Quand manifester redevient peu à peu un droit…

Sous prétexte des états d’urgence, une inflation de textes tous plus sécuritaires les uns que les autres a rendu le droit de manifester en France de plus en plus difficile à exercer. Depuis plusieurs années, les mouvements sociaux opposés aux politiques capitalistes sont devenus pour le pouvoir une cible privilégiée de son arsenal répressif : par l’usage massif de la verbalisation pour une simple participation à une manifestation, par l’interpellation au motif d’une prétendue rébellion voire par de la violence policière pure et simple pouvant occasionner des blessures graves, tout cela dans la plus totale opacité. Manifester sa désapprobation et sa colère dans l’espace public est parfois devenu dangereux quand bien même aucun acte répréhensible n’a été commis.

Si les violences policières font encore rarement l’objet par la justice de véritables enquêtes suivies de sanctions, en revanche les interdictions de manifestations sont de plus en plus contrôlées et souvent censurées par des décisions judiciaires. En annulant le 8 juin dernier la verbalisation de plusieurs manifestant-es ayant pris part à une manifestation non déclarée, la Cour de Cassation vient de franchir un nouveau palier. Désormais, il est impossible de se voir infliger une amende pour avoir participé à une manifestation non déclarée.

L’Union syndicale Solidaires se félicite de ces avancées, le juge judiciaire ayant cette fois rempli son rôle de gardien des libertés individuelles. Même s’il n’appartient pas au juge de réécrire la loi ou les règlements, la jurisprudence doit permettre d’avancer sur d’autres points liés à la liberté de manifester.

Découvrir La Tenue des Pros

Il est nécessaire par exemple que la justice censure les sanctions et amendes infligées pour participation à des manifestations interdites dont l’interdiction n’a fait l’objet d’aucune publicité (ou presque) par la Préfecture. Dans plusieurs cas, l’arrêté d’interdiction n’a été affiché que sur les panneaux de la Préfecture sans aucune diffusion internet ni sur réseaux sociaux et encore moins notifié aux organisateurs-trices. Autre délit sur lequel la justice est attendue, celui de ne pas s’être dispersé dans un rassemblement/manifestation malgré les sommations des forces de l’ordre avec le risque d’encourir un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende….

PLUS INFO  Justice sociale, justice climatique : même combat !

Des jurisprudences sont donc encore à construire pour permettre de recouvrer pleinement le droit de manifester sans risques. En permettant de participer à une manifestation non déclarée sans être verbalisé, le juge rétablit (un peu) le bon sens démocratique et encourage à poursuivre le combat.

Toutefois ces avancées resteront limitées car le juge n’a pas le pouvoir de remettre en question le cadre sécuritaire imposé par le pouvoir de Macron. C’est donc par l’abrogation des textes et règlements liberticides (loi de sécurité globale, loi anti-casseurs, décret fichages des militant-es…) que nous obtiendrons réellement satisfaction.

Dans les cadres collectifs auxquels elle participe, pour le respect des droits démocratiques, l’Union syndicale Solidaires continuera le combat contre ces textes jusqu’à leur abrogation.


>> https://solidaires.org/media/docume…

http://solidaires34.org/spip.php?article3946

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

« Leur choix a été de l’exécuter sous sa douche » : 15 et 23 ans de réclusion pour la belle-famille, la veuve acquittée

Depuis lundi 2 février 2026, la Cour d'assises des Pyrénées-Orientales jugeait une affaire de meurtre sur fond de vengeance familiale dans la communauté gitane. La compagne vient d'être acquittée. Son frère et son père, reconnus coupables, sont condamnés respectivement à 23 et 15 ans de prison pour assassinat et complicité.

Nine Worths : Quand la robustesse française s’habille pour le travail

Dans le paysage des équipements professionnels, où la qualité...

Ingénieur généraliste en apprentissage – Cursus en 3 ans accrédité par la CTI – Formation Hérault – Montpellier

- Analyser des problématiques techniques et mettre en oeuvre les méthodes de résolution de problèmes dans le domaine industriel - Conduire la recherche de solutions innovantes et appropriées, en intégrant les technologies les plus récentes : fabrication additive, modélisation des chaînes de fabrication, réalité augmentée, cobotique, intelligence artificielle... - Modéliser et concevoir des solutions dans une approche rationnelle d'étude scientifique Intégrer à la dimension technique, les aspects humains, économiques et organisationnels ainsi que les valeurs de responsabilité sociétale de l'entreprise (RSE) - Agir en ingénieur écoresponsable en respectant les objectifs de développement durable Manager des équipes pluridisciplinaires pour contribuer pleinement aux objectifs de performance, en respectant les règles de santé, sécurité au travail

SEMAINE DU NOUVEL AN CHINOIS

MONTPELLIER (Hérault)
du lundi 16 février 2026 au vendredi 20 février 2026
Du 16 au 20 février, pour marquer la nouvelle année chinoise le département d'études chinoises de l'UMPV et la Bibliothèque Atrium, organisent une semaine riche d'activités et d'événements ! Ouvert à tous et toutes, animations gratuites.