Oubliez les devis valables 3 ou 6 mois. Le temps est désormais compté. Il faut parfois signer sous deux semaines pour bénéficié du prix indiqué en bas de page. Pour les retardataires, il faut s’attendre à un inévitable réajustement… forcément à la hausse. Car depuis deux ans la hausse des prix des matériaux de construction va crescendo. +18% en moyenne rien qu’entre juillet et décembre 2021 selon la Capeb, le syndicat des petites entreprises du bâtiment. Une tendance qui s’accélère depuis début 2022 et le déclenchement de la guerre en Ukraine.
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10 à 30% d’augmentation cette année
Et les prévisions pour cette année vont en s’empirant. Selon cette fédération d’entreprises, le montant des devis devrait à nouveau augmenter entre 10 et 30% cette année. Conséquence : les prix bougent sans cesse. « Sur le chantier d’un immeuble à Marsillargues, _3 de mes artisans viennent de remonter leurs devis de 5%_« , témoigne Serge Jullien, un promoteur immobilier.
Car pour les entreprise, la situation est plus incertaine que jamais. « Sur certains produits les fournisseurs _ne garantissent leurs prix que jusqu’à la fin de la journée_« , raconte Loïsa Rkakbi, la nouvelle gérante de GMT, une entreprise spécialisée dans la rénovation d’intérieur.
Cette volatilité est source de frilosité. Désormais, la trentenaire préfère en effet passer à côté d’un chantier que de s’engager, au risque de travailler à perte. Car le constat est général selon son papa, Mohammed Rkakbi, le créateur de la société : « Les briques coûtent 26% plus cher, le bois 30%, l’acier 60%. Tout ça va très vite et on ne peut plus faire le dos rond comme avant et rogner sur nos marges. Là, c’est la vie de l’entreprise qui est en jeu. »
Revenir à des prix variables
Pour éviter une paralysie du secteur, la Fédération française du bâtiment appelle à un retour des prix variables. Autrement dit, la fin des devis avec un prix fixe. « Il faut arrêter de faire comme on a l’habitude depuis 30 ans, maintenant il faut que la hausse des prix soient partagées, sinon on court à la faillite de nombreuses entreprises », constate Gilbert Comos, le vice-président de cette fédération dans l’Hérault.
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