

Une licence en Histoire de l’art, une en Droit, et deux ans de stages avant le fatidique examen du « Tour de salle ». Il aura fallu huit ans d’études à Déborah Boissellier pour exercer le métier de ses rêves : commissaire-priseur. Native de Paris, elle est arrivée sur Béziers il y a cinq ans, où elle s’est associée avec Romain Clertan. « Notre prédécesseure vendait le local de l’hôtel des ventes après y avoir travaillé durant trente ans. C’était une opportunité incroyable pour mon associé et moi, puisque nous voulions venir en « province » pour exercer notre métier, loin de la folie parisienne, et dans une région que nous ne connaissions pas », explique maître Boissellier.

En France, il existe seulement 400 commissaires-priseurs. « Les charges (locaux de ventes et de stockages dans le jargon, NDLR) sont peu nombreuses, donc dès qu’une se libère, elle est aussitôt prisée, poursuit-elle. Nous en avons une aussi sur Sète, mais qui est bien plus petite que celle de Béziers. Ici, la surface est de 700 m². À Sète, elle est de 100 m². Donc nous faisons surtout des ventes thématiques là-bas. »

https://www.midilibre.fr/2022/11/26/beziers-passionnee-dart-deborah-boissellier-fait-de-sa-vie-un-musee-ephemere-10825288.php

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Manifestation du 31 octobre à Perpignan: « On vient aussi manifester pour la démocratie », près de 1000 personnes défilent dans le calme

A Perpignan, des centaines de personnes toutes les générations confondues, ont manifesté dans le calme, à l'appel de la CGT dans la matinée de ce samedi 31 octobre. Ce rassemblement contre la vie chère, mais aussi pour la démocratie, s'est déroulé sans heurts, dans une ambiance festive.

Un nouveau site internet pour localiser la tombe d’un défunt dans l’un des cimetières de Montpellier

Il existe désormais un site internet qui permet de rechercher et de localiser la sépulture d'un défunt dans l'un des huit cimetières de Montpellier. C'est rendu possible grâce à un plan interactif en ligne.

Accident de trains en Espagne : une figure de la tauromachie bien connue à Nîmes parmi les nombreuses victimes

Antonio Vázquez, 74 ans, fait partie des victimes de la catastrophe ferroviaire survenue mercredi 28 octobre 2026, en Espagne. Frère cadet du maestro Curro Vázquez et apoderado du matador Pablo Aguado, il était une figure respectée de la tauromachie. Bien connu des arènes de Nîmes, il avait travaillé par le passé avec Simon Casas.

Top 14 – Clermont et le Racing 92 incapables de se départager, les jeunes Toulousains encore héroïques ? Les pronostics de la 8e journée

Entre les équipes en quête de points pour s'éloigner de la zone rouge, celles qui veulent confirmer leur regain de forme et les effectifs décimés par la fenêtre internationale, cette 8e journée de Top 14 s'annonce...