La colère des agriculteurs ne faiblit pas. Tous demandent la fin de l’abattage systématique des troupeaux et la mise en place d’un abattage ciblé d’autant plus lorsque le troupeau est vacciné. François Schelcher est enseignant-chercheur à l’Ecole vétérinaire de Toulouse. Il livre son expertise sur la situation.
François Schelcher est enseignant-chercheur à l’Ecole vétérinaire de Toulouse. Spécialiste des maladies qui touchent les bovins, il répond aux questions de France 3 Occitanie sur les enjeux de l’accélération de la vaccination et de l’abattage systématique des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire. Il fera partie de la cellule de dialogue scientifique décidé par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et composée d’experts et de scientifiques.
France 3 Occitanie : Quelle est l’efficacité du vaccin et comment mettre en œuvre une vaccination de masse pour 600 000 à 1 million de vaches ?
François Schelcher : C’est un vaccin très utilisé et dont on connaît bien les caractéristiques. Son innocuité est tout à fait satisfaisante. Il a très peu d’effets indésirables. Le résultat global bénéfice/risques est excellent concernant ce vaccin. Son efficacité est complète au bout de trois à quatre semaines. La vaccination ne pourra se faire en 1 jour c’est évident. Il faudra plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois. On peut vacciner autant de bovins mais cela va peut-être s’étaler sur plusieurs mois.
François Schelcher, enseignant chercheur à l’Ecole vétérinaire de Toulouse. Spécialiste des pathologies du bétail, il estime que la vaccination massive va dans le bon sens. • © FTV
France 3 Occitanie : Pourquoi le protocole prévoit l’abattage systématique et total des troupeaux dès l’apparition du premier cas de dermatose ?
François Schelcher. Des animaux apparemment sains peuvent être infectés et servir de réservoir au vecteur qui transmet le virus de la dermatose nodulaire contagieuse à d’autres bovins. Le fait de dépeupler, d’abattre l’ensemble des animaux d’un cheptel permet de supprimer les animaux qui ont des symptômes évidents mais aussi de supprimer ces réservoirs occultes, inapparent de virus.
France 3 Occitanie : Face à l’angoisse, la colère des éleveurs, ce protocole peut-il évoluer ?
François Schelcher. Le dépeuplement total est une mesure maximaliste qui est contestée et qui mérite probablement d’être discutée et amendée et surtout dans le cadre d’une vaccination beaucoup plus large. L’ensemble des mesures de maîtrise repose sur l’adition de plusieurs techniques. Cela fera l’objet de discussions au sein d’un comité d’experts.
