« Je n’ai pas eu de courage, j’ai eu de la chance » : Ginette Kolinka, déportée d’Auschwitz, raconte son histoire aux Biterrois

De la Gestapo chez elle, à Avignon en 1944, à ses retrouvailles avec sa mère et ses sœurs en 1945, la survivante a retracé son histoire devant des collégiens de Béziers

« Ce jour-là, avec ma sœur et ma cousine, nous avions décidé de nous relayer pour aller déjeuner chez mes parents. Elles y vont en premier, et reviennent en me vantant les mérites du bon repas. Elles l’ont toujours regretté », se souvient-elle, la voix remplie d’émotions. Regretté car, ayant faim, Ginette s’est empressée de rejoindre son père, et son petit frère à la maison. Mais arrivée sur place, trois hommes se tenaient dans le salon. « Un homme en civil, et deux hommes habillés en cuir. Tous les juifs savaient que les hommes vêtus de cuir et d’un chapeau, étaient la Gestapo. » Coincées, Ginette et sa famille se font arrêter. L’enfer débute pour la fillette.

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78 ans après sa déportation, Ginette Kolinka a, ce vendredi 25 novembre, conté toute son histoire aux élèves des collèges de Fénelon et de la Madeleine, dans une salle comble du palais des congrès de Béziers. À 97 ans aujourd’hui, la survivante du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, qui peine à garder les yeux ouverts tout au long de son récit, se souvient de tout. Assise sur son fauteuil rouge, elle reste humble, semble parfois détachée de tout ce qui lui est arrivé.

De confession juive, la Parisienne d’origine n’a que 16 ans lorsque sa vie est chamboulée par la Seconde Guerre mondiale. Durant deux ans, Ginette Kolinka, née Cherkasky, va mener « la belle vie », entourée des siens. Une vie tout à fait banale, avec un boulot, des amis, et sa famille. Mais le 13 mars 1944, tout bascule.

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« Il n’y avait plus de place pour l’humain »

Emprisonnés d’abord à Avignon, puis transférés à Marseille, à la prison des Baumettes, la survivante et toute sa famille sont ensuite envoyées à Paris, puis à Drancy, avant de prendre un train durant trois jours pour rejoindre le camp d’extermination. « Lorsque l’on est arrivé sur le quai de la gare, nous avions encore beaucoup de temps de marche. Plus on avançait, plus on voyait de la fumée et sentait une odeur désagréable. Moi, j’ai juste pensé que l’usine dans laquelle nous allions travailler faisait des produits chimiques », se rappelle-t-elle, naïvement. Et de poursuivre : « Les Nazis avaient tout prévu pour nous faire souffrir. Ils nous ont demandé de nous mettre nus, nous ont tatoué le bras, nous poussaient, nous criaient dessus. Il n’y avait plus de place pour l’humain. Nous étions devenus des bêtes. Ils nous avaient toujours dit que l’on retrouverait notre famille une fois sur place, dans le camp. Et puis, on nous a raconté que l’odeur que nous sentions, c’était celle des corps brûlés. Mon père et mon petit frère avaient été gazés. » Ginette Kolinka vit l’enfer.

En avril 1945 elle réussit à partir. « Par chance », dit-elle. « Je n’ai pas eu de courage ou de volonté. Je me suis simplement retrouvée devant un train qui partait du camp ce jour-là. » Aujourd’hui encore, Ginette n’oublie pas, et ne pardonne pas. 

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