Béziers : les deux Bandidos et le patron d’une boîte de sécurité restent en prison

Le 1er juin, le tribunal de Béziers a condamné les trois prévenus pour extorsion avec violences commises en décembre au Cap-d’Agde à 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire.

Mercredi 1er juin, dans la salle d’audience du tribunal de Béziers, tatouages à foison, lunettes de soleil sur la tête, barbes bien rasées, t-shirt et blousons de motard, certains aux couleurs du club des Bandidos, donnent le ton de l’audience qui va suivre. Trois prévenus – deux Bandidos et le gérant d’une boîte de sécurité pour lequel ils travaillaient au black – sont jugés pour le chef d’accusation d’extorsions avec violences. Le patron de l’entreprise, lui, est aussi prévenu de détention non autorisée d’arme. Sur le banc de la partie civile, la victime, Yann A, un ancien salarié de l’entreprise en question.

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Interpellés par le Raid

Avant que le président Jean-Bastien Risson, ses deux assesseurs et le représentant du ministère public, Christophe Capsie, ne s’installent, l’un des avocats de la défense fait sortir de la salle une dizaine de membres du sulfureux club mondial de motards, surveillé de près par les autorités policières et judiciaires. Certains reviennent, dépouillés de tout apparat. D’autres, qui n’ont sûrement pas trouvé de solution pour arborer plus de sobriété, restent à la porte.
Le box s’ouvre. Deux gaillards, tatoués jusqu’au front, apparaissent. Ils ont été interpellés par le Raid en avril dernier. Franck R., arrive tout droit de la prison du Gasquinoy, à Béziers, et Raphaël V., de celle de Villeneuve-lès-Maguelone. Le troisième, Julien C., covidé, suivra les débats par écran interposé de la prison de Perpignan.

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L’affaire remonte au 3 décembre dernier

L’affaire remonte au 3 décembre dernier. Elle se déroule au Cap-d’Agde. Complexe, elle met en cause quatre individus trentenaires, pour quatre avocats et quatre versions différentes. Mais une victime avérée, qui a porté plainte au commissariat d’Agde le 21 décembre, car rouée de coups, pour, selon ses déclarations, « le contraindre à signer une rupture conventionnelle de contrat de travail, sans toucher le chèque qui va avec », menacée « par une arme ». La présence de ce dernier élément n’ayant pu être prouvée par l’enquête du parquet de Béziers, son usage a disparu dans les faits reprochés.
D’ailleurs, les débats, qui ont duré plus de quatre heures, ne permettront pas de comprendre si oui ou non, une arme a été utilisée, et par qui… Le patron ? Un Bandido ? Idem pour parvenir à expliquer les raisons des coups donnés. Pour une question de 2 340 € qui devaient être remis à la victime ? Pour plus d’argent ? Pour de sombres histoires de marchés de la sécurité d’une grande surface agathoise qui auraient capoté à cause de la victime ? Le patron, avec qui était en conflit la victime, était-il présent lors des violences ? A-t-il commandité ce guet-apens ?

Propres, penauds, polis

Difficile de croire l’un plutôt que l’autre. D’autant plus que ce mercredi, on donnerait le bon Dieu sans confession, autant aux trois prévenus qu’à la victime, tous propres, penauds et polis, parlant d’une voix douce et fluette, contrastant avec les muscles gonflés et saillants qui apparaissent sous les chemises.
C’est surtout l’avocate de la victime qui sera entendue, par le procureur comme par le président. Elle soulignera « le courage » de son client « d’avoir porté plainte, d’être présent et de répondre aux allégations qui lui sont portées » par les conseils des prévenus, ayant émis l’hypothèse « qu’il pouvait faire partie du coup […] » « Il n’est pas autre chose qu’une victime », insistera-t-elle. Même si les débats ont mis de côté l’aspect “Bandidos” de l’affaire (le mot n’a été prononcé que trois ou quatre fois en quatre heures), c’est le ministère public, dans ses réquisitions, qui explique les faits par une volonté des motards « de mettre la main sur une société de sécurité, sur des marchés. À Agde, on n’a pas besoin de personnes comme vous, aux méthodes de voyous, propres aux grands groupes criminels organisés ».

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Coupables

Il demandera, entre autres, deux ans de prison dont une année assortie de sursis, pour le gérant de l’entreprise, et quatre ans dont un de sursis pour les deux Bandidos. Le tribunal, après une demi-heure de délibéré, a déclaré les trois prévenus coupables des faits reprochés. Ils ont été condamnés à la même peine. Soit trois ans de prisons dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec maintien en détention ; obligation de travail, de payer les sommes dues au Trésor Public, à la victime pour son préjudice ; interdiction d’entrer en contact avec la victime, de paraître à son domicile ; interdiction de porter une arme pendant cinq ans.
Les demandes de la partie civiles ont été toutes reçues. Les prévenus ont dix jours pour faire appel.

https://www.midilibre.fr/2022/06/02/beziers-les-deux-bandidos-et-le-patron-dune-boite-de-securite-restent-en-prison-10334684.php

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