REPORTAGE. L’angoisse des arboriculteurs du Tarn-et-Garonne face à une vague de gel « hors-norme »

Une violente vague de froid touche, dimanche 3 avril, la vallée de Haute-Garonne provoquant des gelées rarement vues en cette période de l’année. Du côté de Moissac dans le Tarn-et-Garonne, les producteurs de fruits tentent de sauver leur récolte comme ils peuvent.

Deux importantes gelées deux années consécutives, Françoise Roch arboricultrice à Moissac (Tarn-et-Garonne) et présidente de la fédération nationale des producteurs de fruits n’avait jamais connu ça en 35 ans de métier. « L’année dernière, cela faisait 30 ans que nous n’avions pas eu de gel. Là, on n’a jamais connu auparavant, comme si on était en plein hiver. « 

Sur les coups de minuit, dimanche 3 avril 2022, elle a reçu une alerte de son système de surveillance de la température sur son exploitation « Elle s’est déclenchée à 0.2°, le temps que nous allions à la pompe d’irrigation ouvrir les vannes« , explique-t-elle. La productrice de fruits a décidé d’utiliser l’aspersion pour préserver sa récolte. En arrosant, elle glace les arbres et préserve ainsi sa production.

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« On ne s’attendait pas du tout à ce que le gel arrive aussi tôt, avoue-t-elle. On nous a assuré que cela arriverait plutôt vers 5 heures du matin. On s’est dit : « cela va descendre très bas » et effectivement cela a descendu à -5.« 

La situation de ses plantations sur les coteaux l’étonne également : « On ne les protège pas en général, car habituellement, ils n’y gèlent pas. Même l’année dernière, on a pris moins 6°, mais sur les coteaux cela n’est jamais descendu en dessous de zéro. Mais là avec -2°… » Les pommes ne devraient pas être trop impactées. En revanche, les prunes, les abricots, les kiwis ont peu de chances de résister.

Le problème, c’est que ces fortes gelées deviennent récurrentes. Difficile de protéger toute une exploitation avec de l’eau : « nous n’en avons pas assez et cela représente un coup énorme » déplore Françoise Roch

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D’autres solutions existent, comme les bougies. « Mais c’est du consommable. Une fois qu’elle s’est consumée, la bougie n’est plus utilisable et ça aussi, c’est quelque chose de très très cher » assure la présidente de la fédération nationale des producteurs de fruits.

Pourtant, Maurice Andral, lui aussi arboriculteur sur la commune de Moissac a fait ce choix.

Placées entre chaque rangée au pied des arbres, ces bougies brûlent à grosses flammes. » Pourrons-nous faire face à des températures plus basses ? questionne le producteur moissagais. On ne sait pas. La seule certitude que nous ayons, c’est que nous ne pourrons pas faire plus de deux nuits comme celle-ci. Désormais, les bougies, personne n’en trouve plus aucune. Elles tiennent à peu près douze heures. » Soit deux nuits à chauffer les plantations, pas plus.

Le téléphone de l’agriculteur sonne. On vient aux nouvelles « on est descendu jusqu’à moins 4 degrés. Toutes les bougies sont allumées en espérant que l’on ait sauvé. Mais là, il faudra attendre 14 heures pour savoir exactement si cela a gelé ou pas. »

Difficile de se faire une idée à la sortie de la nuit. La météo a changé du tout au tout. 

« La semaine dernière, nous avons eu des journées très chaudes allant jusqu’à 24 °, constate le producteur. Les arbres se sont développés comme les fruits. On a aujourd’hui 10 jours d’avance. Le risque, c’est que les fruits gèlent et que l’on se retrouve comme l’année dernière sans récolte. » En 2021, Maurice Andral avait perdu 95 % de sa production.

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L’un comme l’autre s’attendent au pire. Il est annoncé que la nuit prochaine, celle de dimanche à lundi, sera encore plus froide. 

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