La mobilisation se poursuit à Bédarieux dans l’Hérault, après la suspension d’une médecin généraliste non-vaccinée. Son comité de soutien s’est étoffé. Plus de 150 personnes très actives pour dénoncer cette décision. Comme France Bleu Hérault vous le révélait, cette professionnelle de santé installée depuis 26 ans a reçu courant avril, un courrier de l’Assurance maladie lui demandant de vider son cabinet, de retirer sa plaque à l’entrée de son établissement et de rendre l’ensemble de ses documents professionnels.
Sauf que ses patients dénoncent cette méthode radicale : 22 médecins sont dans la même situation dans la région Occitanie. Récemment, les patients d’Annie Labadie ont reçu un courrier de l’Assurance maladie, leur demandant de changer de professionnel.
La commune de Bédarieux est impactée par la désertification médicale comme un très grand nombre de communes rurales (et urbaines). En période électorale, son comité de soutien a écrit à l’ensemble des députés et sénateurs d’Occitanie. Mais les réponses se comptent sur les doigts d’une main. Seulement trois réponses sur les 200 courriers envoyés.
Un député de Gironde apporte son soutien. Mais dans l’Hérault, un seul élu a donné suite à ce courrier. Philippe Huppé, le député sortant de la 5e circonscription. Mais aussi Lewis Marchand, candidat LREM dans cette même circonscription.
« La désertification médicale ne semble pas préoccuper les députés sortants » déplore Antoinette, enseignante et l’une des représentantes du comité de soutien. Elle est dépitée par ce faible retour. « On élit des gens et on leur délègue une compétence, un pouvoir pour qu’ils prennent les bonnes décisions. Ne pas avoir de réponse sur un problème aussi fondamental qu’aujourd’hui, cela veut dire qu’ils s’en fichent ou alors trop préoccupés par leur réélection« .
« Notre détresse est importante, plus on avance dans le temps. Depuis octobre, nous n’avons plus de médecin. Les élus ont le pouvoir d’abroger cette loi, de l’adapter au contexte, aux différents territoires. Nous ne sommes pas dans une grande ville. L’épidémie, ici, elle ne peut pas se répandre aussi rapidement que dans les grandes villes. À un moment donné, il faut avoir du bon sens. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. »
Ce mardi, Philippe Huppé, député sortant de la 5e circonscription de l’Hérault, candidat de la majorité présidentielle en juin prochain a rencontré les représentants du comité de soutien. L’élu dit avoir conscience de cette problématique. « Mais aujourd’hui, la loi, c’est la loi. Demain, nous verrons. »
« Je leur ai répondu ce qu’avait dit le président de la République. Oui, ce médecin pourra reprendre son activité, mais une fois que la pandémie aura bien baissé et après l’élection du nouveau parlement. » – Philippe Huppé
« Le député a demandé à notre médecin de ne pas retirer sa plaque pour l’instant. » – Gilles
Cette réponse de normand, ne rassure pas vraiment Gilles, soutien du médecin. « Il est dommage que les gens, à la tête de notre pays, ne se mobilisent pas plus pour des choses aussi graves. Des départements sont sans aucun doute dans des situations plus alarmantes que la nôtre, mais il faut agir et arrêter rapidement l’hémorragie. » – Gilles
« Il y a urgence. Les 1.500 patients se retrouvent sans médecin » – Gilles
Le maire de Bédarieux Francis Barsse assistait à cette réunion. Il soutient lui aussi Annie Labadie dans son combat : »Cette loi est anormale » précise Francis Barsse. « Nous avons besoin de médecins, partout à la campagne. Et on nous prive de notre professionnelle de santé. Si vous, vous avez le Covid, vous pouvez reprendre le travail après avoir été soigné. Elle, elle est immunisée. Elle n’a pas attrapé la maladie. Pourquoi ne pourrait-elle pas travailler ? Expliquez moi la logique de la chose.«
« Inquiet de cette suspension, j’ai écrit le 18 octobre dernier à l’ordre des médecins et à l’ARS. L’ordre m’a répondu en m’expliquant qu’il n’était pas compétent. J’attends toujours la réponse de l’Agence Régionale de Santé. »
« Nous avons une dizaine de médecins pour un bassin de 22.000 habitants. C’est peu. Cette réintégration est nécessaire et urgente. » – Pierre Mathieu
Le président de la Communauté de communes Grand Orb est aussi l’un des soutiens d’Annie Labadie. Pierre Mathieu dit garder espoir. »J’espère seulement que cette réintégration sera rapide. C’est le message que nous avons porté au député. Pour autant, voilà plusieurs mois que nous n’avons plus notre médecin. Il va encore falloir attendre. C’est plus que dommage ».
Annie Labadie ne baisse pas les bras. Elle va suivre les conseils du député Philippe Huppé. Ne pas enlever sa plaque de son cabinet. Cette dernière, avait déjà refusé de vider son établissement il y a 15 jours sur les conseils de son comité de soutien.
À l’entrée de son cabinet, une autre plaque, plus artistique a été accrochée, il y a quelques jours reprenant une citation du célèbre romancier brésilien Paulo Coelho de Souza :
« Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure façon d’aller de l’avant.« . A méditer.
Ce jeudi, le comité de soutien a aussi reçu la visite de Lewis Marchand, pompier professionnel, candidat LREM dans cette 5e circonscription.
Contenus de la page
Lettre ouverte envoyée aux personnes politiques de tous bords confondus :
Mesdames et Messieurs les élus de la république démocratique française,
Vous avez fait le choix de vous engager personnellement pour accéder à des responsabilités qui vous donnent un pouvoir décisionnaire.
Ce, quand vous avez été élus, grâce aux bulletins de vote de citoyens qui vous ont accordé par ce média là, leur confiance et vous ont délégué le pouvoir de faire des choix judicieux et avisés pour le bon fonctionnement de notre société.
De votre naissance à votre dernier souffle, la personne référence qui vous accompagne professionnellement par son savoir et son engagement (cf le serment d’Hippocrate) est votre médecin de famille.
Or à ce jour suite à une crise sanitaire qui a vu fleurir beaucoup d’incohérences et de contradictions sur le plan décisionnaire, nous nous retrouvons spoliés de nos droits fondamentaux (liberté, sûreté, égalité d’accès aux soins) en nous privant de l’exercice de notre médecin de famille par l’obligation vaccinale du 5 août 2021 contraignant un responsable de santé à se faire vacciner.
Pour une personne qui a fait plus de dix ans d’études, qui a servi ses patients depuis plus de vingt ans ,cela est étonnant de savoir qu’à ce jour, en fonction de vos textes de lois votés il devient »irresponsable » et que vous considériez qu’il n’a plus le droit d’exercer une profession pour laquelle il a consacré sa vie!
Il nous semble que le personnel médical a fait preuve jusqu’à ce jour de sa responsabilité et ce dans des conditions que vous mêmes, hommes et femmes politiques, n’auraient certainement jamais accepté !
Ainsi depuis le 16 octobre 2021, en votant cela, 1500 patients se retrouvent privés du droit le plus fondamental d’être soigné ! « La vaccination contre le covid 19 est rendue obligatoire sauf contre indication médicale »
L’accès aux soins en étant un droit, n’a t’il pas un caractère obligatoire dans notre société?
« La loi permet la réparation des préjudices directement imputable à une vaccination obligatoire. »
Ne sommes nous pas victimes d’un énorme préjudice de ne plus pouvoir être soigné par notre médecin traitant dans notre belle république démocratique où sur chaque fronton est écrit :
Liberté, égalité, fraternité ?
Mesdames et Messieurs les élus de la république démocratique française, cette lettre a pour objectif simple d’en appeler à votre qualité d’individu réfléchi , responsable, au service du citoyen afin que le désert médical dans lequel nous évoluons ce jour soit rectifié intelligemment et permettre à un médecin compétent et responsable de pouvoir continuer d’exercer sans oppression de quelque nature que ce soit
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