L’Office français de la biodiversité a procédé à quatre opérations de hurlement provoqués en août, pour savoir si une meute de loups s’est formée sur le plateau du Larzac. La quatrième et dernière a eu lieu lundi. Comme lors des trois autres soirées précédentes, aucune réponse n’a été entendue.
Y-a-t-il une meute de loups sur le plateau du Larzac ? C’est ce qu’essayent de savoir les agents de l’OFB, l’Office français de la biodiversité, en organisant des opérations de « hurlements provoqués ». La quatrième et dernière a eu lieu ce lundi 29 août. Le principe est simple. À l’aide d’un plot de chantier, il faut imiter le cri du loup pour attendre une réponse en retour. Chaque soirée, entre 50 et 70 personnes se prêtent à l’exercice. En grande majorité des agents de l’OFB, mais également des éleveurs, des élus ou encore des membres d’associations environnementales.
Une vingtaine de groupes sont constitués depuis la salle des fêtes du Caylar (Hérault). Tout le monde se disperse ensuite dans différentes zones du plateau du Larzac, dans l’Hérault, mais aussi dans le Gard et l’Aveyron. Les consignes sont très claires : à partir de 21h, il faut imiter le cri du loup pendant 30 secondes puis se taire et écouter pendant 2 minutes 30. Tâche à reproduire deux fois. Tous les groupes doivent hurler au même moment pour que ces cris soient crédibles aux oreilles du ou des loups.
Ce lundi, comme lors des trois premières opérations, aucune réponse du prédateur n’a été entendue. « À chaque fois qu’on a eu un petit quelque chose, c’était trop loin, trop diffus et incertain. Pas du tout fiable, donc on n’a pas pu en tenir compte« , affirme Pascal Arnaud chef d’unité territoriale de l’OFB. Ça ne veut pas dire pour autant que la meute de louveteaux n’existe pas. « On travaille avec du vivant, donc il y a plein de choses que l’on maîtrise et d’autres absolument pas. Un déplacement des loups, une disparition des individus, par exemple peut expliquer l’absence de réponses« , prévient Mathis Petit, chargé de mission « grand prédateur » à la direction régionale Occitanie de l’OFB.
« Questionner le destin des deux loups repérés cet hiver »
On sait que deux loups vivent sur le plateau du Larzac. Les éleveurs sont eux convaincus de la présence de cette meute. De quoi avoir quelques regrets à la fin de l’opération. « J’avais pas mal d’espoirs, donc c’est vrai que je suis déçue, même si c’était génial de pouvoir faire ce travail« , souligne Gaby, qui avait vu un lama de son exploitation tué par un loup en 2016. Même sentiment pour Brigitte, dont les troupeaux de brebis ont été attaqués à plusieurs reprises entre 2017 et 2019 : « Maintenant, je serai beaucoup plus attentive pour reconnaître des hurlements. J’en ai entendu récemment, mais je me suis dit que c’était des chiens… C’est une sorte de formation ! »
Désormais, c’est aux « pièges-photos » de faire leur travail pour attester de la présence d’une meute. Si cela ne donne rien, l’ASPAS 34, (Association de protection des animaux sauvages) estime qu’il faudra « questionner le destin des deux loups repérés l’hiver dernier dans le Larzac« .
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